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 A la rencontre de l'inhabituel | Macabre

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Macabre
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MessageSujet: Re: A la rencontre de l'inhabituel | Macabre   Sam 18 Fév 2017 - 19:20

Anorn lui donna un âge. Après tout, n'était-il pas le mieux placer pour le trouver ?
Macabre serait donc dans la fourchette haute de l'estimation qui avait été faite à partir du récit de son histoire et qui était entre cent trente et cent soixante ans. Cela creusait encore l'écart entre son apparence et son âge réel mais cela lui importait guère. Du moins, pas pour l'instant. Ce qui l'attristait en revanche, c'était la pensée que si le pan de son passé qu'elle connaissait restait inchangé, celui qu'elle avait oublié s'allongeait avec le fait qu'elle soit plus âgée. En somme, plus elle était vieille, plus elle avait perdu de sa propre histoire.

Protégé par les os environnants, le seul organe a être presque intact logeait dans son bas ventre. Elle n'avait pas été touchée et son hymen restait inviolé, chose qui pouvait paraître surprenante lorsque l'on connaissait les mœurs des drows. C'était peut-être l'unique avantage d'avoir eu Don'dar pour maître. Son obsession concernant l'emprise qu'il voulait exercé sur elle avait empêché quiconque de poser la main sur sa chose. Lui-seul en aurait eu le droit et il l'aurait certainement fait s'il n'avait pas eu un tel dégoût pour sa race.

-C'est la douleur qui... m'a... fait oublier.

Macabre serra brusquement les dents et étouffa un cri. Concernant le reste de son tronc, le travail était conséquent. Les côtes avaient été cassées, voire brisées, à de nombreuses reprises. L'une d'elles avait d'ailleurs été maladroitement remise à sa place et tenait presque par miracle. En corrigeant cette négligence, Anorn lui avait fait très mal mais elle l'endura sans se plaindre, serrant un peu plus les dents et les poings et se forçant à respirer aussi calmement que possible. Mais la douleur passa très vite... La petite elfe ne sut pas si cela signifiait que le soin de cette côte était fini ou si le Régent l'avait apaisée en voyant qu'elle souffrait bien plus que pour ce qu'il avait déjà pu faire.

-Maintenant, je me souviens. Mais q-que de la dou-leur... J'en rêve parfois.

Le voile que Don'dar avait tissé sur une partie de son esprit avait commencé à s'étioler avec l'affection de Fineldor. En rêve, elle recouvrait des souvenirs, comme celui de ce jour où elle avait perdu son identité. Pourtant, elle ne l'avait pas retrouvée et demeurait perdue dans les limbes de son passé. Désormais, elle rêvait chaque nuit de cet homme qu'elle ne voyait pas vraiment mais qu'elle croyait être Halandarin Las'Danir sans pour autant en être sûre. C'était comme avoir un mot sur le bout de la langue mais être incapable de s'en rappeler. Comme croiser un visage et être sûr de le connaître mais sans se souvenir du nom qui allait avec. C'était très perturbant... Retrouver des souvenirs sans savoir si c'en était vraiment et s'ils étaient faussés ou non par le temps écoulé, les chocs psychologiques successifs ou le présent.

Macabre s'était fêlée une vertèbre et avait eu une chance inouïe d'en sortir indemne. Les organes avaient subis des dommages et ce de manière répétée : coups de poing, de pied, d'objets... Les corrections avaient été nombreuses et sévères. Il était facile de comprendre pourquoi elle ne craignait plus la douleur à présent et l'endurait sans un mot. Quelques lames étaient également passées par là, ne touchant jamais d'organes vitaux. Au niveau musculaire, une grande déchirure lui traversait une bonne partie du dos et devait sans doute encore la faire souffrir. Elle avait d'ailleurs trouvé la parade et usait régulièrement de magie pour ne pas avoir à utiliser ce muscle.

-On peut se souvenir de tout à... mille deux... cents ans ?

Par "tout", évidemment, elle voulait parlé des évènements principaux. Macabre ne se rappelait de chacun de ses repas, de ses voyages ou de ses mots recopier encore et encore pour apprendre à écrire. Elle se souvenait en revanche de chacune de ses missions, des noms et des visages de ses victimes, des séances de tortures mais aussi de sa rencontre avec Fineldor, Hira ou encore Lalë. Des choses qui avaient de l'importance en somme.

Atteignant les épaules, Anorn put s'apercevoir qu'une flèche l'avait transpercée de part en part du côté gauche, créant un trou dans son omoplate. Quant aux bras, on n'y retrouvait encore les traces de nombreuses fractures et entorses. Ses articulations étaient usées comme si elle avait vécu des dizaines de vies. Quelques lames avaient entaillées sa chaire par endroit. Une autre flèche avait traversé l'un de ses avant-bras, coupant une fois encore le nerf et la privant de toute sensation sur une bonne moitié de sa main sans pourtant autant l'empêcher de fonctionner.
Tout comme ses orteils, ses doigts avaient été démis. Nombre d'entre eux avait été cassés, parfois en guise de punition. Comme si le reste n'avait pas suffit...


