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 [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang

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Estiam Faerin
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MessageSujet: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Lun 1 Jan 2018 - 22:05


Calimehtarus de la 3e ennéade de Bàrkios
Dixième année du Onzième Cycle




Les hauteurs d’Ardamir. Les montagnes verdoyantes que sont censées être ses arbres millénaires, car cette période de l’année est la seule durant laquelle la légende se fait fausse. De blancs et de quelques rouges, mais surtout de jaunes d’or, les branches des arbres se recouvrent alors que les colonisent les inflorescences. Une myriade de parfums contradictoires chatouille le nez tandis que les musiciens célèbrent l’éveil comme seuls savent le faire les Ardamiris. Les mélodies soufflées et grattées par les instrumentistes et chanteurs se mêlent savamment aux Grandes Voix accompagnant allègrement leurs protégés. Tes souvenirs du Protectorat ne dataient que d’un peu plus d’un an, et pourtant, il te semblait être passé une véritable éternité depuis que les réconfortants rythmes du Grand-Chêne aient donné le tempo à ton cœur.

Tu ne renouvellerais pas tes souvenirs aujourd’hui. Et probablement pas demain. La légèreté de l’atmosphère d’Ardamir n’est qu’une façade arborée par un peuple trop pudique pour avouer le mal rampant en son sein. Un rêve migraineux, toujours le même. Un magnifique cauchemar, une pénible exhortation. Voilà ce qui attira ton attention durant ton voyage, et qui te pris aux tripes dès lors que tu fus assez près de la source pour que ton oreille s’y laisse happer. Un Bourdonnement. Un insidieux appel à l’aide. Un accord dissonant, comme tu en as connu dans l’Aduram.

Seulement il s’était immiscé jusqu’aux frontières des forêts les plus denses de l’Anaëh.

L’appel au mouvement que tu portes, l’appel au changement, l’appel à la révolte, à la guerre, il est arrivé ici avant toi. Il semblerait que l’Anaëh elle-même ait préparé ses enfants à ta venue, et tu en souris goulûment. D’abord Ellyrion. Puis Eraïson. Le front ensuite. Leur indirecte implication dans la débâcle d’Eteniril. Maintenant ce bourdonnement. Les Ardamiris seraient certainement bien plus enclins à te suivre que ne le furent les Lëandrins. Seulement parmi eux il y en avait une, une en particulier, que tu désirais revoir.

Halyalindë. Arava. Oloriël. Peu importait son nom. Seul comptait votre lien, ou du moins ce qu’il pouvait bien en rester. Si son peuple était plus enclin à t’accorder son soutien que ne le fut avant eux ceux des Protectorats Nord, il leur serait plus encore si la confiance de leur Hérault t’était toujours acquise ; mais cela, quelque chose en toi en doute. Parce qu’elle ne t’a jamais vu autrement que dans ton existence mensongère, retenu et contenu dans une carapace aux failles dissimulées habilement au point d’en être presque devenues invisibles à tes propres yeux. Et maintenant ces failles n’étaient plus, parce que les acides de tes liquides intestins s’y étaient engouffrés jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent béantes et les relâchent, dévoilant à tous les profondeurs de ton sein, sans le moindre apparat.

- N’aies pas peur Ilweran. Ardamir n’est pas dangereuse.

Ce n’est pas Ardamir ni sa gente qui t’inquiète, du moins pas l’entièreté de sa gente. C’est de celle que ceux que tu as rencontré t’ont timidement confié ne plus être la Dame-Protectrice des lieux dont tu te méfies. Et ce ne serait pas le cas s’il ne s’agissait que de l’Appel. Il s’agit aussi de ton cœur, de ton cœur dont tu n’es plus capable de faire taire l’émoi. Halyalindë en détient une part, une part que tu espérais qu’elle chérisse encore.
Loin de l’habituelle démarche féline qui est tienne entre les branches et les pierres, signature du prédateur efficace, ton pas se fait lourd – d’exaspération – que les impénétrables murs blancs du Temple de Tari ne firent que renforcer.

Encore.

Halyalindë se retrouvait – encore – prisonnière.

Halyalindë se retrouvait - encore - à la merci de guérisseurs dont elle n'avait pas besoin.

Tu pénètres le cloître une certaine arrogance au visage, celle qui marque ceux dont la patience n’est pas loin d’arriver à bout, mais comme savourant une potentielle tempête à venir, ton esprit garde un effrayant calme.

- J’aimerais savoir où est détenue Halyalindë Yasairava.

Ce sont les premiers mots que tu prononces, bien assez fort pour que d’autres que la Voilée à qui tu t’adressais entende. Ce sont des mots qui paradoxalement trouvent une certaine résonance aux oreilles des pensionnaires comme des hôtes des lieux. Après tout, l’ancienne Protectrice n’est pas ici de leur volonté. S’il ne s’agissait que d’eux, elle occuperait toujours la même place au Palais de Chêne. Seul peut leur déplaire le ton accusateur, quand ils partagent une bonne part de ta frustration, et c’est le ton accusateur qui te vaudra d’être accueilli dans le plus grand silence, et emmené auprès de celle qu’épiaient sournoisement sa batterie de médecins Lëandrins attitrés, chez qui ton arrivée aura au moins eu le mérite de provoquer un mouvement de recul général, gagnant quelques secondes de pudeur à ta fille de cœur.

- Ça faisait longtemps Oloriël. Ilweran prit de quelques pas les devants, reniflant l’air comme s’imprégnant de l’humeur de l’elfe rousse Tu m’as manqué tu sais.



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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mar 2 Jan 2018 - 2:33


Cela faisait des ennéades que Linandil avait quitté Ardamir pour reprendre sa vie de bohème, renvoyant Halya à son morne quotidien entre les quatre murs du cloître. Pire, après plusieurs ennéades en ne passant que très peu et durant lesquelles elle avait put tout de même discerner sa fatigue, Eorim avait annoncé à sa fille que lui aussi partait pour une mission diplomatique. Elle avait continué à s’entraîner chaque matin, dans sa chambre ou dans la cour, avec ou sans les mélodie d'une certaine compagne. Elle était d'ailleurs heureuse de voir que sa participation aux entraînements quotidien sur demande de Linandil semblait avoir redonner un peu de cœur à Meriadim bien qu'elle soit encore loin de pouvoir sortir du cloître.

Moins il lui restait de jours à tenir, plus Halya trépignait. Elle ne savait pas ce qu'elle ferait exactement en sortie mais elle avait des personnes a voir et des questions à poser. Son envie d'aider l'année et son peuple était intacte et libérer de toute pression, de tout devoir politique. Elle pouvait enfin se poser les bonnes questions. Elle voulait se poser les bonnes questions. Mais avait cela, elle avait une liberté de mouvement à retrouver. La forêt lui manquait. Le silence nimbé des chants de l'Anaëh lui manquait. Sa confortable solitude soutenue par toutes les créatures de la mère lui manquait autant que la compagnie de ses proches. Presque autant que la présence de Fenris.

Elle avait cessé d'envoyer des lettres. C'était le cœur gros qu'elle avait appris qu'il n'avait put lire aucune des siennes. Aussi ne savait-il rien de sa démission définitive du titre de protectrice, de l'étrange position dans laquelle l'avaient mis le Conseil et les manigances de Linandil ou de l'approbation des habitants qui lui avait fait tant de bien au passage de l'équinoxe. Il lui manquait au point d'en éprouver parfois une douleur physique. Une peur aussi. La peur d'une femme qui ne savait que trop bien quel genre de mission pouvait se cacher derrière le titre d'Aigle. Mais elle savait qu'elle ne le verrait pas tout de suite. Inutile de courir à  Alëandir dès sa sortie puisqu'il n'y serait même pas. Et puis le manque qu'elle ressentait s'équilibrait avec le besoin qu'elle avait de se retrouver sans être bringuebalée par la vie.

Ayant depuis longtemps trouvé un passage dérobé pour s'asseoir sur la rive, les pieds dans l'eau, elle en avait également trouvé un vers les toits du cloître. Pierres, tuiles de terre cuite et plantes grimpantes se côtoyaient là haut, offrant un lit paisible pour les divagations de l'elfe qui supportait de moins en moins l'atmosphère pesante et confinée de la demeure aux murs morts. Là, elle tendant l'oreille et le chant profond du Grand Chêne, plus rayonnant ce printemps que dans ses souvenirs les plus lointains, semblait tenir à distance toutes les dysharmonies qui auraient put attrister le cœur des Ardamiris de chair comme de bois. Le bourdonnement qui régnait alentours n'avait pas de prise ici.

Elle passait de long moment là-haut. La musique était bien une cause, mais certainement pas là seule. D'ici, de temps à autre, lorsque le hululement lupin qu'elle connaissait si bien se faisait entendre, elle avait l'impression de distinguer sa silhouette sous les couverts des arbres du magnifique cimetière qui s'étendait aux pied du temple. Tantôt un pelage blanc marqué d'étranges courbes sombres. Tantôt un œil luisant. Un buisson qui frisonne. Et quand elle été ici, elle s'autorisait à hurler en retour... Ce qui ne rassurait pas vraiment les médecins Lëandrins qui lui collaient au basque. Les séance de discussion et leur présence était toujours obligatoire et toujours aussi improductives mais c'était normal à leur yeux. Il fallait du temps pour habituer un patient aussi rebelle. Ils auraient sûrement demander un allongement de son temps de repos si les Ardamiris leurs en avait laissé la moindre occasion.

Après avoir aidé l'équipe de la cuisine à s'occuper de la vaisselle et une longue discussion à sens unique d'un des médecins, Halya trépignait sous le soleil de printemps et l'oeil de ces même soigneurs. A force d'insistance, on lui avait laissé planter une achillée dont elle prenait grand soin malgré le manque de lumière ainsi qu'une touffe de sauge qui avait pris plus vite que prévu. Plus que quinze petits jours.

Plus que quinze petits jours...

- Ça faisait longtemps Oloriël.

Elle stoppa net son geste et se tourna vers la voix qui surplombait son dos. L’arceau qu'elle tentait d'utiliser pour empêcher les deux plantes de s'étouffer l'une l'autre toujours à la main, elle resta plantée là un instant, les yeux hagards, un genoux dans l'herbe, inconsciente des murmures et du mouvement de recule des trois personnes qui l'observaient. C'était bien lui... ?

Il était bien différent pourtant. Son visage. Sa tenue pour le moins légère. Ses cheveux. Les tatouages sur son bras... Elle fronça les sourcils en se levant enfin, plissant les yeux en tentant de déterminer ce qu'elle avait devant elle. C'était bien lui. Mais il avait changé... Au delà de l'apparence. Non. Son changement était plus profond qu'une simple décision de renouer avec ses racines. Il affectait jusqu'à sa posture. Jusqu'à son regard.

- Tu m’as manqué tu sais.

Elle n'avait pas pensé à lui depuis des mois et il ne lui avait pas manqué. Elle aurait sans doute pu continuer ainsi des années sans que son nom ne lui effleure l'esprit, et pourtant... Comme a chaque fois qu'il réapparaissait dans sa vie, elle se rendait compte de la place qu'il occupait dans son cœur avec une chaleur que ni le temps, ni l'absence ni même l’oubli n'avait jamais affaiblit. L’existence d'Estiam ne lui avait jamais rien pris par son absence mais sa présence était comme un cadeau.

