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 Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]

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Aleth
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MessageSujet: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Dim 4 Juin 2017 - 7:08

Troisième ennéade de Karfias
Hiver de l'an 10, XIème cycle



Les portes du Temple de Néera s'ouvrirent avec fracas.

-A L'AIIIIDE !!! QUELQU'UN !!!

L'homme se mit immédiatement à tousser tandis qu'il tombait au sol. Le corps qu'il maintenait debout, un bras passé derrière son cou et une main sur la taille, chuta à son tour et il ne le retint que par miracle juste avant que sa tête ne frappe le sol. Rodrigue était couvert de suie et respirait avec quelques difficultés mais il allait bien comparé à sa partenaire. Elle lui avait dit s'appeler Primerose, mais il doutait que ce soit la vérité. Il n'avait pas pu apprendre grand chose sur elle et une quinzaine de jours. Il savait qu'elle n'était pas mauvaise, c'était tout ce qui importait.
Doucement, il laissa son corps venir s'allonger sur le flanc. Elle avait perdu connaissance sur le trajet, à cause de la douleur ou de la perte de sang, il ne saurait l'affirmer. Elle était aussi sale que lui, peut-être même plus... Elle était parvenue à se tirer de l'incendie presque par miracle après qu'il ait vu le plafond s'écrouler sur elle... Elle avait sauté par la fenêtre encore fermée, brisant les quelques carreaux encore intacts en se projetant à travers pour venir s'échouer sur le sol de l'arrière cour. Il n'était pas encore arrivé à sa hauteur qu'il avait compris que quelque chose n'allait pas. En voyant son dos, il avait lâché un juron digne d'un charretier.

Se remettant de sa quinte de toux, il posa une main sur le cou de la jeune femme pour voir si elle tenait le cou. Elle était encore en vie... Ses oreilles pointues étaient encore soigneusement masquées par sa coiffure et il ignorait toujours sa véritable nature, la prenant pour une très belle femme. Ce qui le préoccupait davantage, c'était le filet de sang qui coulait depuis la commissure de ses lèvres.

-Oh merde... PAR NEERA, JE VOUS EN PRIE ! DE L'AIDE !!!

Il secoua très légèrement la demi-elfe, comme pour la réveiller mais sans prendre le risque d'agraver sa blessure.

-Bordel, Prime, tiens bon. Il reste plus qu'nous deux. Me lâche pas.

Des portes s'ouvrirent à l'autre bout de la salle, laissant pénétrer une lumière lointaine. Rodrigue releva la tête brusquement, à la fois surpris et soulagé. Il vit quelques silhouettes se détacher dans la nuit.

-S'il vous plaît. Elle va mourir si on la soigne pas...

En s'approchant, les prêtresses pourraient sans mal voir de quoi il retournait. Près de son omoplate, un pieu de bois était planté. Probablement un éclat provenant de l'une des poutres qui s'étaient effondrées près d'elle. Quelques centimètres plus à droite et elle n'aurait rien eu, protégée par les fourreaux de des deux lames qu'elle avait pris le temps de ranger avant de se mettre à fuir. Mais il avait fallu qu'ils jouent de malchance jusqu'au bout...


Dernière édition par Aleth le Mer 7 Juin 2017 - 9:51, édité 1 fois
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Lucrétia
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Mar 6 Juin 2017 - 22:08

Les cris retentissant dans le hall du grand temple avaient réveillé la jeune prêtresse au sommeil léger. Encore engourdie par le sommeil, elle avait à peine eu le temps d’enfiler sa robe de fonction et son châle bleu pour être un tant soit peu présentable. Ses cheveux en bataille, armée de sa seule trousse de soins et des quelques flacons d’onguent qu’elle avait pu saisir au réveil, Lucrétia accourut dans le hall à peine quelques minutes après que les cris d’alerte eurent retentis. Elle qui cherchait un peu de repos après son retour de Thaar, cela faisait maintenant plusieurs nuits qu’elle avait du mal à dormir de tout son saoul, sans cesse réveillée par des impromptus.

Etant la plus expérimentée des prêtresses présentes en matière de soins médicaux, elle se devait d’être présente sur la plupart des cas graves en l’absence du grand-prêtre. Malheureusement pour elle, le grand-prêtre était absent depuis plusieurs semaines et elle avait du s’occuper des blessés occasionnels avec les novices, qui savaient à peine tenir une aiguille du bon côté et vomissaient à la vue du sang. Ce n’était certes pas une des activités les plus plaisantes, mais au moins, ils apprenaient vite, malgré leur manque d’expérience.

Lucrétia, la tête embrumée, déboula dans le grand hall, faisant tomber au passage quelques flacons d’onguents, dont le contenu se déversa sur le sol dallé encore plongé dans la pénombre. Elle maugréa, mais ne s’attarda pas outre-mesure. Après tout, elle pourrait en refaire assez aisément…et une affaire plus urgente se tenait devant elle.