Dernière édition par Macabre le Dim 19 Fév 2017 - 8:21, édité 1 fois
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Anorn
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MessageSujet: Re: A la rencontre de l'inhabituel | Macabre   Sam 18 Fév 2017 - 21:08

Si son bas-ventre était intact, le reste de ses organes avaient été malmenés. Sans parler des coups, ils avaient aussi eu à subir la malnutrition, les carences et les utilisations partielles qu’elle avait alors pu en faire. Elle lui expliquait que la douleur lui avait fait oublier, mais qu’elle se souvenait de cette dernière. Qu’elle hantait parfois ses rêves. C’était logique. Parce que malgré tout, la douleur physique était plus douce que la douleur mentale. Elle était plus brève, plus concrète. Son origine était facilement identifiable et donc neutralisable. Ce qui blessait la psyché était au contraire bien plus subtile et ne plus s’en souvenir était sans doute le meilleur moyen de ne plus le faire exister. Vouloir à tout prix recouvrer la mémoire n’était pas forcément bénéfique. Mais il entendait que ce n’était pas non plus facile d’accepter cette perte. Parce que les événements qui parsemaient sa vie construisaient sa personnalité. Et avec des parties manquantes, il était aisé de se sentir morcelé, de ne pas pouvoir tout relier et solidifier. Quand il ressouda une côte qui ne s’était même pas recalcifié après sa fracture, la douleur l’inonda. Il put le sentir et l’apaisa aussitôt, tandis qu’il finissait son travail. La vertèbre fêlée qu’il répara eu alors droit à une atténuation instantanée et elle ne dut pas sentir grand-chose.

Remontant sur ses épaules et sur ses bras, il sentait que son organisme commençait à fatiguer. Elle allait bientôt devoir se nourrir et s’hydrater. Les modifications qu’il apportait à ce dernier étaient assez conséquentes pour pomper de l’énergie à l’elfe. Elle n’était pas au meilleur de sa forme et son corps n’avait pas assez de réserve pour que la fatigue ne se fasse pas ressentir cruellement à un moment. Il lui restait encore son crâne qui, s’il se souvenait de sa première analyse, n’était pas dénué de travail. Le trou qu’il reboucha dans son omoplate puisa un peu plus dans ses réserves. Descendant le long de ses bras, il remodela certains muscles et nettoya ses articulations. Sévèrement abîmées, elles témoignaient des maltraitances qu’elle avait subi et des travaux qu’elle avait du effectuer. Quand il en eut fini, il fit une nouvelle pause. Tendant un verre à la jeune elfe, il demande à ce qu’on leur amène de la nourriture. Quelque chose de peu consistant mais qui était nutritif et rapide à métaboliser.

- Ma mémoire est intacte. Nous ne nous dégradons pas comme les autres races. Tant que l’esprit est assez fort, le corps ne s’endommage pas. Et je me souviens de beaucoup de choses. Celles qui importent. Comme ma cérémonie du choix. Mon entrée à l’Académie, aux côtés de mon frère. La première fois où j’ai vu celle qui allait devenir mon épouse. Les moments passés avec ma sœur, quand elle était enfant. Je me souviens de la perte de mes parents, des batailles que j’ai mené. Tant personnellement que pour Anaëh. De mon entrée au conseil de Quatrième-Saison. Je me souviens aussi d’un après-midi, où j’ai failli renoncer à la magie. Parce que j’étais persuadé qu’elle n’était pas faite pour moi. Je me souviens de personnes que j’ai rencontré, de détails architecturaux dans certaines cités. Il y a des choses que je n’arrive plus à me rappeler, comme l’odeur qu’avait notre maison. Comme la manière exacte dont ma mère nouait les cheveux de mon père. Mais ce sont des détails qui s’effacent dans tout esprit, parce qu’il est impossible de tout se remémorer. Même si je suis persuadé qu’ils restent dans notre mémoire, quelque part. C’est impossible de les déranger et de les déterrer.

On apporta alors à manger et il pria Macabre d’en prendre un peu. Il avala un morceau, pour éviter qu’il manque lui-même d’énergie. Ou plutôt, pour éviter que son ventre se mette à gargouiller désagréablement. Discuter de ses souvenirs avec Macabre était assez étrange. Parce qu’on lui posait peu de question sur son passé et qu’il n’en parlait finalement jamais. C’était assez agréable de revoir les événements qui avaient tracés sa vie. Autant que des les énumérer à quelqu’un d’autre. Même s’il ne pouvait pas rentrer dans les détails, c’était suffisant.

- Tu as encore du temps devant toi, tu te feras une multitude d’autres souvenirs. Et crois moi ou non, ceux que tu as aujourd’hui finiront par n’être que très vagues. Beaucoup moins chargés en émotions. Il est indéniable qu’il te manque des pans de ta vie, mais tu ne les récupéreras sûrement jamais. Avec le temps, tu t’y feras.

Un léger silence.

- Dis moi quand tu veux qu’on y retourne. Je n’ai plus que le cou et la tête à soigner. Je finirai aujourd’hui, mais de manière correcte, sans rien précipiter. Dès que tu te sens prête, fais le moi savoir.