Chaque pensée, chaque interrogation de la Dame Louve se lisait avec facilité sur son visage. Renoncer à son titre l'avait également soulagée du poids des mensonges. Et sa dernière pulsion fut de se jeter au cou de cette étrange version d'Estiam... si une forme à ses pieds n'avait pas brusquement attirer son attention.

Elle avait reculé d'un pas avant d'avoir aligné la moindre pensée. Entre les brins d'herbes, une toute petite créature créature au corps blanc avançait plus ou moins droit sur elle. Les mouvements fluide de l'animal semblaient un peu gênés aux entournures par un gabarit juvénile. Un lézard ? Le soleil filtra jusqu'à la créature, sortie un moment de l'ombre des deux elfes proches. Pas un lézard. Un fin sourire étira les lèvres d'Halya en voyant les reflets irisés des ailes diaphanes du petit dragon. Elle lança un regard complice à son visiteur avant de s'accroupir pour observer le petit être de plus près.

- Même si je t'ai manqué tu as dû être bien occupé avec un petit gars comme celui-ci.
Sourit-elle en captant le regard de l'animal sans esquisser un geste dans sa direction. Un mouvement rapide d'une petite langue bifide. Elle sourit de plus belle avant de se relever.

Surgissant pesamment de sous la promenade couverte, les soigneurs s'étaient de nouveau agglutinés à courte distance de leur protégée. Le plus courageux invectiva directement l'inconnu.

-Veuillez nous excuser mais Heri Halyalindë est sous notre garde et nous n'avons pas été prévenu de votre visite Heru...
-C'est un très vieil ami. Coupa Halya en riant. Je n'ai pas eu de visite depuis trois jours, vous pouvez bien m'autoriser celle-ci. Où vous tenez absolument qu'il passe par les Voilés pour prendre rendez-vous et revenir demain pour suivre la procédure ?

Malgré son apparente légèreté, c'est en toute connaissance de cause qu'elle utilisait les derniers reliefs de manipulation et de contrôle qu'elle avait pour se défaire de ces boulets le plus souvent possible. Bien qu'ils semblent pour le moins réfractaires, les trois médecins mandatés finirent par se mettre d'accord à grand renfort de voix basse et d’œillades tendues. Ils n'aimaient pas l'aspect de leur hôte mais après tout leur patiente était moitié Noss alors les dieux seuls savaient ce qui avait put se produire...

Avec un hochement de tête, ils s'éloignèrent vers l'intérieur de la bâtisse, pensant sûrement à se jeter sur sur un bout de papier pour un rapport supplémentaire direction le Trône Blanc... du moins c'est ainsi qu'Halya les voyait. Il ne fallut pas beaucoup de temps après qu'ils aient tourné les talons pour que la louve vienne étreindre le grand elfe basané sans oublier de prendre garde à son petit compagnon.  

- Ça me fait tellement plaisir de te voir Estiam. J'ai l'impression que tu as beaucoup de choses à me raconter sourit-t-elle au creux de son oreille.

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Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mar 2 Jan 2018 - 5:53

S’il t’était revenu de les congédier, tu n’aurais certainement pas été aussi doux qu’elle. Le peu de temps durant lequel tes yeux accrochèrent ceux du téméraire s’étant tenté à te chasser en disait long, et s’il ne suffisait pas, les hissements d’Ilweran termineraient de peindre le tableau. Mais les menaces – puisqu’il semblerait que ce soit ainsi qu’ils les aient prises – proférées par Halyalindë suffirent largement. De l’agacement à un paisible et inconditionnel bonheur, en une fraction de seconde, ton visage se métamorphosa, alors que tu quittais ces sangsues des yeux pour reprendre contact avec ceux de l’ex-Protectrice. Par jalousie probablement, Ilweran ne tarda pas à prendre son élan pour d’un bond prendre place sur ton épaule, moitié toisant moitié jaugeant de la sympathie qu’il pouvait accorder à l’elfe lui faisant face. Tes doigts vinrent se poser sur le museau du dragonnet, autant pour le rassurer que pour le remettre à sa place. S’il venait de prouver une chose au moins, c’est qu’elle n’avait pas tort en disant qu’il était beaucoup de travail.

- Tu serais surprise, Ilweran est déjà très débrouillard.

Et si expressément changer d’épaule pour permettre à de vieux amis de s’étreindre en était témoignage, alors le lézard pouvait déjà se vanter être prêt à passer par la Cérémonie du Choix ! Mais enfant qu’il est réellement, il choisit de profiter, une fois de plus, des forts contacts que tu pouvais avoir avec les tiens. Tes bras vinrent se refermer dans le dos d’Halyalindë, ta tempe vint se poser contre la sienne, tes yeux se fermèrent et tu souris. Tu souris d’autant plus que tu sentis le reptile maladroitement se nicher au chaud entre vous deux.

- Toute une vie Oloriël, toute une vie.

Mais pas ici. Franchise sans tâche et dérangeante entièreté ne te privent pas d’une certaine pudeur émotionnelle. Il n’appartient pas à tous d’entendre ce que tu veux lui confier à elle, de la manière dont tu veux le lui confier. Il te faut du calme, une alliée, il te faut l’eau.

- Suis-moi.

Tu brises l’étreinte, et sans plus attendre frappe le sol du pied puis frappe l’air à l’horizontale d’un marteau de poing. À ta demande la terre répond, et d’elle se soulève une ligne de feuilles de pierres arrangées en un chemin flottant selon l’endroit entre quelques dizaines de centimètres et une poignée de mètres au-dessus du plancher, pour filer droit vers les rives de l’Elorëa. Tu prends les devants, bondissant adroitement d’un nénuphar minéral au prochain, jetant à l’occasion un œil en arrière pour t’assurer qu’Halyalindë et toi ne seriez pas séparés. Ils sont rares les mages capables de briser tes sortilèges, mais l’existence t’aura à raison appris à être prudent.
Mais la berge vous accueille souriante de reflets d’une eau à la fois ravivée par le Printemps et rendue glaciale par la fonte toute récente. En plein milieu d’une des incroyables transition dont est capable l’élément de l’Inconstante. Laisser fondre la carapace et te dévoiler, comme la rivière quand est passé le temps des engelures, voilà de quoi il est question, et tu ne perds pas grand temps avant d’entrer dans le vif du sujet.

- Tu te rappelles Halya, à Eraïson un sourire mélancolique te tranche la face comme j’ai pris du temps avant de revenir te voir. Et machinalement, tu perds tes doigts en des arabesques façonnant quelques gerbes d’eau dérobées au lac en ta propre silhouette incertaine d’antan Tu sais comme je m’en suis voulu de ne pas être venu plus tôt, mais je n’ai jamais pris le temps de réellement t’expliquer pourquoi je ne suis pas venu plus tôt. Mon rétablissement physique était une excuse pratique. Tu soupires Mais la réalité est que tu n’es pas la seule à qui Eraïson a rappelé de vieux cauchemars.

Tu te cramponnes sur tes appuis, et Ilweran quitte instantanément ton épaule. Trois gestes, toujours les mêmes, et les trois fées prennent vie. Et finalement tu relâches ta détente, bondit une première fois, et à partir de là te laisse aller à des séries d’acrobaties, très aériennes pour certaines, au ras du sol pour d’autre, extrêmement graciles pour certaines, purement en force pour d’autres, et ainsi ta magie s’exprime entièrement. Sous les commandes conjuguées de ton corps et des fées, d’impressionnantes langues de flammes s’ourlent autour de rubans d’eau vive. Des congres aqueux enserrent le vide, le piégeant jusqu’à ce que viennent s’en saisir les serres d’un oiseau de feu, et quand tu te retournes vers ce qui était peu avant ton angle mort, un serpent de métal s’extirpe du sol comme un poisson bondissant hors de l’eau, claque ses immenses mâchoires dentues l’une contre l’autre et replonge pour disparaître là d’où il venait, ne laissant pour trace de son passage que quelques cristaux diamantins flottant dans l’air. Tes mains se rejoignent finalement, et tout le cortège en fait de même. Les gerbes de feu à nouveau faits fée ardente. Les serpents d’eau à nouveau faits Ondine. Les cristaux de roche à nouveau faits pierres ailées. Et puis tes bras s’écartaient, pour que tes mains ne puissent que mieux s’écraser l’une contre l’autre, que les trois demoiselles ailées ne se décomposent pour mieux s’assembler. L’eau et le feu faits un plasma de vapeurs ardentes, nourri par la terre qui brûlait en leur cœur. La grande fée de ton affrontement contre le mage Sombre, elle n’était que cela au final. Un sortilège qui maintenant à peine deux ans après te paraissait bien trivial.

Le mouvement prit brusquement fin. La Grande Fée disparut sans laisser plus de traces que les quelques cailloux remués par ton appel de la terre. Ton regard se porta ensuite sur Halyalindë avec un sérieux sans équivoque.

- J’ai chassé pour vivre longtemps avant de prendre part à Eraïson, et oui, l’enseignement des guerriers de la Lin’Serindë m’a beaucoup appris tu baisses les yeux un instant Mais je n’étais pas un mage de guerre pour autant. Tu veux me dire que tu n’as pas été étonnée une seule seconde de voir l’aisance avec laquelle s’exprimait mon Art sur le Champ de Bataille ? Du fait que j’aie pu ne serait-ce que tenir tête à ce monstre de mage Noirelfe le temps que vous arriviez à mon aide ? tu souris à nouveau, te rappelant de mots qu’elle prononçât il y a deux ans de cela, lorsqu’enfin vous vous étiez présentés J’ai vécu mon pesant d’affrontements avant Eraïson. Pas de véritables guerres non. Une lutte pour ma vie. Eraïson m’a rappelé les sentiments qui m’ont poussé à traverser l’Aduram. Je les ai combattus pour toi, et j’ai espéré que l’Anaëh m’en préserverait une larme vient s’échouer sur ta joue droite, sans pour autant que ta parole ne s’en trouve le moins du monde affectée mais il faut croire que j’en avais besoin. La Mère m'y a appelé Halyalindë. Je suis retourné en Aduram. Tu laisses passer un court instant de silence, séchant ton œil au passage Et appelle-moi fou si tu veux, mais cette fois, j’ai pu en entendre les Voix. Distinctement. Comme j’entends la Symphonie. Et… je me suis senti compris.

Tu t’assieds au sol, jambes croisées, prenant Ilweran contre toi, presque comme un témoin de l’affection dont tu es encore capable.

- Que ça ait été la toute première fois ou il y a deux ans… tu connais mon tempérament. Tu soupires Et bien ce n’en a jamais été que la surface. Avec le temps, je m’étais construit un certain talent pour me réduire au silence ; et bien je n’en ai plus l’énergie. Eraïson, et tout ce qui en a découlé… tout ça m’a rappelé que ce sont ces pulsions une part de ce qui me définit et une grande part de ma force. Tu ris Les militaires comme les scolastiques sont bien heureux de disposer de ce que j'ai pu écrire comme thèse sur l'histoire et la société Sombre après tout.

Et quittant l'autrefois douloureux souvenir de l'ingratitude de tes pairs devant la quantité de savoirs nouveaux que tes voyages avaient pu leur rapporter, c’est en toute conscience que tu prononçais les mots suivants.