« Ecartez-vous ! »

Le ton impérieux de Lucrétia raisonna au travers du hall tandis que les prêtresses s’écartaient. L’odeur du sang et de la fumée commençait à emplir la pièce tandis que le pauvre homme qui avait amené la blessée continuait d’implorer l’aide de Néera. Elle ne mit pas longtemps à comprendre ce qu’il s’était passé. Les bris de verres incrustés dans la peau, l’odeur de brûlé, un morceau de bois planté dans le dos…la jeune femme qui se trouvait dans les bras de l’inconnu s’était, ou avait été défenestrée durant un incendie. Les fourreaux d’épée avaient été déposés sur le sol du temple. La situation lui rappelait ce qu’il s’était passé avec la mercenaire dans la cité de Thaar. De toute façon, ces épées n’iraient pas plus loin et Néera dictait à ses fidèles de prendre soin de tous, quel que soit leur passé. Les blessures étaient récentes, à peine une vingtaine de minutes. Malgré tout le sang qui s’échappait des blessures, il y avait à première vue toutes les chances de pouvoir sauver l’inconnue du trépas.

« Qu’on les emmène dans la chapelle de Sainte Nédélya, je vais les prendre en charge. Sœur Cydonie et frère Lommis,  transportez la blessée au plus vite, il n’y a pas de temps à perdre. »

Les deux novices, pris de panique, s’exécutèrent et amenèrent la blessée dans la chapelle de Sainte Nédélya tandis que Lucrétia leur emboitait le pas, fouillant frénétiquement dans sa sacoche pour trouver les bons onguents. Pas le temps de faire un inventaire de toutes les blessures de la patiente, qu’elle avait à peine entrevue. Le plus urgent était de faire en sorte qu’elle survive à la nuit. Le reste viendrait après.

Sans prendre en considération le pauvre hère qui avait amené la blessée, Lucrétia pénétra quelques secondes plus tard dans l’infirmerie sous le patronage de Sainte Nédélya. Les torches et les braseros allumés diffusaient dans la pièce assez d’éclairage pour y voir clair. Une table de bois vide allait servir pour y déposer la patiente. Dans l’urgence, Lucrétia fit étendre un linge blanc et y installa la blessée.


« Sœur Cydonie, veuillez la mettre de côté. Nous allons débuter par le dos.»

La novice apporta un couteau bien affuté et resta de marbre tandis que Lucrétia s’affairait sur la patiente. D’épaisses mèches de cheveux s’étaient entremêlées à la chemise de lin ensanglantée et s’étaient enroulée autour du pieux de bois qui transperçait le dos de la jeune femme. Lucrétia retint sa respiration et trancha une partie de la chevelure de la jeune femme. Pas le temps de tergiverser, l’important était de faire vite et bien. Avec application, elle débarrassa la blessure des longs cheveux poisseux de sang qui tombaient sur le dos de la blessée et jeta le tout au sol. Rapidement, elle sectionna avec la lame la chemise de lin et prenant garde à ne pas faire trop bouger l’écharde de bois, retira le vêtement pour y voir plus clair sur l’étendue des dégâts.

« Sainte Nédélya…cela risque d’être plus compliqué que prévu. Sœur Cydonie et Frère Lommis, sortez. »

Les deux novices s’éclipsèrent. Lucrétia soupira. Elle n’aimait pas accomplir les miracles de la magie curative en présence des novices, ou de qui que ce soit. Elle n’était véritablement pas à l’aise à l’idée de devoir expliquer l’étendue de ce don aux autres. Le secret avait été gardé par sa hiérarchie et elle avait été entrainée à l’écart des autres novices dès son plus jeune âge. Le clergé de Néera veillait à ce que la présence du don de Néera ne s’ébruite pas trop au sein des temples, de peur pour la vie des personnes bénies de ces talents, mais surtout pour éviter de recevoir aux portes des temples des hordes de personnes dont il ne pourrait s’occuper. Les rumeurs courraient pourtant très vite et il était de notoriété commune que Lucrétia possédait des talents magiques, quand bien même elle ne les montrait jamais au grand jour.

La prêtresse retroussa ses manches et passa ses mains autour de la plaie sanglante. La pauvrette avait perdu beaucoup de sang et il était probable que retirer l’écharde de bois ne fasse qu’aggraver la situation. Mais la retirer était le seul moyen d’éviter qu’elle n’attrape une vilaine infection suivie d’une nécrose…qui la mènerait vers une mort certaine. Elle murmura quelques mots à la patiente inconsciente.


« Ne vous inquiétez pas, cela ne sera pas long. »

Lucrétia ferma les yeux et entonna quelques chants liturgiques dont elle avait le secret. Chanter les bienfaits de Néera l’aidait à canaliser l’énergie magique et elle avait passé des années à lier ces chants avec la canalisation. A la manière de ces incantations qui servaient aux magiciens de foire pour impressionner les enfants, Lucrétia entonna les premiers versets d’un chant ancien qui, disait-on, avait été transmis par les premiers fidèles de la Damedieu en Scylla, depuis des générations. Au fil de ses mots, les énergies du sanctuaire de Sainte Nédélya convergèrent, capturées par la mélodie de Lucrétia et se canalisèrent en elle. La jeune prêtresse sentit ses bras se gorger d’énergie tandis que la magie fluait en elle jusqu’à ses mains. Le bout de ses doigts sembla luire d’une douce lumière bleutée tandis que son chant se terminait. Entamant le dernier couplet, elle posa le bout de ses doigts autour de la plaie et pressa délicatement les contours de la blessure. L’effet anesthésiant se fit sentir immédiatement et se diffusa dans le corps de la jeune femme sous la forme d’une douce chaleur. Délicatement, Lucrétia retira l’écharde de bois de son dos, laissant s’échapper quelques giclées de sang. Rapidement, elle continua de presser ses doigts autour de la blessure, refermant peu à peu la plaie béante, qui se régénéra sous l’action de la magie curative. La chair meurtrie et déchirée se referma en quelques secondes, ne laissant comme seul souvenir qu’une chair blanche comme cicatrice.