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MessageSujet: Re: A la rencontre de l'inhabituel | Macabre   Dim 19 Fév 2017 - 9:43

Lorsqu'Anorn lui tendit un verre d'eau, Macabre le regarda avant de finalement s'asseoir avec quelques peines. Elle était bien plus fatiguée que ce à quoi elle se serait attendue. Certes, les soins duraient depuis un petit moment maintenant et restaient douloureux malgré l'attention du Régent mais elle était habituée à endurer bien pire dans des conditions très différentes. Peut-être n'avait-elle plus l'habitude ? Non, elle en doutait. Elle se fracturait si souvent les os qu'elle se savait toujours capable d'endurer la souffrance. Le mage ne faisait pas que la réparer, il la reconstruisait. Le moment était inadéquat pour qu'elle s'en rende compte. Elle était encore dans l'instant présent. Cela viendrait, plus tard, et alors elle comprendrait que ce qui l'avait tant épuisée c'était toutes les ressources que son corps avait dû fournir pendant cette longue séance de soins. La douleur n'était qu'une goutte d'eau supplémentaire dans l'océan de son épuisement.

Une fois installée, elle prit le verre et Anorn appela pour qu'on leur apporte à manger. Il lui mentionna plusieurs de ses souvenirs, décrivant sans le vouloir les grandes lignes de sa vie. Macabre supposa qu'il devait être heureux. Enfin, c'était la formule que tout le monde utilisait mais elle ne comprenait pas encore pleinement ce que cela signifiait. Être heureux.
Pour lui, se souvenir de tout n'était pas forcément une bonne chose. L'esprit devait pouvoir oublier. Cela, la petite elfe ne le comprit pas et fronça légèrement les sourcils tout en penchant la tête sur le côté. Elle ne pouvait comprendre, elle qui avait perdu la partie la plus précieuse de ses souvenirs.

Lorsqu'on leur apporta à manger, Macabre ne fut pas tellement surprise de voir que leur serveur n'était autre que Laliëmerel. Stationnant dans le couloir devant les appartements du Protecteur de Tethien, elle avait été la seule à entendre l'appel du Régent et s'était fait un devoir d'y répondre. Dès qu'elle franchit le pas de la porte, son regard inquiet se posa sur la petite elfe. Elle posa le plateau près d'eux puis se tourna vers sa protégée. Elle la connaissait suffisamment pour s'apercevoir qu'elle était bien plus fatiguée que lorsqu'elle l'avait quittée un peu plus tôt dans la journée.

-Tu vas bien, Pia Lottë ?

-C'est presque fini.

"Oui" était un mot qu'elle prononçait rarement car il se suffisait souvent à lui-même, à moins de devoir y ajouter un "mais". Elle utilisait plus facilement le "non" qui se devait d'être accompagné de quelques explications. Cela rendait les réponses de Macabre parfois difficiles à comprendre mais Laliëmerel savait désormais interpprêter le discours de la petite elfe. Elle esquissa un sourire forcé et hocha la tête avant de sortir une nouvelle fois, à contre cœur.
Sur le plateau, il y avait deux coupelles. L'une contenait quelques fruits qui leur apporteraient un peu de vitalité. Le second présentait des sablés qui leur tiendraient au corps et dont le sucre leur donnerait bien assez vite l'énergie dont ils avaient besoin pour continuer. Mac prit un biscuit tout en écoutant le Régent poursuivre son discours. L'idée que, comme il le suggérait, elle ne retrouve jamais ses souvenirs perdus l'attrista beaucoup et son regard se perdit dans le vide l'espace d'un instant. Puis sa main se porta sur son pendentif. Elle avait récemment retrouvé un tout petit pan de mémoire où elle se voyait le prendre sur un établi. Elle voulait croire que ce souvenir était réel même si rien ne le lui affirmait. Elle se voyait assez mal imaginer un atelier elfe toute seule...

Anorn la tira de ses pensées en lui demandant de lui dire lorsqu'elle serait prête à continuer. Macabre reprit une bouchée de sablé. Contrairement à la plupart des gens, le silence ne la gênait aucunement. Certains cherchaient à combler absolument le vide dans une conversation tandis qu'elle se satisfaisait sans mal de ces blancs. Si elle n'avait rien à dire, elle ne se forcerait pas et n'en éprouverait aucune gêne.
Achevant sa bouchée, elle observa l'eau dans son verre. La surface était immobile, preuve de sa capacité à demeurer sans bouger pour une durée indéterminée. Combien de fois avait-il dû rester tapis dans un recoin des heures durant, et ce malgré la fatigue la faim et la soif, attendant le moment propice pour frapper ou s'enfuir ?

-Je voudrais me souvenir. Savoir si je suis quelqu'un.