- Ce n’est qu’ainsi que je suis complet. Ce que m’a donné l’Aduram est une part de moi comme l’ancien Linoïn est toujours une part d’Anaëh, et ils sont nombreux ceux qui comme moi ont tellement voulu le diaboliser qu’ils en ont perdu une part importante d’eux-mêmes. L’Aduram n’est ni ce que nous sommes ni ce que nous devons faire attention à ne pas devenir. Il est juste… l’entropie nécessaire à l’équilibre, je me retrouve dans cette entropie, dans le mouvement. Et je sais, certainement mieux qui quiconque, comme l’entropie peut être dangereuse ; mais c’est important pour moi malgré tout, que tu puisses continuer de me voir comme étant quelqu’un sur qui tu pourras toujours t’appuyer. Je t’aime comme ma fille Halyalindë, et ça, quoi que tu décides d'en croire, la Dissonance ne peut que plus m’en convaincre.

Car si tu es né de nouveau, c’est pour mieux être toi-même, sous ta forme la plus pure. Si tu as été refait par les Voix de la Symphonie et de la Dissonance de concert, c’est parce que l’œuvre a un intérêt à cultiver tes pulsions profondes. Si Mëlien t’as fait sien, c’est parce que tu possèdes cette énergie, et que tu te dois de la mettre au service de La Mère, peu importe ce qu’il en coûte, car la récompense en vaudra la chandelle.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mar 2 Jan 2018 - 17:58


Les yeux d'Halya s'écarquillèrent lorsque de quelques gestes, Estiam suspendit un chemin de roche pour leur permettre de gagner la rive au dessus du mur de pierre. Il était pour le moins extravagant. Elle secoua la tête amusée, et sauta sans une hésitation de marque en marche sous les yeux atterrés des pensionnaires. Du coin de l’œil, elle aperçu même Meriadim sortir du bâtiment pour se figer sur le seuil.

C'est avec un plaisir enfantin qu'elle sauta de pavé en pavé. Le vide de plusieurs mètre au-dessous d'elle lui rappelait le tombeau d'Anadris. Elle avait hâte de pouvoir y retourner mais en attendant, c'était une escapade plus que bienvenue. Si ses médecins avaient su de quoi leur hôte était capable, ils n'auraient jamais acceptés de le laisser rester sans eux ! Elle imagina un instant leurs visages atterrés, mit pied à terre au bord de l'eau et en profita à pour s'étirer le dos.

- Tu sais, tu aurais pu tout simplement me demander le chemin. Il y avait aussi une porte.


La voix de la dame était amusée mais son visage rayonnant en disait long sur le bien que lui avait fait cette simple transgression. Tout cela tranchait avec leurs dernières entrevues à Eraison. Comme toujours sa Mémoire réapparaissait à un moment clef de sa vie après suffisamment de temps pour lui laisser l'occasion de digérer leur dernière rencontre. Elle ne lui en voulait plus pour les mouroirs. Elle lui était seulement reconnaissante de l'avoir cru à ce moment là, inconsciente de toute la zone d'ombre qui entourait ses actes d'alors.

Aujourd'hui, il revenait la voir dans une autre prison. Une prison qu'elle avait choisi et dont elle n'éprouvait pas le moindre regret à enfreindre les règles les plus contraignantes. Pourtant, lui, il semblait toujours hanté par la bataille qu'ils avaient menés et gagné ensemble pour un prix ridiculement élevé. Il ne perdit pas un instant en badinage, commençant à raconter tout ce qui lui pesait visiblement sur le cœur. Ce qu'ils avaient tout deux vécu à Eraison était inimaginable pour quelqu'un d'autre. Plus encore qu'avec Neraën, elle partageait cela avec lui. Mais qu'il en ai gardé tant de regret... Ou était-ce de la peur ? Une simple appréhension ? Dans tous les cas, cela lui paraissait étonnant. Elle ouvrait la bouche pour lui répondre lorsque ses mouvements s'accélérèrent soudain.

D'instinct, elle était descendue sur ses appuis, mais le spectacle qu'elle avait sous les yeux était fascinant. Sans raison apparente, le demi-noss se laissait allé à une démonstration de magie. Le spectacle aussi naturel que puissant lui faisait pensé à la façon de danser de Linandil. Brutale, précise et souple à la fois. Lorsqu'une grande fée, semblable à ce qu'elle avait vu à Eraison se forma entre les épaisses mains du mage, Halya fronça les sourcils. Il semblait y prêter une attention si mince. Cela ne représentait plus pour lui qu'un acte mineur... et de ce simple fait, elle commençait à mesurer l'étendue du changement qui s’opérait en lui.

- Quoi qu'il se soit passé, l'important est que nous n'ayons pas laissé ces cauchemars nous briser. Sourit-elle avec conviction tandis qu'il se redressait.

Peut-être n'aurait-elle pas dû. Les iris claires du voyageur foudroyèrent son vis à vis avec une intensité supérieure à tout ce que recelait sa mémoire.

-Tu veux me dire que tu n’as pas été étonnée une seule seconde de voir l’aisance avec laquelle s’exprimait mon Art sur le Champ de Bataille ? Du fait que j’aie pu ne serait-ce que tenir tête à ce monstre de mage Noirelfe le temps que vous arriviez à mon aide ?
-Je ne suis pas une mage. " Répondit-elle simplement, ne trouvant rien de plus tant cela semblait avoir une incompréhensible importance pour son compagnon.

… Mais la suite lui glaça les sangs. Il était retourné en Aduram... Il s'était senti compris pas elle ? Comment... Comment pouvait-on se sentir compris par ces pleures et ces hurlements abominables ? Elle se prit soudain à scruter les tréfonds des pupilles qui s'étaient vrillées sur elle un instant plus tôt. Que lui était-il arrivé ?...

Dans le silence et l'incompréhension, il se détourna pour s'asseoir face à la Rêveuse. Elle resta debout, tentant de démêler les émotions qui lui traversait le cœur. L'écoulement de l'eau calme bruissait avec la même constance que les feuilles. Dans leur dos, le cloître ronronnait paisiblement.

Elle ne comprenait pas... Mais surtout, c'était la violence avec laquelle son cœur s'était serré qui la gênait elle-même. Au nom d'Aduram, elle avait eu comme un haut le cœur. Ce n'était pourtant pas bien grave. Au contraire. S'il se sentait plus en harmonie avec l'Aduram qu'avec l'Anaëh, il n'avait pas besoin qu'on alourdisse le fardeau qui pesait sur son son esprit. Elle avait commis des actes que l'Aduram aurait put revendiquer sans honte et pourtant il ne l'avait jamais jugé lui. Être projeté de la place d'accusée a celle de juge était bien étrange.

Elle avait à peine identifié ce premier travers qu'il reprenait d'une voix lente. Expliquant à demi mots des croyance et des sentiments si profonds qu'elle sentait ne pouvoir qu'en effleurer l'importance. Qu'il lui ait fallut des trésors de sagesses ou des trésors de folies pour en arriver où il était aujourd'hui, il semblait profondément affecté parce que qu'il lui contait. Elle ne savait pas ce que l'Aduram lui avait donné et elle ne savait pas ce qu'il pouvait bien sous-entendre par entropie, mais devoir rassembler des morceaux de vies contradictoires au sein d'un seul être complet, elle comprenait parfaitement.

Alors lui aussi était un vitrail. C'était une découverte et pourtant l'évidence même. A la fois Noss et Citadin, guerrier et mage. L'homme qu'elle voyait depuis toujours comme un guérisseur semblait aujourd'hui muté en un prédateur de talent.

A la fin de la diatribe de l'elfe aux allures sauvages, une main aux longs doigts couturés de cicatrices se posa sur son épaule. Sans ménagement, elle s'y appuya pour s'asseoir à côté de lui avec un soupire avant de remettre une mèche derrière son oreille.

- Merci, Estiam." Elle ne pouvait pas dire que le sentiment était réciproque car la filiation qu'il ressentait n'avait jamais eu de sens à ses yeux. Il était d'avantage une partie d'elle-même qu'un membre de sa famille. " Mais je ne comprends pas vraiment pourquoi mettre tant d'empressement et de passion pour m'annoncer tout ça. " Elle pencha la tête en un simulacre de hochement. " Certes, je ne peux pas dire que je trouve l'idée que tu te complaise dans la Dissonance particulièrement rassurante, mais si tu y trouves de quoi t’apaiser et que tu as réussit à te forger un équilibre ainsi, soit. Je suis assez mal placée pour juger des habitudes des uns et des autres, tu ne crois pas ? " Sourit-elle, hésitant entre le sérieux et la dérision.

Elle tourna de nouveau les yeux vers l'onde, pensive.

-Du coup tout cela m'inquiète tout de même un peu. L'entropie. L'Aduram. Ce sont des mots. " Elle se pencha en avant pour effleurer la surface du bout des doigts avant de tourner de nouveau la tête vers lui. De sa propre expérience, plus que les mots et les pensées, les actes seuls permettaient de comprendre ce que traversait une personne. " Qu'as-tu fais pour que tu imagines avoir besoin de me rappeler ton affection ?

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mar 2 Jan 2018 - 20:48

C’était l’une, sinon la chose que tu admirais le plus chez elle. Halyalindë malgré les convenances qui incombaient à ses anciens statuts, qu’il s’agisse de celui d’Aigle ou de Protectrice, avait toujours su laisser à ses passions l’espace de s’exprimer. Halyalindë suivait ses instincts et l’assumait pleinement, quelle que fut la situation dans laquelle ils aient pu la mener. Par plusieurs fois elle s’était retrouvée à faire face à de délicates situations de sa propre initiative, mais d’elle il émanait quelque chose d’entier, manquant chez beaucoup de tes pairs. Autrefois manquant chez toi. Elle aussi avait été une chose et son contraire, et c’est l’une des raisons pour lesquelles tu plaçais autant de foi en elle pour te comprendre. C’est aussi la raison pour laquelle le rejet de sa part t’aurait certainement été aussi douloureux que s’il était venu de tes parents. Mais l’appréhension était passée maintenant.

- Mëlien me suit de près. Il suffit de fermer les yeux et d’écouter la rivière pour l’entendre. tu te tournes un instant vers Halyalindë, encore moitié souriante de sa moitié de plaisanterie Je voulais que tu entendes tout ça de moi plutôt que d’elle, voilà tout. On ne juge jamais correctement de maux que l’on ne connaît pas.

Vos deux visages retournent à la contemplation de la Rêveuse, coulant à aussi grand flots que vos pensées. L’entropie, l’équilibre, la Dissonance, de bien grands mots, pour de bien vagues notions. Des notions dont le sens coule de source pour toi, mais que d’autres comprendraient certainement autrement sans pourtant avoir tort. Seuls les Cinq peuvent se targuer d’en savoir la vérité absolue, tandis que vous vous contentiez des inquiétudes que véhicule l’inconnu.

- Crois-moi, si je n’étais pas aussi en paix avec moi-même, pour ce que j’en ai effrayés rien qu’à prononcer ces mots, j’aurais reconsidéré ma propre existence en tant qu’enfant de la Mère. Tu ris doucement Les elfes dans la Dissonance voient la rage et la peine, mais jamais la passion et la résilience. Je te mentirais en te disant que les émotions que véhicule la Dissonance ne sont pas dangereusement excessives, mais elles sont vitales, et elles peuvent même être… bonnes. J’avais peur qu’en me sachant l’ayant embrassée, tu ne me penses plus capable de rien de "bon".