Lucrétia soupira et pris le pouls de la jeune femme. Elle semblait stable. Son sortilège de soin avait fonctionné. Mais elle était encore percluse d’éclats de verre et de coupures. Lucrétia attrapa une petite pince et commença un long et méticuleux travail d’extraction, chassant tous les bris de verre et les échardes qui pouvaient se dissimuler dans la chair de la blessée. Il ne lui fallut pas longtemps pour connaitre ce corps de la tête aux pieds, si bien qu’elle se sentit quelque peu mal à l’aise. Elle avait rarement l’occasion d’opérer sur un corps entier et les coups de couteau qu’elle avait dû donner avaient réduit à néant les vêtements de la jeune femme, qui de toute façon étaient tâchés de sang et roussis par endroits.

Une fois l’extraction des corps étrangers effectuée, elle pansa les plaies avec du tissu auquel elle appliqua un onguent curatif. Il était hors de question d’utiliser la magie pour des estafilades, des onguents et du repos feraient très bien l’affaire. Tout l’art de la magie était de savoir quand ne pas s’en servir…

Son travail terminé, elle rangea les outils et les onguents dans la sacoche. L’opération avait duré deux bonnes heures…interminables. Les plaies étaient pansées, la blessure cicatrisée et la jeune femme hors de danger. Quant à Lucrétia, elle était totalement exténuée. Elle contempla son travail avec un air satisfait. La patiente était toujours inconsciente, mais elle respirait. Au vu des traits de son visage, il était regrettable que la prêtresse ait eu à lui couper les cheveux, mais cela lui donnait un charme certain. Dès qu’elle serait réveillée, Lucrétia lui ferait porter de nouveaux vêtements, et ferait arranger les cheveux de la jeune femme. C’était la moindre des choses.

Elle passa sa main sur le front de la jeune femme endormie et se rassura : elle n’était pas fiévreuse. Il ne lui manquait que du repos et à elle aussi, ayant totalement épuisé ses forces. Mais alors qu’elle retirait sa main du front de la jeune femme, elle aperçut quelque chose d’incongru à la lueur des torches. Curieuse, elle souleva les désormais courtes mèches blondes de la jeune fille. Ses oreilles ! Une elfe ?! Non, elle ne ressemblait en rien aux descriptions des livres et des bardes. Il y avait quelque chose en elle de diablement humain et après avoir passé deux heures à l’opérer, il n’y avait plus de doute possible : cette femme était une sang-mêlée.

Lucrétia retira doucement sa main. Devait-elle prévenir le grand-prêtre ? C’était un évènement assez rare pour être rapporté à sa hiérarchie. Malheureusement, avant même qu’elle n’ait pu prendre une décision, sa vue se troubla. Elle avait épuisé ses dernières réserves d’énergie et tombait de sommeil. N’ayant plus la force de se tenir debout, ni de regagner son lit, elle s’assit contre la table, les fesses posées sur le sol encore ensanglanté et s’endormit.


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Aleth
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Mer 7 Juin 2017 - 9:50


L'odeur âcre du sang. Son horrible goût dans la bouche. Sa chair qui la tiraillait par endroits. Malgré la fatigue due à l’exsanguination, la demie-elfe ouvrit les yeux. Sa vision était trouble et elle cligna plusieurs fois des paupières pour essayer de retrouver un semblant de netteté. Malgré la flou qui demeurait, elle put discerner la couleur des murs et les contours des meubles. Elle fronça les sourcils : elle ne connaissait pas cet endroit.
Allongée sur le côté, elle déplaça une main en vue de prendre appui dessus. Elle écarta des morceaux de verres invisibles à ses yeux troubles. Elle perçut seulement leur tintement lorsqu'ils frappèrent faiblement le sol.

La fenêtre brisée... Elle s'en souvenait.
Regardant une nouvelle fois autour d'elle, elle dut se rendre à l'évidence : elle n'était plus dans la ruelle. C'était trop éclairé... Ou trop faiblement.
Les flammes. Elle s'était retrouvée enfermée au milieu de l'incendie. Mais comment s'y était-elle retrouvée déjà ? Elle avait le sentiment que ce n'était pas un accident mais volontaire... Pas de sa part, non. Ce n'était pas son genre de se jeter dans le feu. On avait voulu attenter à ses jours.

Aleth se sentait faible mais elle chercha malgré tout à se relever et y parvint avec certaines difficultés. Après nombre d'efforts, elle se retrouva assise sur le bord de la table où on l'avait soignée. Elle observa son corps mis à jour, ses vêtements n'étant plus que des lambeaux de tissus éparpillés çà et là. Elle portait un certain nombre de bandages encore humides, quelques uns étant également tachetés de sang. Tout le côté gauche et une partie de son dos avaient été meurtris par les éclats de verre qu'elle avait emmené avec elle dans sa chute. Rien de bien grave. Ça tirait un peu, l'onguent ravivant en plus la douleur de quelques plaies un peu grandes.
Dans sa bouche flottait toujours ce parfum âcre et, forçant sa salivation, elle cracha pour essayer de se débarrasser de ce goût atroce, évacuant un peu de sang qui était venu s'y loger tandis que ses poumons se remplissaient lentement du liquide. Soudain, la demi-elfe porta sa main sur le flanc gauche de son dos. Le pieu n'était plus là et elle ne ressentait aucune douleur à cet endroit. A la place, elle trouva une cicatrice qui lui était inconnue. De la magie ? Elle croyait qu'il n'y en avait pas en Péninsule...