Quelqu'un... Oui, le terme était le bon. Car pour pouvoir chercher qui on est, il faut avant tout savoir si on a déjà été autre chose que ce que l'on est déjà. Peut-être Macabre avait-elle toujours été une esclave, auquel cas, elle restait une anonyme car l'esclavage réduisait sa condition au néant. Ou peut-être venait-elle d'Ithri'Vaan où l'esclavage était souvent pratiqué. Il était donc facile de trouver tous les prétextes de réduire une personne à l'asservissement. Peut-être même avait-elle été vendue par ses propres parents qui n'avaient pas eu d'autres choix pour s'en sortir. Ou bien elle était née en Anaëh et avait été arrachée à sa famille d'une manière ou d'une autre. Les possibilités étaient immenses. Certaines étaient affreuses et lui seraient des plus pénibles. Mais ne pas savoir était bien pire encore. Comment peut-on se reconstruire sans avoir de passé ? Sans savoir d'où l'on vient ? Ce que l'on était ? N'est-ce pas nécessaire pour devenir quelqu'un d'autre ?

Après avoir avalé quelques douceurs et bu un verre d'eau ou deux, Macabre se rallongea sans un mot.
Les conditions dans lesquelles elle vivaient au Puy d'Elda n'avaient pas ménagé sa nuque et elle avait eu plus d'un torticolis. Hormis cela, il n'y avait plus de traces des couteaux qui étaient passés sur sa gorge ou de la marque au fer rouge au pied de son cou qui trahissait sa condition d'esclave.
Le visage de la petite elfe avait vu de nombreuses lèvres fendues, de nez cassés et de sourcils entaillés. Toutes les cicatrices avaient été gommées mais, en profondeur, d'autres séquelles persistaient. Sa mâchoire avait été déboîtée mais aussi cassée à deux reprises du même côté. L'un de ses tympans avait été endommagé mais pas au point de la rendre sourde. Ses zygomatiques et ses arcades sourcilières avaient encaissés plus d'un coup. Quant à son crâne, il n'était pas en reste. Parmi les tentatives pour l'assommer et les chutes violentes, Anorn pouvait dénombrer pas moins de trois traumatismes crâniens.
Tout le temps que dura le reste de son coin, Macabre ne dit rien, tant à cause de la douleur que de la fatigue qui continuait de grandir malgré la pause et l'en-cas qu'elle avait pris. Elle ne manquait pas de courage et affrontait la souffrance, regardant toujours son soigneur plutôt que de détourner le regard. La seule fois où elle desserra les dents, ce fut lorsqu'il soigna sa mâchoire car cela lui amplifiait encore sa douleur.

Toutes les blessures de la petite elfe s'étendaient sur un peu plus d'un siècle, sa dernière correction remontant à peine dix ans. Elle avait donc passé près des deux tiers de sa vie dans les pires conditions qui soient. Cent ans en arrière, elle n'était qu'une enfant encore bien loin de l'adolescence. Macabre le savait mais elle ne geignait jamais et ne s'apitoyait pas sur son sort. C'était sa fatalité et n'y pouvait plus rien changer désormais.
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Anorn
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MessageSujet: Re: A la rencontre de l'inhabituel | Macabre   Mar 21 Fév 2017 - 20:10

Quand elle bascula de nouveau sur son dos, Anorn reprit les soins. Sa tête n’avait pas été épargnée. Certains os compressaient dangereusement son cerveau. La pression y était parfois légèrement trop élevée. Sans doute avait-elle réussi à la réguler seule jusqu’à présent mais elle ne cesserait d’augmenter d’année en année s’il ne faisait rien aujourd’hui. Ses cervicales n’étaient pas en très bon état, les os de son crâne étaient rayés par endroit, comme s’ils avaient été creusés. Ses muscles n’avaient pas été épargnés, loin de là. Ils avaient été entaillés par endroit, parfois déchirés. Elle aurait pu mourir bien des fois. Son visage qui paraissait si lisse à l’extérieur regorgeait en fait de rayures et de sillons. La lame avait parfois rayé l’os, si fragile et si peu enfoui. Un de ses tympan avait été déplacé, comme si quelqu’un l’avait frappé si fort qu’il avait réussi à décoller légèrement la membrane. Elle n’était pas trouée donc elle n’avait pas perdu l’ouïe. Cependant, elle devait avoir une gêne auditive. Si elle avait de la chance, c’était là la seule qu’elle avait. Son équilibre avait sans doute été touché aussi, un temps. Avant qu’elle ne s’y adapte.

Mais la fracture la plus impressionnante dans tout ça, c’était celle de sa mâchoire. Déboîtée, fêlée et brisée à plusieurs reprises, elle avait eu énormément de chance qu’elle se remette à peu près correctement. Sans quoi elle n’aurait plus pu manger ni même parler. L’empêchant un instant de produire un seul son, immobilisant sa mâchoire et sa sa gorge entière, il reforma ce qui nécessitait d’être reformé au plus vite. Pendant ce temps, l’elfe ne pouvait plus déglutir ni respirer. Il l’avait prévenue de ne pas paniquer, que ce ne serait pas long. C’était nécessaire, parce qu’il ne pouvait pas risquer qu’elle bouge et se fracture à nouveau la mandibule. Il aurait pu la paralyser entièrement mais cela n’apparaissait pas nécessaire. Et quand il lui redonna le contrôle, une profonde inspiration rempli ses poumons avant que sa gorge ne déglutisse. Il finit alors par son crâne, redonnant à ses os une forme correcte et une surface plus lisse. Il effaça quelques cicatrices sur son cuir chevelu, avant de constater avec soulagement que sa boîte crânienne avait malgré tout bien protégé son cerveau. Il n’était pas endommagé, n’avait subi qu’une légère pression par endroit, qui n’avait pas tant affecté ses capacités cognitives ou motrices.