Mais c’est vrai, tu as dernièrement au moins autant agi que tu n’as parlé, et c’est là quelque chose d’autre que tu souhaitais lui confier.

- Mais si tu veux savoir ce que j’ai bien pu faire, alors j’imagine que le nom de Ruthwentë n’est pas encore arrivé jusqu’à Ardamir. Tu souffles Je termine ce que nous avons commencé à Eraïson Halya. Je rassemble les clans pour terminer de reprendre Anaëh. Et bientôt l’Annon retrouvera sa voix. Tu lèves les yeux vers le ciel, pensif Mais je dois bien t’avouer que Yutar est le moindre de mes soucis. Yutar tombera et les Drows reculeront hors d’Anaëh, ce n’est qu’une question d’ennéades. C’est l’Ouest qui m’inquiète le plus. Tu claques la langue, légèrement agacé à l’idée que trop peu n'acceptent de comprendre tes motivations Les terres regagnées par les Chants depuis le Voile s’étalent bien plus loin que l’on ne l’imagine à l’intérieur des frontières. Elle est fébrile, certes, mais la Symphonie s’étend jusqu’à l’orée des terres humaines. Tu te souviens du dégoût que tu m’as raconté les autres civilisations t’avoir inspiré. Je ne veux pas de ça pour nos frères nouveau-nés.

Tes mains se perdent à caresser les écailles encore parfaitement lisses du dragon-fae, alors que ton esprit se laisse aller à conjecturer le millier de scénarios possibles après une rencontre entre elfes et hommes.

- Les Arïn les plus proches de nos frontières sont de petites gens, des éleveurs, des paysans, des gens des campagnes. Ils possèdent le Souffle comme nous, je suis certain qu’à défaut de pouvoir leur inculquer le même respect que nous pour la forêt, nous pourrions leur apprendre à vivre avec, à en tirer ce dont ils ont besoin pour vivre sans la détruire… tu fronces les sourcils mais il est hors de question de laisser l’Anaëh livrée à elle-même devant eux.

Restait simplement avant d’espérer que la Péninsule soit réceptive, avant d’espérer convaincre les gens des villages de se libérer du pouvoir qu’a sur eux l’argent de leurs Seigneurs, avant d’espérer provoquer une révolution digne de ton titre de Ruthwentë, à espérer que d’autres parmi les tiens croient en cette idée folle… ou soient prêts à salir leurs mains pour instaurer la paix par la force.


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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mar 2 Jan 2018 - 23:44


Rien de bon... Comment quelqu'un pouvait n'être plus capable de rien de bon ? Même le plus extrême des mortels pouvait faire preuve de bonté. Certes il ne faisait pas forcément exprès, mais cela pouvait toujours arriver. La vie avait l'art et la manière de resservir les plats et de laisser les portes les plus improbables ouvertes. De plus, Estiam n'en était pas là, loin s'en fallait d'après ce qu'Halya voyait, sentait et entendait.

Plus que l'idée de reprendre l'Annon ou de se tourner du côté des terres humaines, c'était celle de considérer la haine, la rage et la peine comme vitales qui posait problème à l'elfe qu'elle était. Cette posture ne lui était pas étrangère. Plus que les drows, qui ne vivaient que par ces principes, elle trouvait dans le discours d'Estiam l'esprit de mots entendus et soutenus par quelqu'un d'autre qui lui avait été cher. Kaelan. L'idée selon laquelle toutes les émotions étaient vitales et ne pouvaient être qu'exprimées et ressenties était fondamentalement humaine. Et cette façon de penser permettait d'expliquer le pire comme le meilleur de ce peuple volage et belliqueux. La passion était le cœur de leur bienveillance et le cœur de leur monstruosité, entretenant un cercle de violence sans fin, le même cercle que les sylvains devaient aujourd'hui cassé avant de s'y laisser sombrer définitivement.

Peut-être n'aurait-elle pas penser ainsi avant ces deux derniers mois de réflexion, mais si la société Sylvaine devait progressivement se transformer à l'aulne de celle des humain, alors elle préférait encore raser les cités et forcer son peuple à reformer leurs clans. Leur utopie d'entraide et de paix n'était possible à maintenir qu'avec un effort et une attention constante.

… mais Estiam fédérait les clans. Ils apportait la concorde par un ennemis commun. Était-ce un bien ou une monstruosité ? Il disait clairement que son but était la guerre. A l'extérieur d'Anaëh. Aux limites d'Anaëh. Repousser. Changer. Transformer. Et détruire si nécessaire.

- Alors tu es devenu un chef de guerre... constata-t-elle en prenant toute la dimension de ce qu'il racontait toujours à demi mot. En t'écoutant j'ai l'impression que l'Anaëh est plus importante pour toi que tout être vivant, homme, femme enfant, de quelque race ou de quelque culture que ce soit. Je me trompe ?

Cela pouvait sembler presque dérisoire de comprendre pourquoi il agissait ainsi, non la cause, mais le but qu'il poursuivait. Aux yeux de l'ancienne Aigle, c'était pourtant primordial. Pour qu'une mission soit menée à bien, il fallait avant tout que son ordre, son but, soit d'une clarté parfaite... Et une fois mis en lumière, cet ordre montrait parfois de curieuses ombres qui méritaient d'être examinées de plus près.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mer 3 Jan 2018 - 1:54

Un chef de guerre… pas exactement. Un symbole, une forme de bannière plutôt. Tu rassemblais, tu unissais, mais tu ne dirigeais pas. Tu es le porte-parole des Frères, celui qui annonce la mission plutôt que celui qui guidera tout du long. Bien sûr, tu as tes idées quant à la manière, car qui oserait emmener ses comparses sans envisager la moindre ébauche de stratégie. Un chef de guerre, tu pourrais en devenir un, mais tu ne te revendiqueras l’être qu’au jour où les clans te l’auront expressément demandé. En attendant, tu ris de bon cœur. Non pas que tu aies trouvé la question de l’ancienne Aigle ridicule, mais parce qu’elle prouvait encore une fois que ce qui faisait du sens pour toi ne le faisait pas forcément pour d’autres, et vice-versa.

- J’aurais aimé pouvoir te répondre par oui ou non, juste pour l’effet dramatique, mais Oloriël, tu viens chercher son menton de tes doigts et tes yeux brillants plongent dans les siens qu’est-ce que "l’Anaëh" à tes yeux ? Des frontières sur une carte ? Une forêt ? ton sourire est paisible, à en faire presque oublier à quel point ce que tu dis peut être dur Ce que j’appelle l’Anaëh, moi, ce sont justement des êtres vivants, végétaux, animaux, hommes, femmes, enfants, et une culture : celle qui autorise la coexistence de tous ces êtres vivants dans l’harmonie qui nous permet de convoiter l’éternité. Alors oui, certes, elle n’est pas parfaite, mais je place l’Anaëh au-dessus de tout, parce qu’elle reste le moins destructeur de tous les schémas que j’aie connu en presque un Cycle. Tu arraches ton regard au sien pour à ton tour te baisser vers l’eau et y tracer quelques arabesques Immortels ou éphémères, peu m’importent la race ou l’espèce des créatures appartenant à l’Anaëh, tant qu’elles ne menacent pas son équilibre.

Traçant de complexes arabesques de tes doigts, tu soulèves la surface de l’eau devant vous, la sculptant en un millier d’arbres dont les racines avancent lentement mais sûrement.

- L’Anaëh, la forêt du moins, avance vers les Mortels, et reprend un peu de sa place d’autrefois. Autant qu’un appel à rapprocher les deux faces de notre peuple, en tant qu’elfe ayant connu l’étranger, j’y vois un rappel de la grandeur et de la beauté de notre univers, et une opportunité pour nous soit de le faire découvrir à ceux qui nous entourent, de leur apprendre qu’aussi courte soit leur vie, leur descendants méritent que demain soit aussi beau qu’hier… des silhouettes, visiblement humaines, quittent ce qui semblait être un bonheur inconditionnel pour une attitude agressive, trouvant son paroxysme lorsque de leur petites mains se firent des haches soit de les forcer à reculer, qu’ils laissent place à une spirale dont le trait ne s’affine pas visiblement à chaque boucle. et alors les racines au lieu d’avancer paisiblement se firent des dards, qui transpercèrent chacun des porteurs de haches, jusqu’à ce que la paix ne revienne Et j’imagine que tu me demanderas où est la place de l’Aduram et de ses excès dans cette Anaëh en harmonie parfaite… et bien tu as raison, elle n’y a pas sa place. Mais dans un monde comme le nôtre, où nous faisons face à des peuples destructeurs, alors l’exemple de résilience qu’est l’Aduram a tout son sens. Réfléchis-y ne serait-ce qu’un instant… en voyant la manière dont les Arïn exploitent leur terre, nous pouvons affirmer avec certitude qu’un jour, ils l’auront épuisé, et que fatalement, la vie s’éteindra sur leur sol. Qui peut en dire de même pour l’Aduram ? L’Aduram est certes violente, mais elle crée autant… voir plus même qu’elle ne détruit. Elle est sanguinaire, mais pas destructrice. Elle est un mal pour un bien. Tu marques une pause, réfléchissant un instant Comme… comme une Institution martiale. Elle cultive l’idée de l’affrontement chez une minorité pour préserver le reste du corps des agressions. Tu soupires, ton visage se tordant d’un sourire en coin Le souci est juste qu’à réactions d’échelles différentes, accidents d’échelles différentes. Tu en sais quelque chose, n’est-ce pas ?

Et comme pour ponctuer tes derniers mots, quelques notes fusèrent à travers la Symphonie d’Ardamir, alors que dans l’eau, face à vous, fusait et disparaissait aussitôt une immense forme trouble, une dont ta magie n’était pas à l’origine.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mer 3 Jan 2018 - 21:30



L'Anaëh... Elle en avait une vision si précise qu'elle n'avait même pas pensé à la définir. Et d'un coup, elle se rendait compte de l'exercice qu'elle demandait à son visiteur. Elle sourit de plus belle, un regard leur suffisant pour comprendre les prises de consciences de l'autre malgré la difficultés qu'ils pouvaient éprouver à mettre des mots dessus.

Quoi que la complexité s'estompait au gré des questions et des réponses. Il n'avait suffit que de quelques phrases de la part d'Estiam pour qu'Halya arrive a mettre enfin le doit sur ce qui la chiffonnait dans tout ce résonnement.

- Alors l'Anaëh continue de s'étendre...

Oui, elle était fondamentalement d'accord sur le fait qu'une juste colère pouvait avoir des aspects positifs et qu'elle permettait de mobiliser ce dont les elfes avaient besoin pour protéger leur peuple et leur Soeur. Oui, elle pouvait entendre que démarcher les populations hors Anaëh pour transmettre et expliquer leur propre mode de vie était une intention louable et même d'une infinie générosité. Mais l'ensemble des actes que le demi-sang décrivaient reposaient sur deux bases terribles...