Continuant de regarder autour d'elle en essayant de reconstituer le fil de sa soirée, elle découvrit des mèches de cheveux ensanglantées se détachant du blanc tâché du drap. Etant donné leur couleur et leur ondulation, il ne pouvait s'agir que des siens. Passant une main sur sa natte, elle se rendit compte qu'elle s'était défaite. Probablement pendant l'incident... Une bonne poignée de cheveux était manquante, arrêtant une partie de sa coupe un peu en dessous des épaules sur la gauche. On avait dégagé la vue sur sa blessure.
Mais qui "on" ? Aleth avait bien conscience d'avoir été soignée mais ne s'était jusque là pas demandé un seul instant par qui. Son regard fut alors attiré par une forme reposant contre un pied de la table. Une jeune femme s'était assise là pour s'endormir. Une prêtresse visiblement. Et, à bien regarder les lieux, la mercenaire pouvait discerner quelques éléments pouvant lui laisser entendre qu'elle se trouvait dans un lieu religieux. Regardant à nouveau sa soigneuse, la demi-elfe ne put que se dire que veiller son patient de cette manière était une curieuse forme de dévotion. Mais elle avait l'esprit trop embrumé pour comprendre ce qu'il lui était vraiment arrivé.

Au prix d'un nouvel effort, Aleth descendit de la table, se tenant toujours au meuble tandis qu'elle sentait ses jambes flageoler sous elle. Elle n'était pas au mieux de sa forme... Simplement vêtue de quelques bandages, elle chercha du regard de quoi se vêtir. Sur une étagère, il y avait des linges. Elle s'en approcha lentement, prenant garde à toujours conserver appui sur quelque chose pour l'aider à se soutenir. Il y avait là des draps propres, des serviettes et des blouses de malades. A défaut d'autre chose, la mercenaire en enfila une. On aurait pu en mettre trois comme elle dedans et elle dut faire deux fois le tour de sa taille avec la ceinture pour réussir à faire un nœud qui ne la dérangerait pas pour se mouvoir. Enfin, saisissant une paire de ciseaux, elle coupa la mèche de ses cheveux trop longues et la laissa choir sur le col. Ce n'était certes pas parfait mais ça irait pour le moment.
Maintenant, il était temps pour elle de partir. Tout du moins était-ce qu'elle pensait faire... Mais, lorsqu'elle ouvrit la porte, un couple de jeunes gens se leva du banc sur lequel ils attendaient patiemment depuis bientôt trois heures et se précipitèrent vers l'entrée. Ils découvrirent avec surprise la blessée encore mal en point mais debout. Bien vite, ils aperçurent derrière elle la prêtresse assise par terre. La femme se précipita vers elle tandis que l'homme entreprit d'aider Aleth à marcher. Cette dernière refusa qu'il la touche. Il la rassura en lui disant qu'il voulait simplement la ramener à son "ami".

Rodrigue !

La mercenaire accepta de se laisser conduire mais s'obstina à rejeter les propositions d'aide du novice. Son comparse n'était pas bien loin. Il toussait encore mais avait pris le temps de se débarbouiller. Hormis une petite intoxication par les fumées, il allait bien. Voyant la mercenaire apparaître, il se leva précipitamment.

-Prime ! Tu vas bien ?

-Connais mieux...

-T'as connu mieux, ouais. Je veux bien te croire. Répondit-il, riant de soulagement.

Rodrigue avait pris l'habitude de reprendre les phrases d'Aleth et de les corriger afin de lui apprendre comment elle devait réellement formuler ses idées. Elle faisait quelques petits progrès mais elle avait encore du mal avec les temps, utilisant le plus souvent le présent ou l'infinitif.
Le mercenaire remercia le novice, lui indiquant par là qu'il prenait le relais. Le jeune homme disparut bien vite, retournant probablement au chevet de sa supérieure tandis que Rodrigue aidait sa camarade à marcher, la forçant à aller s'allonger sur une couche libre près de lui.

-Non...

-Quoi ? Tu dois te reposer.

-Ils chercheront nous.

-Ils nous croient morts.

Rodrigue fit s'asseoir Aleth sur le bord d'un lit de fortune.

-Combien de temps avant eux savoir deux rescapés de feu ici ?

-Ils ne viendront pas nous dénicher ici. C'est un Temple. Ils peuvent ne pas être de fervents pratiquants, ils ne veulent pas non plus que les foudres de la Déesse s'abattent sur eux. T'as perdu beaucoup de sang, t'as besoin de te reposer. Acheva-t-il en poussant doucement sur ses épaules pour la contraindre à s'allonger.