- J’en ai fini avec toi. Tu es comme neuve. Avant de te donner toutes les précautions à prendre, les habitudes que tu devras faire tiennes, je voudrais te répondre.

En effet, il avait entendu le souhait qu’elle avait émis. Il était légitime et il ne pouvait que le comprendre. Une identité était nécessaire pour continuer. En construire une nouvelle était une chose bien difficile à faire. Sans compter que tout pouvait s’effondrer si un jour elle rencontrait celle qu’elle avait été avant.

- Tu es quelqu’un. De cela tu ne peux pas douter. Tu ne sais peut-être pas qui, tu ne sais peut-être pas comment. Mais tu es quelqu’un. Tu es forcément inscrite sur un des registres de Tari. Alors tes recherches seront sans doute longues, peut-être décourageantes. Sans nom ce sera fastidieux. Mais tu pourrais finir par reconnaître celui de ta famille ou bien celui d’un proche, si ce n’est le tiens. Nous aimons garder une trace de tout passage, surtout quand il s’agit de celui d’un fils ou d’une fille de la Mère.

Ils aimaient consigner et détailler ce qui arrivait dans la vie de tout un chacun. Ils aimaient garder une trace, si mince soit-elle. Parce qu’ils étaient assez peu nombreux et assez consciencieux pour le faire. Cela avait eu son utilité plus d’une fois.

- S’il est primordial pour toi de retrouver celle que tu étais au début, alors tu y arriveras. Elle est encore là, quelque part. Même au fond de ta mémoire peut-être. As-tu déjà considéré l’aide d’un mage de l’esprit comme moyen ?

Peut-être qu’elle était encore trop fragile, qu’elle n’était pas prête à creuser dans les méandres de sa mémoire. Mais c’était une chose à considérer tout de même, parce qu’un jour, sans doute lorsqu’elle serait prête, cela deviendrait nécessaire. Pour qu’elle puisse continuer et pour qu’elle puisse grandir.

- Je finirai donc par les recommandations. Il faut que tu manges à ta faim, correctement et avec des sources d’énergie variées. Des fruits, des légumes, de la viande, des produits laitiers. Ne te prives pas et ne réduis pas ton alimentation à une seule catégorie. Je donnerai à ta gouvernante une liste de plantes qu’il faudrait que tu prennes en complément, de manière régulière et assez souvent au début, pour palier aux carences que tu as subi. L’exercice physique te fera le plus grand bien, ne force pas au début, vas-y progressivement. Tes muscles ont besoin de se réadapter et de reprendre possession d’eux-mêmes. Tu vas devoir te réapproprier ton corps, les premiers jours tu auras l’impression qu’il n’est pas le tien. Mais cela devrait disparaître rapidement et tu t’habitueras au fur et à mesure que tu l’utiliseras.

Hydrate-toi bien. N’utilises pas trop la magie au début. Attends une petite semaine si possible, avant cela risque d’être désagréable et de brûler fortement de manière insoutenable et inapaisable. Même pour toi. Si tes articulations sont douloureuses, si tu as des courbatures un peu plus gênantes que d’habitude, n’hésite pas à passer de la crème dessus. Je laisserai des consignes là-dessus à ta gouvernante. Il est souhaitable que tu n’aies plus recours à la magie pour te soulager. Tu ne devrais pas en avoir besoin. Sauf en cas d’extrême urgence, cela va de soi. Si jamais tu as un souci, n’hésite pas à venir me voir ou à me le faire savoir. Je reviendrai pour corriger ça. Des questions ?

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MessageSujet: Re: A la rencontre de l'inhabituel | Macabre   Dim 26 Fév 2017 - 19:02

Lorsque le Régent eut achevé son dernier soin, Macabre expira soudainement, relâchant toute la pression créée par la douleur. Au fur et à mesure que le temps s'écoulait, la fatigue s'était faite ressentir, rendant les soins toujours un peu plus pénibles à chaque fois. Les épisodes plus marquants comme sa vertèbre mal placée ou sa mâchoire n'avaient pas aidé à la chose. Pourtant, la petite elfe ne s'en plaignait pas plus que lorsque les mains d'Anorn se trouvaient au dessus de ses pieds. Elle aurait pu endurer tout cela encore des heures durant car la douleur faisait partie de son quotidien. Contrairement aux drows, elle ne l'aimait pas, loin de là. Elle avait tout simplement appris à vivre avec.
La respiration de Macabre était comme essoufflée mais ne tarderait pas à revenir à la normale. Tout son corps lui semblait bien plus lourd qu'auparavant, lui donnant l'impression qu'il s'enfonçait lentement dans le matelas. Malgré le poids de sa tête qui tirait sa nuque en arrière, elle commença à se redresser pour essayer de s'asseoir. Elle eut la sensation de perdre un peu l'équilibre et se reprit bien vite, posant ses deux mains sur le lit en guise d'appui. Malgré son mal être vis à vis de son corps, elle le sentait plus solide que jamais. C'était une sensation assez étrange...