- Tu oublies la première voie Estiam. » Le nez froncé, elle secoua la tête pour préciser sa penser. « Enfin je n'aime pas ton interprétation. L'interdépendance et l'égalité de toute vie ne s'arrête pas aux limites d'Anaëh. » Son regard d'émeraude était on ne pouvait plus sérieux. « Toi, si tu ne parviens pas à convaincre, tu dis être prêt à prendre les armes contre des populations entières. Oui, l'échelle est importante. Tu ériges la façon de vivre que tu estimes la meilleure en seule voie possible. Tu nous donnes plus d'importance qu'à ceux qui vivent différemment en souhaitant les contraindre à penser comme toi. Je n'aime pas la façon de vivre des humains, mais elle correspond à leur façon d'aborder le monde. Leur courte vie et leurs émotions moins vives leur permettent d'expérimenter les choses différemment sans crainte de se briser. Voir leur évolution nous a apprit beaucoup même si à cause de notre faiblesse, ils nous ont également beaucoup pris. De quel droit nous poserions nous en être supérieur après dix cycle d'un équilibre enseigné par notre Mère ? »

Son interprétation de la première Voie laissait le champ libre à toutes les atrocités. Sur le long terme, cela pouvait devenir tellement extrême... Mais un fait était tout aussi alarmant. Pour la première fois, elle entendait explicitement dire que la Forêt d'Anaëh continuait à s'étendre. Les yeux rivés sur les racines d'eau grignotant le vite, Halya avait tenté d'en prendre toute la mesure, se souvenant des inquiétudes qui avaient déjà été les siennes lors de l'épisode des bûcherons. A l'époque, elle s'était tenu informé des débats et des actes diplomatiques mais n'y avait pas participé directement. Daranovar et ses armes avait prit les devant. Les Ardamiris, eux, s'étaient abîmés en conjectures plus vastes et plus visionnaires les uns que les autres. Si ce qu'ils avaient pris pour un sursaut temporaire n'en était pas un alors des nuages sacrément lourds se profilaient à l'horizon... Mais Aduram...

-Aduram n'est pas un mal pour un bien. Elle souffre et elle fait souffrir. Je continue à la voir comme un avertissement. Elle n'a rien préservé. Elle ne nous a rien offert si ce n'est le fait de ne pouvoir fermer les yeux sur ce que nous avons perdu. Anaëh contient déjà la faim, la colère et la peur que tu semble chercher de façon assez mesurée pour mobiliser nos forces. L'Aduram est extrême en tout. C'est précisément ce qui la rend dangereuse, et c'est cela que les Daedhels ont au cœur.

Elle avait osé le dire mais sans aucune animosité. Elle était aussi convaincue de ses dires que son interlocuteur. Elle ne cherchait pas à le faire changer d'avis mais à lui expliquer son propre raisonnement et la raison de ce qu'elle lui conterait par la suite et qu'elle espérait le voir comprendre.

-Les idées que tu m'as décrites : reprendre Yutar et tenter d'expliquer aux mortels un mode de vie plus sain, tout ça est louable. Et à mon sens, l'un est un passage nécessaire et l'autre la marque d'une grande générosité. » Elle s'appuya sur ses mains en arrière avant de se pencher de nouveau pour délasser ses chaussures. « Je n'ai jamais été une grande visionnaire. Le long terme est trouble alors que nous avons déjà beaucoup de choses à faire aujourd'hui. Alors tu imagine bien que ce que tu proposes dans les fait pourrait me combler hors de toutes les raisons idéologiques qui t'ont menées à ça. Mais il y a des principes auxquels je me tiens. » Une chaussure céda pour être victorieusement posée un peu plus loin tandis que des doigts s'attaquaient à la seconde avec concentration. « Anaëh a besoin de nous pour assurer sa protection face aux autres races libres et nous avons besoin d'elle pour assurer notre survie. C'est un équilibre que nous avons toujours respecter et qui tient du devoir. Un devoir dans lequel nous n'avons pas excellé ces dernières décennies. Il faut que nous trouvions un moyen de la protéger réellement et pas seulement de limiter sa destruction. Je suis tout a fait d'accord. Mais une expansion à long terme pose des problèmes que nous n'avons jamais envisagés. Ce principe même rompt l'équilibre de toute notre société. »

La seconde chaussure rejoint sa jumelle et l'elfe laissa aller ses pieds nus dans l'eau froide, détrempant au passage une bonne partie de ses braies avec un sourire d'appréciation silencieuse avant de se tourner à nouveau vers Estiam.

-Est-ce de notre devoir de suivre aveuglément les mouvements de l'Anaëh alors que la Mère a toujours prôné l'équilibre et à laisser de la place pour que chaque peuple vive selon sa propre voie ? » elle leva une main « Est-ce une volonté de guerre de la part des dieux ou une simple permission pour notre peuple de se mêler sans gêne aux autres ? » Elle leva la seconde main « Est-ce que notre Libre Choix ne nous intime pas de faire ce que nous pensons être le bien en conscience comme Elle et l'Amant nous ont permis de le faire ? » Les doigts de la dame passèrent dans ses cheveux roux, dévoilant la mèche blanche qui ne l'avait pas quitté depuis Eraison. « Honnêtement, je n'ai pas de réponse mais ce sera également le cas de chaque elfe vivant sous les frondaisons d'Anaëh. Des groupes finiront forcément par prendre parti, comme toi, et leurs objectifs ne seront pas les même, ça c'est une certitude. Dans ces condition, la moindre pensée extrême peu mettre le feu aux poudres. Si la tolérance et l'écoute se brise, cela pourrait finir en bain de sang. »

Ceux qui voudraient suivre les nouvelles frontières pour purifier les nouvelles terres immortelles.
Ceux qui en profiteraient pour se mêler aux autres populations, le voyage étant de nouveau permis par la présence de la Symphonie.
Ceux qui voudraient maintenir un sanctuaire réservé aux Sylvain et laisser la Symphonie s'adapter aux cultures et aux embûches rencontrées à l'extérieur.
Ceux qui voudraient empêcher tout elfe de quitter l’abri de leurs terres par peur de contaminer un mode de pensé ancestral.

Les fractures pourraient être aussi innombrables que les Noss qui évoluaient sous les frondaisons et les raisons d'affrontement sanglant tout aussi nombreux. Quand se souviendrait-on de l'essence des Voies à ce moment là ?

-C'est en ça que je trouve ton raisonnement dangereux. Tu proposes de bonnes choses au nom d'un idéal destructeur car extrême. Dans le font, tu accepterais de tuer des civiles à l'extérieur comme à l'intérieur d'Anaëh s'ils menaçaient ce que tu considère comme l'équilibre qui doit prévaloir.  Que ce soit moi, un enfant ou un soldat inconnu." elle soutint le regard du Noss, encore une fois consciente d'avoir mis les pieds dans le plat. " L'Interdépendance, la Mesure, la Bienveillance et l'Instinct... Lorsque des interprétations extrêmes s'emparent des Voies, on peut leur faire dire tout et leur contraire." Un sillon inquiet se dessinait sur le front de l'Ardamiri. " Tu devrais te méfier des idées trop arrêtées. Il faut être fou pour penser pouvoir percer à coup sûr les volontés divines et ne voir l’expansion de l'Anaëh que comme une occasion de partir en guerre est réducteur. S'il y a bien une chose que j'ai appris, c'est qu'on est jamais aussi loin de la vérité que lorsqu'on est certain de l'avoir trouvée... Surtout que je ne suis pas certaine que tous ceux que tu as essayé de convaincre aient eu la version intégrale des origines de ton plan, je me trompe ? »

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Jeu 4 Jan 2018 - 3:28

Rares sont les elfes ayant échangé aussi ouvertement avec toi depuis ton retour d'Aduram. Ils sont peu, ceux ayant accepté d'entendre ton idéologie jusqu'au bout, et ils sont encore moins nombreux ceux ayant pris la peine de la réfuter. Par manque d'arguments peut-être, ou par défaitisme. Nombreux sont les personnes se refusant à s'engager dans des combats dont elles sont peu sûres de ressortir vainqueur, et tenter de te convaincre était de ces combats. Peut-être aussi étaient-ils beaucoup au départ à avoir pris peur, de ce que tu représentais, de ce que tu étais, du danger potentiel que tu représentais. Un vieux mage sorti d'Aduram, favori de la Folle. Ensuite deux méfiants auraient partagé leurs sentiments, et d'autres auraient joint leurs rang, jusqu'à ce que ceux qui acceptent de te prêter leur soutien ne le fassent plus que par mimétisme devant le nombre. Peut-être avait-on accepté de te suivre par complaisance plutôt que par conviction. Ce que beaucoup ne s'osaient pas à tenter, tu leur permettais de l'entrevoir en toute impunité, mais si ton entreprise s'avérait mal tourner, alors tu serais le seul fou, le seul elfe à abattre.

Si les choses se passaient mal, alors on insisterait comme quoi tu ne fus jamais un mal pour un bien, simplement un chef de guerre souffreteux partageant sa peine. Un mage fou cherchant colère et peut là où il n'en avait pas besoin. En réduisant l'Aduram à l'horreur de ses origines, aux premières notes qu'y entendent l'oreille profane, Halyalindë ne pouvait pas imaginer à quel point elle pouvait te blesser. Parce que tu t'en souviens maintenant, tu t'en souviens parfaitement. Dès la première fois quelque chose dans cet endroit t'avais fasciné. Dès la première fois tu avais trouvé une forme d'esthétisme primal, dans la férocité de ce microcosme en perpétuel changement. Seulement la première fois, toujours bercé des légendes et des assumptions, ton esprit avait refusé d'y succombé, et tu avais fui ces lieux, rejetant tout ce que tu avais pu y voir qui mérite d'être médité.

Aujourd'hui les choses n'étaient plus les même. Aujourd'hui tu entendais mieux. Aujourd'hui ton esprit était assez fort pour percevoir les secrets de ce que d'autres n'appellent qu'un Cri. Aujourd'hui, toi au moins, tu as été capable d'accepter le fait qu'il manque à l'Anaëh de la résilience de la forêt née de Sang plutôt que d'Eau. Il manque à l'Anaëh cette habileté au changement, la mobilité qui rend même les végétaux de l'endroit si effrayants aux intrus. Non tu ne considères pas l'Aduram comme un idéal, parce qu'elle est et restera à jamais une tragédie, un avertissement... mais de tout avertissement n'y a-t-il pas une leçon à tirer ?