La demie elfe n'avait pas la force pour se soustraire à la faible poigne de son camarade. Aussi, en quelques secondes, elle se retrouva couchée, une couverture la préservant du froid. Sa tête devint subitement aussi légère qu'une enclume. Elle lutta pour ne pas s'endormir mais ses paupières était si lourdes... Elle rouvrit subitement les yeux deux ou trois fois en sentant qu'elle s'assoupissait mais elle ne tint pas plus de quelques minutes avant de sombrer enfin.
Soulagé de la savoir en vie et de la voir enfin se reposer, Rodrigue soupira. Son lit à lui longeait un mur. Il s'y assit de manière à pouvoir veiller sur sa comparse, le dos reposant contre l'enchevêtrement de pierres. Lui non plus ne tarderait pas à s'endormir. En attendant, il garderait un œil sur la mercenaire.
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Lucrétia
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Sam 10 Juin 2017 - 14:05

Le soleil frappa de ses rayons le visage de la prêtresse endormie, au travers des vitraux de la chapelle de Sainte Nédélya. Toujours endormie, elle ne se réveilla que lorsque Sœur Cydonie lui passa une éponge humide sur le front, tentant de vérifier si elle se sentait bien. Lucrétia grommela et émergea lentement de son sommeil. L’opération l’avait épuisé et un bon bain chaud ne lui aurait pas déplu, ne serait-ce que pour s’enlever le sang qui avait séché sur ses mains et son visage. Et que dire de ses vêtements ?! Ils étaient toute bonnement fichus. Même une série de lessives dans les lavoirs du grand temple n’y feraient rien…

Sœur Cydonie fut rassurée de voir que la prêtresse se trouvait dans un état de santé plus qu’acceptable et commença à rassembler et à nettoyer les instruments qui avaient servi à opérer la blessée. Il était du devoir des novices de s’occuper durant leur apprentissage de nombre de tâches ménagères et plus particulièrement de l’entretien des outils. Trop épuisée pour faire quoi que ce soit, Lucrétia resta assise sur les dalles de la chapelle, l’air interdit.

Sa patiente n’était plus là…

Après quelques minutes à rassembler ses esprits, elle se releva, poisseuse de sang. S’appuyant sur le rebord de la table, elle tituba quelques instants, les jambes encore flageolantes, et se dirigea vers le grand hall.

L’attroupement des prêtres s’était transformé en un silence religieux. Le grand hall était totalement vidé de ses occupants, si bien qu’on ait du mal à croire que quelques heures plus tôt, l’intégralité du temple s’était réveillé pour accueillir la blessée. Lucrétia s’appuya contre une des colonnes du grand hall et secoua la tête. Elle était encore trop fatiguée pour ne serait-ce qu’articuler quelques mots. Il lui fallait dormir, et vite. A demi-assoupie, la prêtresse parvint à regagner péniblement ses appartements, jeta ses affaires sur le sol et s’écrasa nue sur son lit douillet avant de s’endormir comme une masse.

Lucrétia se réveilla lorsque le soleil fut à son zénith. Comme personne ne l’avait dérangé, elle en déduisit que l’état de la patiente était stable et qu’elle n’avait pas fait de rechute. Plus ou moins rassurée, elle se leva et considéra un instant sa robe de prêtresse ensanglantée. Il n’y avait plus rien à faire pour ce vêtement…vraiment. Elle fouilla rapidement dans l’armoire de bois clair et en tira une longue robe blanche qu’elle enfila avant de la maintenir avec une ceinture de cuir brune. Elle jeta son écharpe bleu azur de prêtresse sur ses épaules et enfila ses sandales de cuir. Elle noua ses cheveux en bataille avec l’un des rubans bleus qui reposait sur la poignée de sa porte et partit à la rencontre de sa patiente.

Quand Lucrétia arriva dans le hall à nouveau, elle trouva des lits installés le long du mur nord. Les prêtres avaient veillé à ce que les blessés fussent bien traités et puissent se reposer. Elle se mit à la recherche de sa patiente. Après tout, elle ne devait pas être bien loin. Elle aperçut au loin Sœur Cydonie qui continuait à laver le sol à l’eau chaude. Elle avait fait en sorte de rassembler les outils et les onguents de Lucrétia dans sa sacoche et l’avait religieusement posée sur une table de bois non loin. Fort satisfaite de la diligence de la novice, Lucrétia lui adressa un regard amical et s’empara de la sacoche. Il était probable que ces outils et ces onguents resservent rapidement.

L’homme qui avait déposé la blessée était allongé non loin d’elle. Le pauvre homme avait eu le bon réflexe…encore une heure et elle aurait rejoint la déesse. Il dormait à présent de tout son long et elle n’eut pas le cœur à le réveiller. Les questions viendraient plus tard et Néera apportait sa protection à tous ceux qui cherchaient un asile au sein de ses sanctuaires. A première vue, il s’agissait d’un simple roturier mais difficile d’en dire plus. Les seules informations dont Lucrétia disposait sur l’origine de ce binome improbable étaient les fourreaux posés contre le mur. Des armes…c’était totalement interdit dans un sanctuaire de Néera, mais après ce qui s’était passé à Thaar, Lucrétia se montrait plus…laxiste sur cette discipline. De toute façon, l’urgence avait été telle que s’embarrasser du protocole aurait mis en danger la pauvre demi-elfe.