Anorn répondit à sa volonté de savoir qui elle était, lui affirmant qu'elle était quelqu'un. Ça, elle avait du mal à le concevoir. Son esprit était par trop conditionné. Combien de fois avait-elle entendu son maître lui dire qu'elle n'était rien ? Et encore, c'était la version la plus douce... Il haïssait tant les elfes d'Anaëh qu'il avait déversé tout son venin sur elle au point qu'elle avait pris ses paroles pour la réalité. Macabre vivait en marge du monde, comme le démontrait son comportement. Elle se mêlait difficilement aux autres, préférant les observer. Leurs manières et leurs coutumes étaient une énigme à ses yeux. Elle ne connaissait ni leurs règles de savoir vivre ni leurs lois et, lorsqu'on tentait de les lui expliquer, elle ne comprenait pas.
Et puis, comment penser que l'on est quelqu'un lorsque l'on ne porte ni titre ni nom ? On ne la connaissait que sous le pseudonyme de Macabre ou encore sous l'appellation de la protégée de Tethien. Cela ne faisait pas d'elle quelqu'un digne de marcher parmi les elfes.

Un jour, cela changerait.
Un jour, elle comprendrait les paroles d'Anorn. Sur la connaissance du passé. Sur l'identité. Sur la place qui lui était réservée parmi les Taledhels.
Mais pas aujourd'hui...

Macabre ne répondit rien bien que le Régent ne puisse douter qu'elle ait écouté ses mots. Pour l'instant, son discours ne la touchait pas, coincée comme elle l'était dans le carcan qu'on lui avait imposé depuis si longtemps et que tous ses protecteurs peinaient à lui faire quitter.
Vint ensuite sa suggestion concernant l'aide d'un mage de l'esprit. La question était compliquée car sa réponse ne se limitait pas à "oui" ou "non". Elle n'y avait jamais vraiment pensé. Elle avait reçu le concours d'une chouette quelques ennéades auparavant mais elle avait peine à l'expliquer. De plus, celle-ci ne lui avait montré qu'un seul souvenir et cela ressemblait tant à un rêve qu'elle avait encore un doute sur sa réalité. Alors, elle préféra faire un signe négatif de la tête plutôt que de se lancer dans un discours qui serait difficilement compréhensible par le Régent. Sans compter qu'à cet instant précis, elle n'en avait ni l'envie, ni la force.

Elle écouta ensuite ses recommandations qu'elle pourrait résumer en quelques idées très claires : Manger de tout, boire beaucoup, faire de l'exercice, ne pas utiliser la magie pendant quelques temps. Elle n'eut aucun mal à comprendre ce qu'il voulait dire lorsqu'il parla de se réapproprier son corps. En fait, il mettait des mots sur cette sensation étrange qui l'avait saisie alors qu'elle essayait de s'asseoir. Elle commandait un amas de chaires et d'os mais elle avait l'impression qu'il n'était pas à elle. Elle avait toujours était fragile, un peu éclopée, presque vieille. Pourtant, ce corps lui semblait fort et réactif. Il ne portait aucune séquelle de son passé, aucune des empreintes que son maître avait gravé sur elle, que ce soit en surface ou en profondeur. Comment pourrait-il être le sien ?
Macabre secoua la tête. Elle n'avait pas de questions en l'état. Ils en avaient donc fini.
Il lui donna un verre d'eau et elle trempa les lèvres. Après avoir bu quelques gorgées, elle étendit le bras pour reposer le verre sur la table de chevet avant de laisser son corps s'étendre à nouveau sur le matelas. Lourd, elle avait presque peine à l'empêcher de tomber lourdement sur l'oreiller.
Lorsque le Régent prit congé et commença à s'éloigner, elle ouvrit enfin la bouche.

-Anrorn.

Sa voix était un peu enrouée, comme celle d'une enfant fatiguée.
Elle attendit qu'il se retourne pour finir d'exprimer sa pensée.

-Merci.
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Anorn
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MessageSujet: Re: A la rencontre de l'inhabituel | Macabre   Dim 26 Fév 2017 - 19:48

La jeune elfe avait visiblement aucune question à lui poser. Ses instructions étaient donc assez claires pour qu’elle puisse se passer de précisions. Il remarqua un léger déséquilibre quand elle s’assit, alors il lui tendit un verre d’eau dans lequel elle trempa ses lèvres. Se relevant, il allait désormais la laisser se reposer. Elle en avait besoin, son corps devait récupérer. Il devait se réhabituer à être utilisé correctement, à répartir l’énergie comme il le fallait, comme il en avait besoin. Il allait franchir le pas de la porte quand son nom, écorché, franchit les lèvres de Macabre. Se tournant vers elle, prêt à reprendre les soins si jamais elle en avait besoin, il ne s’attendait pas à ce qui suivit. Le remerciement de l’elfe lui arracha un sourire bienveillant, chose qu’il ne faisait plus jamais en public. Mais son incapacité à interpréter et son impassibilité émotive avaient sans doute, en quelque sorte, autorisés ce sourire.