- La Dissonance n'est pas la Mère des Sombres. ton regard est sombre, perdu dans le vide, tandis que ta voix malgré sa légèreté semble venue d'un abysse sans fond L'Aduram n'existait même pas lorsque la pensée Daedhelle a pris naissance. Le Linoïn n'était encore qu'un tapis de cendres et de chairs nécrosées lorsque l'exil a eu lieu. Pourquoi accuser la mélodie chantée par une forêt ne s'étant véritablement installée que bien après alors ? tu marques une pause, te donnant le temps de te reprendre Dissonance ou pas, les Drows ne sont les Drows que parce qu'ils ont décidé de ne plus être des elfes. Ce n'est pas la colère, la peur, la haine, ou une quelconque des émotions négatives à laquelle on s'amuse à réduire les "Cris" le plus grand coupable. C'est la solitude. L'abandon. Le sentiment d'avoir été rejeté du tout auquel ils appartenaient. La Cosmogonie que se sont inventés les Drows parle d'une grande trahison bien plus qu'elle ne parle de l'ancienne guerre contre les humains. tu hoquettes, au bord des larmes, avant de reprendre un semblant de contenance Abandonne un elfe à l'Aduram et observe. Peut-être qu'il se battra contre elle à en devenir fou, peut-être acceptera-t-il ce qu'il entend et ne portera de fou que le nom, mais jamais il ne deviendra un Drow, parce qu'Aduram ou pas, un elfe reste un elfe tant que les siens l'acceptent encore en tant que tel. Ce que vous appelez la forêt maudite est un exemple de résilience avant toute autre chose. C'est certainement confortable d'y fermer les yeux, mais oui, l'Aduram a préservé une chose, et la plus importante d'entre toutes : la vie. C'est une survivante, dont les habitants sont réduits à des comportements viscéraux, parce qu'ils sont nés et évoluent dans le seul but de survivre, et pour cette raison, beaucoup de clans, même s'ils la craignent comme la peste, vouent un certain respect à l'Aduram. Et là tu t'emportes à nouveau, discourant avec une véhémence rendue d'autant plus poignante par ton attitude loin d'être agressive C'est d'ailleurs les origines ce respect l'une des grandes différences entre Ornedhels et Taledhels, et la raison pour laquelle j'ai choisi de ne m'adresser qu'aux clans. Si le reste de l'Anaëh possédait encore cette rage de vivre en quantité suffisante, est-ce que tu penses vraiment que les clans auraient eu le temps d'autant souffrir le combat contre les Drows avant que l'armée des Cités ne vienne leur prêter main forte ? Est-ce que tu penses vraiment qu'Eraïson aurait été sacrifiée de la sorte ? Est-ce que tu penses vraiment que les gens d'Ardamir se seraient retrouvés ainsi abandonnés à leur sort lors de la reconquête de leurs propres terres ? Et est-ce que tu penses que mon propre père, avec tout le pouvoir qu'il a entre les mains aurait laissé sa femme et son fils faire face à la mort en se cachant derrière ses Bibliothèques ? Les Taledhels sont en grande partie trop occupés à ignorer les sensations qui devraient les pousser à agir - tellement pour se déculpabiliser ils ont besoin de justifier l'idée diabolisée qu'ils ont décidé de se faire de l'Aduram - pour prendre des décisions en temps et en heure ! Quel poids a donc ce soit disant "avertissement" devant eux dis-moi ?

Ta respiration ralentit, tes yeux se ferment et Ilweran, touché par ton état, par se réfugier contre Halyalindë, se frottant contre elle d'un air à la fois désespéré et accusateur, n'espérant pas réellement plus d'elle qu'une main, un geste, un contact rassurant, pour briser le sentiment de solitude dont le souvenir te chatouillait maintenant la mémoire. Mais tu souffles bruyamment avant cela, concentre ta frustration dans un seul geste, et la laisse littéralement exploser au dessus du lac. Déverser tes émotions dans ton Art, voilà une habitude qui n'avait jamais changé.

- Mais si ça peut te rassurer, quelles que soient les circonstances de leur naissance, je ne considère pas moins les Drows comme un profond danger, pour nous, et probablement pour tout Miradelphia.

Tes yeux se posent sur Ilweran, cpatent les siens, et tu lui souris, t'excuses sans mots auprès de celui qui partage ta magie, avant de l'accueillir à nouveau contre toi. Tu joues avec lui, continuant malgré tout sur ta lancée, dans un ton entièrement apaisé cette fois.

- La guerre n'est aucunement mon souhait, seulement une éventualité à laquelle il faut se préparer. Même en allant face à eux avec toute la bonne volonté du monde, ce n'est pas en une nuit que nous gagnerions les cœurs des humains. Je ne m'attends pas à un miracle, et je n'ai donc aucune raison de m'en prendre à eux s'ils ne s'en prennent pas à nous. Quant à accepter de mettre à mort quelqu'un menaçant l'équilibre... n'est-ce pas ce que nous faisons déjà avec ceux que l'on considère criminels ? Ou même fait semblant de faire de la manière la plus hypocrite qui soit il y a plusieurs Cycles de ça en se débarrassant des elfes du Linoïn ? Aujourd'hui nous devons faire face aux Drows, c'est qu'elles sont bien récompensées, la Mesure et la Bienveillance... tu ris, nerveusement C'est de notre Libre-Arbitre que nous avons décidé de fermer nos portes aux autres peuples, parce qu'ils nous ont blessés par le passé, pas en suivant un quelconque commandement de La Mère. Si la forêt va vers eux, pourquoi ne pas en faire de même ? Je suis aussi convaincu que toi avoir beaucoup à apprendre de la vivacité des éphémères, alors pourquoi ne pas justement profiter d'un contact plus proche ? Que les elfes n'ayant pas de place en leur cœur pour les peuples mortels se tiennent à l'écart d'eux, que ceux au contraire voulant se mêler à eux le fasse, mais que la vie soit respectée et préservée, par tous, je ne demande pas plus. tu lèves les yeux vers Halyalindë, pour reprendre un passage qu'elle t'aura déjà entendu détailler sous bien d'autres coutures Et parfois, pour que la vie soit respectée, il faut accepter de donner la mort, et j'aimerais simplement que tu me croies quand je te dis que lorsque je prononce ces mots, je ne les prononce pas avec l'idée de la distribuer pour un oui pour un non.

Tu te lèves et t'étire un instant, le dragon fae perché sur ton épaule, avant de te rasseoir.

- Les humains resteront toujours des humains, les nains resteront toujours des nains. Je n'oserait demander à personne d'aller contre son essence.

Et tes derniers mots, tu les prononce en souriant, taquinerie ou désarroi, tu ne sais pas, probablement un peu des deux.

- Quant à mon rapport à la Dissonance, il n'est étranger pour personne. Ceux qui te diront le contraire, c'est qu'ils auront choisi de ne pas l'entendre.


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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Sam 6 Jan 2018 - 10:25


-Je n'ai jamais dit que la Dissonance était responsable de l'apparition des drows. J'ai dit qu'ils avaient mes même passions extrêmes au fond du cœur. Et je pense que ce n'est pas en exacerbant ces sentiments déséquilibrés au seins de foules entières qu'on pourra protéger notre forêt. » Elle sourit doucement, approchant d'Ilweran pour une ultime caresse. « Mais je ne demande qu'à me tromper. »

Plus que de l'écouter, il défendait bec et ongle la Dissonnance. Il semblait réellement avoir trouver quelque chose d'important pour lui en Aduram. Mais au lieu de lui répondre sur le plan pratique, il revenait sur des phrases théoriques, de jolis mots vides de réalité. Tout cela n'avait rien pour la rassurer.

D'un autre côté, cela n'avait rien de nouveau. C'était par son incapacité à se rendre compte de la réalité dans laquelle il était prise jusqu'au cou qu'il l'avait ramené à la civilisation. Mais une idée plantait ses crocs de plus en plus profondément dans l'esprit de la dame.

-Dit-moi... Avec ce que tu as compris aujourd'hui, comment se serait passée notre première rencontre ?

Est-ce que le guérisseur avait laissé sa place ou est-ce qu'il avait réellement trouvé un équilibre ?

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Sam 6 Jan 2018 - 16:36

Les mêmes passions... justement non, et c'est ce que tu entendais en disant que l'Aduram n'était pas la mère des Drows. Oui, ils partagent beaucoup des vives émotions de la forêt maudite, mais c'est celle qui n'est que leure la plus puissante. Le désir de vengeance, la conviction profonde, même alors qu'ils sont maintenant un peuple, d'être seuls. Ils sont des prédateurs pour les autres, mais surtout pour eux-même. Tu ne cherches à cultives ce sentiment chez personne, mais peut-être tes manières de théoricien t'auront-elles inspiré un discours qui à celle qui préfère le "faire" aura paru insensé.

Peut-être son ultime question n'était-elle qu'une manière de transformer ce qui semble être chez toi une nouvelle idéologie en un discours et des actes potentiels dont elle déchiffrerait mieux le code.

- À vrai dire je ne sais pas. tu regardes Halyalindë, le questionnement marqué sur ton visage Je ne peux prédire que de ce que j'aurais fait, pas de tes réactions. En imaginant que tu sois un facteur constant, je ne pense pas que grand chose aurait changé en réalité, mais je sais que le moindre changement d'attitude peut entraîner des réponses drastiquement différentes. tes doigts viennent se poser par intermittence contre ton menton alors que tu réfléchis J'aurais dès le départ adopté une position plus agressive devant Randil, peut-être du coup mon sort aurait eu le temps de l'immobiliser avant que tu n'interviennes. À moins que tu ne me mettes à mort sur le champ, je t'aurais par contre défié de la même manière. tu baisses les yeux, quelque peu honteux Et j'aurais été moins hypocrite en te disant qu'il fallait accepter et assumer ton passé pour avancer. Tu soupires Je crois... je pense que quelque part, j'essayais autant de te raisonner toi que de m'accepter moi. Ou peut-être que je voulais juste savoir si tu serais celle qui m'autoriserais à mourir dans la honte.

Plus tu y penses, et plus tu réalises à quel point vos deux histoires, malgré votre différent rapport au temps, et les différentes origines de vos conflits intérieurs, étaient en de nombreux points parallèles.

- En attendant, le fait est que, tu me paraissais troublée, alors j'ai suivi mon instinct, et j'ai fait ce que j'étais convaincu devoir faire ; et je suis encore convaincu avoir bien fait.


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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Dim 7 Jan 2018 - 21:33


- Je confirme. sourit-elle, un peu plus détendue. La condamnation que tu as prononcée à l'époque m'a bien réussie. elle s'étira et se laissa carrément allé sur le dos avec un soupire.

Tout cela... Elle devrait y repenser. Elle avait trouver plusieurs pistes, plusieurs objections, mais elle aurait besoin de plus de temps pour faire le tour de la question. Il ne s'agissait pas seulement de savoir. Il s'agissait aussi d'agir en conséquence. Quelque chose clochait. Elle ne savait pas exactement quoi - ce qui avait le don de l'énerver - mais son instinct restait en alerte et sa gorge n'était pas aussi libre qu'elle l'aurait voulue.

-Je ne comprends pas tout mais un homme bien m'a dit un jour qu'on avait pas besoin de tout comprendre de quelqu'un pour l'aimer.

Le cou tordu de manière à pouvoir regarder Estiam sans avoir à se redresser. Rester simplement là, allongée dans l'herbe, les pieds dans l'eau, à l'extérieur du cloître était un petit bonheur. Certes, il faudrait qu'elle repense à tout ça à tête reposée, mais elle n'avait pas à se focaliser là dessus.

- Très bien. Alors si j'ai saisi le plus gros, tu as trouvé des vérités qui te conviennent en Aduram et tu rassemble des Noss dans le but de reprendre Yutar puis de donner des cours aux populations humaines de Péninsule. Et tu es venu jusqu'ici pour me donner des nouvelles officielles ? Tout cela est purement informatif ?