La pauvresse dormait recroquevillée sur le lit, ses bandages ayant absorbés une grande partie du sang perlant de ses blessures. Sa respiration était régulière, ce qui était un excellent signe. Lentement, elle posa sa main sur le front de la jeune femme. Toujours pas de fièvre. Très bien, une semaine d’onguents et de repos et elle serait comme neuve. Elle s’assit sur le rebord du lit et tira du sac un petit pot d’onguent, qu’elle posa à côté de la jeune femme, ainsi qu’un rouleau de bandages. Elle allait devoir les changer, mais il fallait attendre qu’elle se réveille.
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Aleth
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Sam 10 Juin 2017 - 21:06

Aleth ouvrit soudainement les yeux. Sa fatigue ne faisait aucun doute mais ce n'était pas ses quelques heures de sommeil qui allaient la remettre d'aplomb dans son état. Allongée sur son côté sain, elle vit Rodrigue, endormi. Son rêve l'habitant encore, elle plissa les yeux, semblant chercher dans sa mémoire les souvenirs de ce qu'il s'était passé. Elle n'avait aucun mal à se rappeler de l'incendie dans lequel elle se trouvait encore plongé l'instant précédent mais le reste lui échappait quelque peu.
Ah oui, la poutre, la fenêtre, les bandages... Ça lui revenait doucement.

Son compagnon l'avait veillée un bon moment et elle ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi. Ce n'était pas comme s'ils se connaissaient depuis longtemps ou qu'ils avaient couchés ensemble. Ils s'étaient rencontrés moins de deux ennéades auparavant... Elle ne comprenait pas ce qui le poussait à prendre ainsi soin d'elle.
Remarquant du mouvement près d'elle, la mercenaire baissa subitement les yeux tout en se redressant à moitié. Elle découvrit la prêtresse qui l'avait soignée la veille assise sur le bord de son lit. Elle laissa alors son corps endolori retomber sur le matelas de fortune avant de passer une main sur son visage en soupirant le temps que son cœur retrouver un rythme plus régulier. Elle avait eu une poussée d'adrénaline dont elle n'avait pas l'utilité... Comme si elle avait besoin de ça après la nuit qu'elle venait de passer.

Si elle pensait avoir été réveillée à cause de son cauchemar, elle réalisait maintenant que son sursaut avait été provoqué par les mouvements de son lit sur lequel une seconde personne s'était installée. Son instinct habituellement si aiguisé ne l'aurait pas permis de l'approcher en temps normal. Mais force était de constater qu'elle n'était pas dans son état normal. Rodrigue avait sans doute bien fait de l'empêcher de partir s'ils étaient aussi à l'abri qu'il le disait.
Aleth posa à nouveau les yeux sur la prêtresse et vit des flacons et des bandages près d'elle. Elle connaissait suffisamment les soins des blessures pour savoir ce qu'elle lui voulait. Déjà ? Puis, regardant autour d'elle, elle se rendit compte que la pièce était baignée de lumière. Une lumière hivernale certes, mais assez forte pour la saison. La journée était plus qu'avancée. Elle avait pourtant l'impression d'avoir à peine fermé les yeux tant elle s'était réveillée souvent avant de sombrer de nouveau.
Pourtant, cette fois, elle semblait être réveillée pour de bon malgré son regard fatigué. Sans doute l'effet de la petite surprise de la soigneuse.

-Pas bon pour santé, réveiller les gens comme ça. Râla-t-elle, ne plaisantant qu'à moitié.

Il y avait après tout un peu de vrai dans ce qu'elle disait et, si elle n'aimait pas les surprises d'ordinaire, elle était encore moins d'humeur que d'habitude. Toutefois, la dame ne lui voulait sans doute aucun mal. Pas après s'être épuisée à la soigner au point de s'endormir sur un sol couvert de sang.
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Lucrétia
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Sam 10 Juin 2017 - 23:05

Lucrétia resta interdite devant les jérémiades de la jeune femme. Si elle ne cherchait pas la gloire un simple merci aurait été fort aimable, du moins, la moindre des choses. Elle sentit son sang ne faire qu’un tour mais se calma dans la seconde. Il n’était pas question de lui faire une scène et les deux femmes avaient toutes deux besoins de repos. Et très sincèrement, Lucrétia n’était pas certaine de pouvoir contrôler la situation si ses blessures de rouvraient ou si d’aventure, la demi-elfe venait à se saisir de ses armes pour l’empaler. Son bienfaiteur était toujours endormi, mais elle sentait qu’au moins bruit inquiétant, celui-ci se réveillerait pour lui sauter dessus.

Sa main gauche se posa sur le rouleau de bandage et le souleva à la hauteur des yeux de sa patiente. Elle avait remarqué à son langage qu’elle ne parlait pas si mal la langue des hommes. Une communication était très certainement à tenter. Elle plongea son regard dans le sien et énonça d’une voix claire.

« Vous voyez ces bandages et cet onguent ? Vous en appliquerez sur vos blessures jusqu’à ce qu’elles cicatrisent. D’ici-là, vous resterez au temple pour vous reposer. »

A ces mots, la jeune demie-elfe sembla esquisser un geste vers le petit pot de terre cuite. Elle reçut immédiatement une petite tape sur la main, sans aucune sommation.

« Non ! Vous allez d’abord m’expliquer comment vous vous êtes retrouvée dans cet état. La protection de Néera a ses limites… »

Lucrétia craignait que la jeune demi-elfe ne se soit fourrée dans un sacré pétrin. Elle n’osait pas interroger l’homme qui l’accompagnait. Peut-être aurait-elle dû…mais la jeune prêtresse pensait, à tort, qu’il n’était qu’un simple hère qui l’avait trouvé inconsciente. Et les novices avaient certainement dû le questionner…si toutefois ils avaient fait preuve d’un minimum de curiosité.