- Avec plaisir.

Et il s’en alla pour de bon. Dehors, la gouvernante se leva d’un bon, inquiète et scrutant la mine d’Anorn pour y déceler la moindre émotion. Evidemment, elle ne trouva rien, s’il avait laissé tomber son masque un instant, il l’avait aussitôt remis. Il la rassura brièvement et lui demanda de ne pas déranger sa protégée. Parce qu’elle avait besoin de repos. Mais il lui dit aussi qu’elle aurait sans doute besoin d’aide pour se lever, dans un moment. Poursuivant son chemin, le bas de sa robe frôlant parfois les pavés, il se dirigeait vers les jardins. Arwain y serait sans aucun doute. Quand il y arriva enfin, il fut surpris de ne pas l’y trouver. Alors, sans vraiment continuer à la chercher dans tous les recoins, il s’en alla à son bureau. Il n’eut pas le temps de l’atteindre puisqu’un conseiller l’intercepta pour une question de deuil au sein de la Cité, à propos des départs des pèlerins.

- Que voulez-vous que j’y fasse ? Je ne vais pas les retenir s’ils ont pris leur décision. Ce serait cruel et totalement injuste de les priver de leur droit de s’éteindre comme ils l’entendent.
- Ce n’est pas ce que je dis, Seigneur Anornedellon, mais il est dangereux de quitter la cité sans escorte, des… hum… des noss pourraient les attaquer sur le chemin. Il faudrait au moins les prier de partir ensemble et non seul ou par trop petits groupes. Ne pourrait-on pas seulement les prévenir du danger qu’ils courent ?
- Si vous avez du temps à perdre, faites donc. Mais je me dois de rappeler qu’un pèlerinage se fait bien souvent seul, malheureusement. Les routes ne sont pas si dangereuses. Et ils seront accueillis à bras ouverts lorsqu’ils arriveront à Holimion.
- Il n’est tout de même pas plaisant de les voir quitter la Cité…
- Et il serait bien idiot de vouloir les en empêcher.

Ils discutèrent encore un peu avant qu’ils ne se séparent. Rejoignant finalement son bureau, il lisait quelques rapports qu’il avait demandé. Ils étaient globalement instructifs, même si certains contenaient des informations assez douteuses. Peut-être passées de date. Il les nota sur du papier pour pouvoir demander des explications plus poussées. Son épouse finit par se montrer, ayant entendu qu’il l’avait cherchée.

- Uniquement pour te parler de Macabre, j’ai fini de la soigner.
- Comme je déteste ce nom… Pauvre petite. Et alors, elle va bien ? Cela n’a pas été trop dur ? Et toi, tu as encore assez d’énergie pour travailler ?
- Il y a bien longtemps que le soin d’une seule personne ne me laisse plus sur le carreau, Arwain. Mais j’apprécie l’attention. Elle va bien, elle est fatiguée. Elle devrait se renforcer au fil des ans. Avoir un jour l’apparence d’un taledhel. Je pense qu’un jour, on ne lira plus sur son physique le traumatisme qu’elle a vécu.
- Parfait, je te remercie pour elle Anorn.
- Oh, elle a très bien su le faire elle même. Et tu sais, elle est assez particulière comme petite, mais je crois que je l’aime bien.
- Pardon ? Ai-je bien entendu ?

Lui jetant un regard faussement exaspéré, Arwain éclata de rire. C’était bien la première fois qu’elle entendait de telles paroles dans la bouche de son mari. Surtout à propos d’une personne qu’il venait à peine de rencontrer.

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Estiam Faerin : Bah j'ai très envie d'Anorn mais j'essaie d'être réaliste quand même

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Macabre
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MessageSujet: Re: A la rencontre de l'inhabituel | Macabre   Lun 27 Fév 2017 - 21:30


Dès que la porte de ferma, les paupières de Macabre se firent très lourdes. Elle lutta pour les garder ouvertes mais en vain. En quelques secondes, elle dormait à poings fermés. Laliëmerel, quant à elle, ne put s'empêcher de passer une tête par l'entrebâillement de la porte pour voir comment se portait sa protégée. La voyant en train de se reposer paisiblement, elle referma délicatement et entreprit d'attendre qu'on l'appelle, dans la pièce commune.

Le somme de la petite elfe ne dura qu'une heure à peine. Cela semblerait bien peu à d'autres mais c'était plus que suffisant pour l'esclave habituée aux longues nuits de veille successives. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle eut un instant l'impression de ne pas reconnaître sa chambre. Quelques secondes furent nécessaires pour lui rappeler qu'elle se trouvait à Ardamir. Alors, les évènements des deux derniers jours lui revinrent aussitôt en mémoire. Mais cela lui semblait presque irréel. Enfin, pas sa rencontre avec la Dame et les multiples conversations qui s'en étaient suivies... C'était plutôt les soins qui lui paraissaient sortis de l'un de ses rêves. Pourtant, elle n'avait toujours rêvé que du passé. Jamais de l'avenir.
Se demandant quand elle s'était recouchée, elle voulut se lever et prit appui sur ses mains. La sensation étrange qu'elle avait ressentie lorsqu'Anorn avait terminé l'envahie de nouveau. Une fois assise, elle tendit le bras pour se saisir d'un verre d'eau sans même se demander ce que ce pichet faisait là avec deux verres... Mais elle arrêta son geste lorsque son regard se figea sur ses doigts. Lentement, elle ramena sa main devant ses yeux pour l'examiner.