Elle en doutant mais si c'était le cas, elle aurait tout le loisir de revenir à la charge sur toutes sortes de questions de l'ordre du détail, des couleurs, des sentiments, des idées personnelles loin des apparences formelles que demandaient la lourde tâche de guider d'autres elfes lors d'un projet qui nous dépasse. Il commençait son propre chemin là ou elle pensait réellement en avoir terminer avec cette partie là de sa vie, inconsciente qu'elle était de la réaction et de l'avis de ses compatriotes.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Dim 7 Jan 2018 - 23:26

- Je te l’ai dit, tu m’as manqué, alors tant qu’à passer par Ardamir… mais ce n’était pas tout puis, j’ai pu voir, depuis la reprise d’Eraïson, la déception qui anime toujours les anciens habitants de la Cité et leurs proches. Ardamir en a accueilli beaucoup d’entre eux, alors… quitte à ce qu’une Cité sache maintenant pour Yutar, autant que ce soient ceux qui ont le plus perdu devant les Drows. Les dernières batailles ont été un grand pas, mais je ne suis visiblement pas le seul à penser qu’il nous reste encore à faire, alors si savoir que quelqu’un se bat pour eux peut en consoler quelques-uns. Tu souris Mais je suis convaincu que la nouvelle serait mieux accueillie venant de toi que de moi, alors si tu pouvais me faire cette faveur…

Tu reviendrais vers les Citadins plus tard, lorsque le temps des armes serait terminé, lorsque le temps d’apprendre viendrait. Ils sont peu et ils resteront certainement peu les Ornedhels ayant accepté de te suivre aux limites des frontières de la Symphonie. Ils sont peu, resteront peu, et ne suffiront pas. Les Taledhels, eux, entretenaient pour certains toujours des contacts avec les mortels, qu’il s’agisse de Naélis ou de la Péninsule. Les Taledhels pour la majorité, que ce soit faute de sensibilité à la Symphonie ou à cause du train de vie plus routinier que leur permettaient les murs de leurs forteresses, avaient quelque chose de plus humain. Là où les Ornedhels avaient conservé la résilience, les instincts et la sensibilité en abandonnant l’idée de progrès, à cause de la vision pervertie qu’en représentaient leurs frères de Pierre à leurs yeux, les Taledhels se laissaient plus facilement aller à imaginer, à améliorer, à modifier et à influer… parfois à défaut du souvenir de leur statut d’enfants de Kÿria, et du devenir de leur forêt.
Ce sont les Taledhels à tes yeux qui feraient les meilleurs professeurs, car ce sont eux qui seront le plus à-même d’être empathique des hommes, d’essayer de les comprendre, et de voir de l’avant, même s’il leur fallait faire fi d’une part de leurs idéaux. Comme toi, les Ornedhels tendaient à manquer de patience. Contrairement à toi, les Ornedhels n’avaient pas d’expérience des Terres Mortelles sur laquelle s’appuyer.

- Et je dois bien dire que j’aurais aimé, lorsque viendrait le temps, que tu sois de ceux qui foulent avec moi les Terres Mortelles. Tu fais partie des rares à les avoir connues, et des plus rares encore à avoir aimé là-bas. Tu serais une guide parfaite.

Elle aurait beaucoup à apprendre à tes accompagnateurs, elle qui a connu les hommes. Elle aurait beaucoup à apprendre aux hommes, elle qui a connu et la face la plus sauvage et la face la plus douce non seulement de son peuple, mais de sa personne, et plus que tout, elle est l’un des rares êtres en ce monde à pouvoir te tempérer lorsque ton esprit traverse un moment de faiblesse, elle qui est comme ta fille.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Lun 8 Jan 2018 - 0:21


La demande du Noss ne pouvait faire plus plaisir à l'Ardamirie. Non qu'elle soit particulièrement heureuse de voir quelqu'un prendre les armes mais que dans le cas contraire, elle le lui aurait elle-même demandé. L'idée que quelqu'un verse du sel sur des blessures à vif n'était pas le meilleur moyen d'éviter que des émeutes n'éclatent dans la ville alors si elle pouvait le faire à sa manière, elle aimait autant.

- Je le ferai. Elle ajouta avec un vague mouvement de la main. Quand je sortirai d'ici bien sûr. Mais ne t'attend pas à une mobilisation du jour au lendemain. Beaucoup de gens ici ont souffert et jouer simplement sur leur peur et leur colère pour aller au front sans conscience du danger apporterait plus de pertes inutiles que de force de frappe. Crois-en mon expérience.

Elle le ferait, qu'il n'en doute pas, mais ce serait à ses conditions à elle. Elle se demanda un instant s'il avait déjà eu affaire à son côté entêté, mais si ce n'était pas le cas, il y avait un début à tout. En revanche, la suite la surpris bien plus.

-Moi ? " Elle faillit éclater de rire. " Personne d'autre que toi, mes parents et Fenris ne savent que je suis sortie d'Anaëh. Je ne suis pas un professeur. La façon de vivre des humains m'a dégoutée. J'ai faillit mourir les deux dernières fois que je suis allée en terre mortelle. Je ne connais toujours pas les aboutissant du rituel druidique dont j'ai été l'objet il y a trois ans. J'ai faillit tuer quelqu'un en lui arrachant la gorge à coup de dent sous le regard de dizaines de personnes à Eraison. La moitié de l'Anaëh me crois folle au point de m'enfermer. Je n'ai put empêcher ni Eraison ni Eteniril. Je n'ai jamais su convaincre le Haut Conseil. Et tu veux que je guide les nôtres en Péninsule ? Alors cette fois j'en suis sûre, tu es fou. " Ses deux mains retombèrent sur son ventre, ses yeux verts se perdant dans les multiples étages de la canopée. " Plutôt partir seule à Yutar ou m’enrôler dans les Limiers, comme ma mère. J'y serai plus utile. "

Se battre au moins, elle savait faire et elle aimait ça. Tient. Elle pourrait continuer à le faire à son échelle. Si elle craignait des débordements. Elle pouvait orienter son art ainsi. Au lieu de choisir une idéologie, prendre à garde à ce qu'aucune d'elle ne devienne suffisamment extrême pour s'en prendre à des innocents. Être une force neutre et pouvoir écouter son cœur hors de tout carcan politique... Punir le vilain et protéger l'enfant. Elle aurait aimé ça. Transmettre cette façon franche et sincère de voir le monde et l'appliquer en restant tout simplement elle-même.

Un léger sourire se forma sur ses lèvres dans le silence. Garder le monde des ombres qui le menace. Ou tout simplement expliquer à ceux qui se perdaient en chemin que la peur, la tristesse et la colère n'étaient qu'un début. Le terreau d'une force insoupçonnée. Lorsqu'elle rejoindrait ses ancêtres, Kÿria l'en préserve pour l'instant, elle aurait aimé qu'on se souvienne d'elle comme ça. Juste un peu d'espoir et de bienveillance dans le chaos... Mais c'étaient des rêves bien loin de la réalité complexe qu'ils avaient a affronter. Elle n'avait rien put protéger avec des milliers d'hommes sous ses ordres alors demander à ce qu'on se souvienne d'elle comme autre chose qu'une folle meurtrière. Faire tout simplement ce qu'elle avait envie de faire serait suffisant. Ce qui lui donnait l'impression d'être vivante. Et trouver une place un tant soit peu stable dans ce monde au bras de l'homme qu'elle aimait.

Son sourire se flétrit un peu. Lorsqu'elle repris la parole, sa voix en était presque rendue à un murmure. Calme, toute trace de rire avait disparut.

- Personne n'est au courant pour mon premier mariage et je fais déjà peur à beaucoup de monde alors qu'ils ne connaissent pas la moitié des horreur que j'ai pu commettre dans mes vies..." elle tourna les yeux vers l'elfe aux épaules large qui la surplombait de toute la hauteur de ses drôles d'atours Noss. " Tu crois vraiment que quelqu'un comme moi serait de la moindre utilité dans ce genre d'entreprise ?

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Lun 8 Jan 2018 - 2:05

Ilweran glisse loin de toi, referme la distance avec l’elfe rousse jusqu’à son museau ne se retrouve assez proche pour que sa langue en humant l’air n’effleure le bout de ses doigts. Le dragon-fae se trouvait réellement confus devant la figure d’Halyalindë perdant de sa flamboyance. Passer brusquement du rire au silence, n’y avait-il pas que toi son partenaire qui le faisait ?
Tu rampes à ton tour en direction de l’ancienne Protectrice, prenant la place du reptile qui bondira de l’autre côté de la demoiselle. Ton bras passe dans son dos, et tu invites sa tête à défaut de pouvoir reposer sur ton épaule armurée, à trouver appui non loin de ta clavicule. La gymnastique se trouve plus compliquée que prévu, l’amoncellement d’écorces de cuirs, d’ivoires et de feuilles faisant ta cape se prouvant bien encombrants pour un habit te laissant si dénudé, mais tu t’en amuses plus qu’autre chose, redonnant au passage au petit être partageant ta magie le semblant d’un sourire. Une fois de plus tu te trouvais impressionné de voir comme elle était pleine de vie, la créature née avec près d’un Cycle de lourd bagage émotionnel…

- C’est que toi aussi tu fais peur aux gens alors ? tu lui confies à voix basse, le ton et le regard complices, ton index harcelant sa joue mais tu sais, je ne parlais pas d’aimer l'endroit… tu laisses passer quelques instants, lui laissant le temps d’entrevoir le mariage qu’elle venait de mentionner alors que tu pensais à tes aventures Vaanies Dégoûtée ou pas de la manière de vivre des humains, tu as été assez proche d’eux pour entrevoir leurs manières de penser et d’agir, entrevoir les bonheurs et les soucis régissant leur quotidien, comprendre ce qui les touche. Pas besoin de parler de ton premier mariage, ni d’être grande pédagogue pour être professeure. Il suffit de donner un exemple, et dans cette situation tu es l’une des mieux placée pour ça. C’est ton pouce cette fois qui vient à la charge contre sa joue, pour lui partager un peu de tendresse Et si ça peut te rassurer, tu as sûrement manqué de mourir plusieurs fois avant de te rendre dans les terres mortelles, les rituels des druides sont un mystère parfois même pour leurs pratiquants, tu n’es pas la première dans l’histoire de notre peuple à avoir perdu tes moyens dans des mouroirs et tu ne seras certainement pas la dernière, les chances qu’un elfe seul ait pu empêcher Eraïson ou Eteniril sont anecdotiques, au moins tu auras tenté, le Haut-Conseil est tenu par une bande de têtes de mules - je le sais parce que c’est Anorndellon qui le préside – et c’est la moitié de l’Anaëh qui est folle de vouloir t’enfermer.

Tu fermes les yeux, continues tes caresses, et balances lentement ton buste de gauche à droite, vous berçant tous les trois. Tu laisses quelques secondes… ou serait-ce quelques minutes passer ainsi, à savourer le moment, avant de reprendre, rire aux lèvres mais n’en pensant pas moins.

- Mais si tu préfères Yutar, alors je serais honoré que tu m’y accompagnes.

L’emporter loin d’ici, la libérer, partir. Ce serait tellement simple. Elle-même devait s’en rendre compte, mais elle n’en affichait aucunement le désir. Plus que la vérité toujours actuelle de son affection pour toi, son relatif bien-être ici t’était d’un immense soulagement. Tu ne sais pas ce que tu aurais fait si tu l’avais trouvée ne serait-ce que semblant glisser vers le même état de mélancolie qu’à Eraïson. Fort est à parier que ses guérisseurs auraient eux-mêmes eu besoin de guérisseurs, et c’est certainement cette conviction qui l’effrayait.

- Si Yutar est toujours debout lorsque tu parleras aux réfugiés et à leurs familles, fais-leur savoir que l’on se bat pour eux, pas avec eux. Ils en ont déjà vu assez pour l’instant. Je veux que ce soit l’amour de l’Anaëh et leur sens du devoir qui porte les guerriers au combat. Pas une colère aveugle. Crois-en un elfe ayant connu et vécu l’Aduram, je sais très bien comme la colère est dangereuse, et contrairement à ce que l’on peut imaginer, même là-bas, elle ne porte jamais bien loin.