Sa première hypothèse était que la jeune femme avait dû irriter les mauvaises personnes et que ses dernières avaient attenté à sa vie. Si tel était le cas, le temple ne pourrait la protéger d’assassins motivés. Les sanctuaires de Néera étaient inviolables…du moins dans les mœurs. Mais dans la réalité, le clergé de Néera n’était pas armé et ne pourrait s’opposer à une intrusion de force dans le temple. Si d’aventure ceux qui avaient attenté à sa vie passaient outre les commandements sacrés de Néera et la protection tacite du temple, personne ne pourrait s’opposer à eux.

Un frisson s’empara de Lucrétia tandis qu’elle soutenait le regard de la demie-elfe. Elle avait un très mauvais pressentiment et cette journée allait s’avérer bien plus longue et mouvementée que prévue.

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Aleth
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Dim 11 Juin 2017 - 13:05

Aleth observa le matériel qui avait été posé près d'elle. Elle n'avait plus l'habitude d'être blessée elle-même mais ne se souvenait pas avoir déjà eu besoin de se soigner autant. L'usage de la magie était plus courant en Ithri'Vaan et, étant donné son métier, elle ne prenait jamais le risque de rester longtemps avec une plaie ouverte. Alors autant dire que des onguents, elle ne s'en était pas appliqué bien souvent. En revanche, la prêtresse pouvait toujours croire que la mercenaire aller demeurer ici aussi longtemps qu'elle le commandait. Elle n'en avait pas le loisir. Pas dans sa situation.
Alors qu'elle avançait sa main pour sentir la décoction afin de déterminer ce qu'elle contenait, l'humaine la réprimanda d'une claque sur la main. Aleth la dévisagea, haussant un sourcil dans sa direction. Elle la prenait pour une gamine ou quoi ?! Physiquement, elles semblaient avoir le même âge alors d'où lui était venu l'idée de lui parler de cette manière ?

-Pas bonne idée pour vous savoir.

Ni pour elle, ni pour eux. Moins de gens seraient au courant que Rodrigue et elle avaient survécu, mieux ce serait pour tout le monde. Le bruit allait sans doute déjà courir que deux personnes ayant réchappé à un incendie s'étaient réfugiées au Temple de Néera. Etant donné que le feu prenait mal en hiver, il y avait des chances pour que leurs détracteurs comprennent qu'ils avaient loupé certaines de leurs cibles et cherchent à s'en prendre à nouveau à eux.
Toutefois, la prêtresse en avait appelé à la divinité qu'elle servait et Aleth comprit bien vite qu'elle ne lâcherait pas l'affaire de si tôt. Alors, après un moment, elle soupira.

-Tant pis pour vous... Lâcha-t-elle dans sa langue avant de poursuivre. Nous mercenaires. Nous et d'autres engagés pour nettoyer "ventre". Arrêter ou tuer criminels. Démanteler organisation de crime.

La mercenaire ne connaissait pas certains de ces mots deux ennéades auparavant. Elle les avait appris avec le contrat qui avait été passé pour cette mission. Une opération de grande envergure et pourtant ce n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan aux yeux de la demi-elfe. Mais tant que ça payait, elle n'avait pas de raison de le faire remarquer. C'était un boulot sur le long terme et grassement rémunéré après tout.
Prenant une inspiration dans le but de continuer, Aleth ne put prononcer aucun mot. A la place, elle se mit à tousser. Rodrigue se réveilla instantanément. Elle avait fait ça plusieurs fois depuis qu'elle était sorti de la salle de soin et il savait ce qu'il avait à faire. Il se leva et prit un bout de linge échoué sur le sol qu'il lui tendit avant de l'aider à s'asseoir. La mercenaire toussa encore plusieurs fois, le tissu devant sa bouche. Sa toux devenait de plus en plus grasse tandis que Rodrigue demuerait près d'elle, un genou à terre et une main sur son épaule.

-Elle a fait ça toute la nuit. On nous a dit qu'elle évacuait le sang qui avait rempli une partie de ses poumons. Dit-il en se tournant vers la prêtresse comme pour avoir son approbation sur cette théorie.

Finalement, Aleth s'arrêta de tousser et laissa sa main échouer sur ses jambes. Le linge était désormais souillé par quelques tâches de sang coagulé. Son comparse lui prépara un verre d'eau avant de le lui tendre. Elle le prit et s'en servit non pas pour boire mais pour se rincer la bouche avant de cracher l'eau souillée dans un bassinet posé de l'autre côté du lit.

-C'est vous qui l'avez soignée, c'est ça ? Vous êtes là depuis longtemps ?

Rodrigue n'avait rien entendu. Ni les pas de la prêtresse se rapprochant d'eux, ni la discussion que les deux femmes avaient entamé et dont il ne savait rien. C'était dire à quel point il avait besoin de repos lui aussi. Non pas suite à ses propres séquelles de l'incendie mais pour avoir pris soin de sa voisine de chambrée.
La mercenaire lui réclama de nouveau de l'eau et il la servit. Cette fois, elle but, vidant son verre en quelques gorgées. Une fois. Deux fois. Au troisième verre, elle n'en avala que la moitié avant de marquer une pause. Mine de rien, elle avait perdu du sang qu'elle devait reconstituer et elle avait déjà vidé un pichet complet depuis qu'elle était là.
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Ven 30 Juin 2017 - 21:07

Le Ventre ? Encore !? Lucrétia avait beau se tenir à l’écart du Ventre après les déboires de sa dernière escapade, les ennuis du Ventre venaient désormais à elle. Et voilà qu’à peine quelques semaines après sa dernière aventure, elle se retrouvait à nouveau à gérer les problèmes survenus dans les bas-fonds. Sainte Néera ! Autant installer le temple dans ce quartier, cela aurait épargné bien des déplacements !