Ses doigts...
Ses doigts n'avaient aucun défaut.
Certes, ils avaient toujours semblés plus que normaux à tout un chacun depuis que toutes traces visibles de sa servitude avaient été effacés mais ils demeuraient loin de la perfection. Enfin... C'était le cas quelques heures auparavant. Mais, désormais, ils étaient longs, fins et droits. Plus de bosses, plus d'irrégularités au niveau de ses articulations... Frottant doucement son pouce contre ses phalanges du milieu, elle constata qu'elle avait retrouvé toute sa sensibilité. Lui revint alors en mémoire la vague de chaleur qui avaient traversé son bras et sa main tandis qu'Anorn reliait les deux extrémités de nerf séparées depuis longtemps.

Réalisant que ces fameux soins n'étaient pas un rêve, elle déplia ses jambes et les laissa pendre dans le vide. Lentement, ses pieds se rapprochèrent du sol jusqu'à entrer en contact avec la pierre glacée. Ses deux pieds ressentirent la morsure du froid de manière égale. L'un de ses orteils, resté désespérément tordu, était revenu dans le bon axe. Ses ongles paraissaient plus beaux et solides que jamais.
Alors, elle voulut voir... Voir ce qu'Anorn avait fait exactement. Voir l'étendu du pouvoir de l'archimage de ses propres yeux.

Malgré son enthousiasme, elle se leva avec précaution. Son équilibre était quelque peu bancal et elle faillit tomber avant de se rattraper à une chaise qui se trouvait non loin. Lentement, elle se dirigea derrière le paravent qui séparait le coin de toilette du reste de sa chambre. Elle se posta face au petit miroir et se regarda. Les changements étaient minimes mais perceptibles pour ceux qui la connaissaient bien. Sa mâchoire était finement dessinée et ses pommettes étaient lisses, rendant son visage aux allures angéliques plus parfait encore.
Alors, Mac se tourna vers le grand miroir. Celui qui lui permettait de se voir de la tête aux pieds mais dont elle n'avait encore jamais vu l'utilité. Le pas mal assuré, elle s'en approcha et s'arrêta lorsqu'elle se trouva assez près pour s'observer. Son regard repassa brièvement sur son visage pour descendre lentement vers son cou. Elle écarta ses cheveux pour les mettre dans son dos, dégageant ainsi son champ de vision. Bien vite, elle réalisa que ce n'était pas la seule chose qui la gênait... Alors, elle repoussa les pans de sa robe de ses épaules et laissa le vêtement choir sur le sol avec légèreté.

Macabre cligna des yeux en apercevant son corps dans le miroir. Il n'y avait plus rien... Plus d'articulations mal remises. Plus de membres plus courts que l'autre. Plus de disparités dans l'espacement de ses côtes. Plus de muscles creusés par l'absence d'un morceau de chaire. C'est alors qu'elle remarqua d'autres changements. Des changements qui s'étaient opérés depuis son arrivée à Tethien mais qu'elle n'avaient encore jamais pris le temps de constater. Son corps, autrefois plat de toute part, avait pris quelques rondeurs. Sa taille s'était creusée pour lui donner cette silhouette si caractéristique des femmes. Sa poitrine avait gonflée, certes très peu mais suffisamment pour qu'on puisse désormais dire qu'elle en avait une. Elle était belle... Et elle était adulte.
Cette pensée amena avec elle son flot d'émotions ambivalentes. Certaines positives. D'autres plus perturbantes. Parmi elles, cette sensation de ne pas se reconnaître. De ne pas se voir elle-même dans ce miroir mais de voir une autre personne. Une femme belle et forte. Une digne représentante de sa race.

Alors, Macabre repoussa violemment le miroir qui tomba sur le sol et se brisa. Laliëmerel, attirée par le bruit, entra précipitamment dans la chambre, bientôt suivie par l'un des gardes qui avaient fait avec elles la route depuis Tethien jusqu'à Alëandir. Elle ne mit pas longtemps à trouver la petite elfe. A genoux dans les éclats de verre, elle était nue et pleurait, inconsolable. Anorn avait mis la gouvernante en garde et celle-ci comprit aussitôt ce qu'il s'était passé. Elle prit une couverture et en recouvrit la petite elfe après quoi le garde pu approcher pour la porter jusqu'à son lit. S'en suivit une longue conversation pendant laquelle les proches de la protégée de Tethien tentèrent de lui faire comprendre que la personne qu'elle devenait n'avait effectivement rien à voir avec celle que Don'dar avait créé. Pour autant, les deux choses n'étaient pas incompatibles...
La discussion ne porta pas ses fruits mais il n'y avait rien de surprenant à cela. Comme toujours, l'entourage de Macabre savait que son conditionnement prendrait du temps à briser.

Mais il se briserait...
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