Décidément, les affaires du Ventre étaient déjà bien assez compliquées comme ça sans avoir à titiller en plus les coupe-jarrets avec des mercenaires. Cela ne pouvait plus durer, d’autant que les premiers à pâtir de cette situation étaient les habitants eux-mêmes.


« Ne vous inquiétez pas. Sa toux est normale. Une fois le sang évacué de ses poumons, elle devrait être entièrement rétablie. Je puis vous assurer qu’elle pourra remarcher à nouveau et qu’elle sera comme neuve dans quelques jours… »

Lucrétia marqua une pause. Son interlocuteur s’était montré particulièrement attentif aux soins prodigués sur la jeune demi-elfe. Son compagnon ? Un autre mercenaire ? De toute façon, il était peu probable qu’il fasse parti de la plèbe du Ventre, il n’en avait pas l’accent ni l’argot caractéristique.

« Je l’ai effectivement soignée. Toutefois, au nom de la DameDieu, je vous en prie, cessez de chercher querelle dans le Ventre ! Il est hors de question que je passe mes soirées à vous rafistoler ! »

Elle puisa dans sa sacoche une gourde d’eau fraiche et un morceau de pain, qu’elle offrit aux deux compères. Ils devaient certainement avoir le ventre vide et personne n’avait pourvu à leurs besoins alimentaires jusqu’à présent. Sa tâche achevée, elle se tourna vers la jeune femme et déclara :

« Quant à vous…sachez que vous seriez hier soir si je n’avais pas été là…N’allez pas gaspiller votre vie imprudemment à nouveau ! Les grâces de la déesse ne se commandent pas sur ordonnance. Que comptez-vous faire maintenant ? Repartir et vous faire massacrer ?»

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Aleth
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MessageSujet: Re: Les flammes de la trahison [Lucrétia/Aleth]   Dim 2 Juil 2017 - 12:32

Aleth garda ses pensées pour elle lorsque la prêtresse se tourna vers elle pour la sermonner. Elle ne connaissait rien à la magie religieuse après tout. Quant au fait qu'elle serait morte sans elle, elle avait remarqué... Elle lui aurait bien répondu que si c'était pour la traiter comme une enfant par la suite, elle aurait pu se garder d'intervenir. Elle ne lui avait rien demandé après tout. De plus, les prêtres ne faisaient pas ça par charité ? Était-il bien charitable de considérer que, puisse qu'elle lui avait sauvé la vie, elle avait le droit de la traiter ainsi ?
Bref, autant se taire. De toute façon, Rodrigue l'aurait probablement empêché de finir sa phrase.

-Vous pas comprendre. Pas être bandits nous avoir fait ça. Nous trahis.
-Elle parle de ceux qui avaient le commandement de notre groupe et qui jouaient les intermédiaires avec notre employeur mystère. Compléta Rodrigue avant de se tourner vers Aleth. Les autres ont dû tomber dans des embuscades aussi...

La demi-elfe hocha la tête. C'était certain. Ils devaient s'occuper de tout le monde en une seule fois sans quoi les rescapés auraient pris les devants, probablement en attaquant les premiers. Baissant les yeux, elle vit la moitié du morceau de pain offert que lui tendait son compagnon. Elle le prit mais n'y toucha pas.

-Vous n'avez pas reçu d'autres blessés par flèche ou arme blanche cette nuit ?

Cela ne coûtait rien de demander. Si, par hasard, un de leurs compagnons d'infortune avait survécu, ils seraient toujours un peu plus nombreux. Ils n'étaient certes que deux en face mais qui savait où ils se trouvaient désormais et avec quelles forces. Ils devaient mettre toutes les chances de leur côté.
Aleth attrapa la manche de Rodrigue pour attirer son attention et lui parla à voix basse.

-Nous pas pouvoir rester ici.
-T'es pas en état, Prime.
-Eux pas bandits. Eux peuvent rentrer dans Temple s'ils veulent et personne se méfier. Si eux savoir nous ici, nous morts.

Rodrigue savait qu'elle n'avait pas tord. N'importe qui pouvait entrer pour demander de l'aide. Si en plus ils n'avaient pas la tête de l'emploi, personne ne pouvait songer une seule seconde qu'ils étaient là pour jouer les assassins. Or, il n'était pas questions pour ceux qui les avaient trahis de laisser un seul témoin en vie... Et encore moins deux de ceux qu'ils devaient tuer.

-Je sais tout ça mais où veux-tu qu'on aille de toute manière ?

"Prime" soupira. Elle avait bien une chose en tête mais elle ne voulait pas en parler devant la prêtresse. Elle semblait avoir un avis très tranché sur la question et en débattre avec elle ne servait à rien aux yeux de la mercenaire. Elle attendrait qu'elle soit partie pour exposé son idée à Rodrigue. Mais elle ne pourrait de toute manière rien faire tant qu'elle était irrégulièrement prise de quintes de toux incontrôlables. Et, si elle n'avait pas encore essayé de se lever, il y aurait fort à parier qu'elle ne puisse pas se mouvoir très facilement. Après tout, elle avait perdu pas mal de sang en quelques heures et il lui faudrait un peu de temps pour ne serait-ce que pouvoir quitter le Temple.


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