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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Lun 8 Jan 2018 - 2:35


Acceptant l'épaule d'Estiam, elle se blottit entre une feuille rugueuse et son pectoral dénudé, non sans quelques aventures fâcheuses avec la longue chevelure dont elle n'avait pas encore l'habitude. La présence d'Ilweran était bouillonnante de vie. Elle rit en le voyant filer d'un coup en la piétinant au passage pour laisser la place à son compagnon. Il était à la fois curieux et circonspect, comme si elle était la première personne qu'il croisait depuis une éternité. Allez savoir pourquoi...

Elle se laissa aller à ce contact ami, cette étreinte simple et dénuée de la moindre tension ou du moindre mot. Cela lui faisait tant de bien. Elle se revoyait au bord de l'étant des Mirthil'di, entourée de la chaleur de Randil et de son grondement sourd. Dans sa chambre du cloître le premier soir avec son père, lorsque sa peur de voir les épisodes des mouroirs se reproduire était montée à son paroxysme. Elle n'était décidément pas une femme de lettre. On pouvait exprimer beaucoup par l'esprit et la raison, mais pas cela. Inspirant paisiblement elle ferma les yeux et se laissa aller aux mouvements lents de cette partie protectrice et tendre d'elle-même.

Sa respiration ample valait toutes ces longues heures d'un sommeil agité passé entre quatre murs. Cela n'avait pas changé. Elle ne dormait jamais bien seule. Son cœur meurtri se serra. Sans que les larmes ne lui viennent aux yeux, cette proximité rouvraient les pages d'un journal qu'elle avait gardé fermé depuis son retour à Ardamir. Son instinct. Ses émotions. Tout ce qu'elle avait tenté de raisonné, de penser, d'expliquer. Fenris lui manquait atrocement. Randil également. Mais elle savait à présent qu'elle pouvait vivre sans l'un et sans l'autre. Elle sentait qu'elle voulait vivre avec l'un et avec l'autre. Et elle sentait plus cette peur à l'idée de succomber à la douce présence d'êtres chers.

Elle se pelotonna plus étroitement contre l'elfe à la peau basanée, indifférente à l'idée que quelqu'un puisse les voir, sur cette rive ou sur l'autre.

-Je ne sais pas si je serai prête à temps et je ne compte pas accélérer le rythme pour t'y suivre. Cette fois il faut que je fasse les choses dans les formes. " grogna-t-elle à invitation faussement humoristique. " Quand est-ce que tu penses lancer l'assaut ? "

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Lun 8 Jan 2018 - 17:42

Résultat de sa conviction d’avoir fauté ou simplement désir de quelques temps se retirer d’un monde trop épuisant, Halyalindë embrassait effectivement complètement – ou du moins assez pour se contenter de d’écarts moindres - son enfermement. Malgré tout le désir de servir sur le champ de bataille bouillait toujours en elle avec autant d’ardeur. Si elle s’était insurgée à l’idée d’enseigner, ce n’étaient que les circonstances qui l’empêchaient de te suivre vers Yutar. Le constat t’arrache un léger hoquet de rire, imité dans toute sa naïveté infantile par Ilweran.

- Si tout se passe comme prévu, et que les clans de Malereg ont passé l’appel dans l’Ouest, alors la battue devrait commencer d’ici la sixième ennéade de ce mois-ci. L’heure de Yutar dépendra d’à quelle vitesse l’Uraal aura été nettoyé.

Une offensive puissante, rapide et de grande envergure. Le nombre servirait plus à couvrir l’espace qu’il ne permettrait de garantir une victoire, parce que les forces Noirelfes dans la forêt d’après-front étaient éparses. Leur laisser la moindre marge de manœuvre n’était pas une option, et leur laisser la vie non plus. Si trop d’éclaireurs atteignaient Yutar à temps, alors les forces en présences vous attendraient préparées, pas préparées à faire face précisément à ce qui les attendait, mais au moins sur la défensive et plus attentifs.

- Et une fois Yutar atteinte, tout devrait aller très vite.

Si mages et archers Ornedhels étaient fidèles à leur réputation, ce serait une bataille tenant plus du massacre que de l’affrontement… mais c’était malheureusement là un mal nécessaire pour que vos cousins d’Elda comprennent que leur guerre sainte était vouée à l’échec.

- Se retrouver devant une infrastructure étrangère aura au moins d'avantage que l'on a moins de scrupules à la mettre en pièces.

Tes yeux se perdent dans le vide, ton esprit au plus clair de son état gardant quelques appréhension à l'idée de potentiellement faire tant de morts, qu'il s'agisse ou pas de ceux qui se sont érigés en tant que vos ennemis mortels. Tu soupires un coup, cherchant soulagement, et aussitôt te revint la conviction de faire nécessaire sacrifice... bien que tu doives avouer ne pas avoir plus envie de t'étaler sur le sujet.

- Tu ne veux vraiment pas sortir ? Même pour juste quelques instants ?

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mar 9 Jan 2018 - 1:16


La sixième ennéade. Un assaut de grande envergure. Killen allait encore s'arracher les cheveux. Elle avait beau savoir que ce n'était plus son problème, elle se jura de le prévenir, histoire qu'il ne fasse pas une syncope quand des centaines de guerriers de Noss inconnues apparaitraient sans crier garde sur les terres d'Ardamir, d'Eraison et d'Ellyrion. Il n'aurait plus manqué qu'une échauffourée entre Ornedhels et Taledhels pour mettre le feu aux poudres.

-Mais ça reste la construction de quelqu'un. C'est étrange de se dire que des elfes vont marcher sur un bastion qui ne leur a jamais appartenu. Ce Cycle est bizarre. Tu ne trouves pas ?

Déjà, la reprise d'Eraison avait été difficile à décider. Attaquer une ville, même pour la reprendre, était quelque chose de tellement étrange dans la mentalité de la plupart des militaires que même les officiers de l'armée royale n'avaient pas tenté de passé cette acte en force. A la réflexion. C'était surement moins le cas pour les Noss. Attaquer des cités devaient leur poser moins de problème dans l'idée...

-Tu sais que je suis déjà dehors à cause de toi ? " sourit-elle à l'air pensif de son compagnon, le prenant au mot avant que la lueur amusé qui brillait dans son oeil ne prenne le dessus " Et sinon ou voudrais-tu que j'aille ? "

Elle avait bien une demie-douzaine de réponses, mais aucune qui soit suffisamment proche pour que quelques instants suffisent.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mer 10 Jan 2018 - 2:25

Le Nord, le Sud, l’Est ou l’Ouest, tu n’en savais rien, et quelle importance ? Tout ce que tu voulais, c’était t’évader avec elle ne serait-ce que quelques instants, goûter à un peu d’adrénaline, la même qui fait des affrontements sanglants un délice morbide dont les cicatrices viennent chaque jour cruellement vous rappeler l’astronomique prix. Tout ce que tu voulais, c’était prolonger de quelques manière que ce soit le temps passé avec elle, maintenant que les aveux étaient derrière toi. Il était temps de… de s’amuser.
Ilweran trépignait déjà à l’idée de se dégourdir les ailes sans but précis, et de se retrouver libre de ses mouvements. C’est lui d’ailleurs, dont l’impatience lança la marche, car c’est lui, anticipant la suite à partir des quelques mots qu’il put comprendre, et de la lecture de vos expressions, prit les devants. Quelques sauts droit vers la rivière, et puis ses ailes encore fébriles l’emportaient vers le haut à toute vitesse, et maladroitement mais avec toute la motivation du monde, il fendait l’air comme un beau diable.

- On le suit !

Tu ne laissais pas beaucoup le choix à la rousse, te levant sans à aucun moment desserrer ton étreinte, reprenant même des appuis plus fermes qu’au départ, tu te trouvais finalement à l’emporter d’un bras refermé sous son assise, et à t’élancer aux trousses du reptile.
Rester à terre, et vous ne seriez pas assez rapides pour lui donner la chasse, pas dans votre position actuelle, alors de ton bras libre, à la faveur de quelques tracés tu conjurerais un jumeau de ton symbiote, taillé dans la glace. Et un faux-dragon enseignerait à l’autre ta magie. Celui de cristal soufflait sur la surface, y laissant une pellicule givrée sur laquelle tu pris pied, glissant avec le plus grand des naturels, comme si plus que de te supporter, elle te portait. Et dans ta poursuite, tu pressens, puis tu vois les ailes d’Ilweran fatiguer, mais dans ta confiance en la petite créature, tu n’interviens pas, pas encore.
Le bras portant ta camarade se déroule plutôt, et tu lui offres de poser le pied sur la surface mouvante. Tu la tiens toujours, par la main cette fois, l’accompagne alors qu’elle s’acclimate au mouvement, la guide pour ne pas qu’elle tombe, le temps que son pied ne trouve ses marques, que son corps ne trouve le rythme, et qu’elle ne finisse par entrer dans la danse. Voilà deux ans que tu lui avais dit que de la danse à la magie il n’y avait littéralement qu’un pas, et maintenant que votre ballet nourrissait ton sortilège, tu le lui prouvais une fois pour toutes.

De temps en temps ton regard oscille entre elle et Ilweran, qui à votre image fait sa propre maladroite chorégraphie à la surface. Tu cherches la confiance de l’un comme de l’autre, tentes de rassurer l’un comme l’autre, mais c’est ultimement le plus fragile des deux qui tient le plus ton attention.

- Ilwer…

La créature épuise son endurance bien avant vous. Son sort se brise bien avant le tien, et quand il se retrouve à l’eau, tu te trouves forcé de le suivre. Tu brises ton duo avec Halyalindë sans plus de réflexion, et te jettes vers les profondeurs de La Rêveuse tout aussi vite. Avec ton attention vacillante disparaît ton tapis de givre, mais tu t’en fais moins pour l’elfe, qui même dans le cas où elle ne saurait pas nager, ne risquerait pas d’être gobée dans la minute.
Depuis les profondeurs tu diriges les courants, vers le haut, vers l’avant, sous lui et sous elle, loin de lui et loin d’elle, sous toi et vers eux, derrière vous et vers la rive, pour que tous, du petit dragon-fae insouciant jouant les anguilles, à l’elfe glissant en surface sans nager, vous vous retrouviez au plus vite en sûreté, sur la rive. Juste un peu d’adrénaline.

- Je ne pensais pas que l’on finirait aussi trempés, mais ne t’inquiètes pas, ce n’est pas bien difficile à arranger.

Ce qu’un peu de magie avait brisé, un peu de magie le reconstituerait.


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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Jeu 11 Jan 2018 - 23:36


L'accord qu'Halya ne put donner se concrétisa en un cri de surprise réjouie lorsqu'on la propulsa sur ses pieds... Enfin presque sur ses pieds. La seule résistance qu'elle opposa furent les gigotements qui accompagnaient son besoin impérieux de marcher seule. Elle le regretta un peu lorsque le froid de la glace lui agressa la voute plantaire mais l'équilibre instable et la course stupide dans laquelle elle avait été embarqué lui fit rapidement oublié ce maigre désagrément. Ilweran était plus difficile à suivre qu'il n'y paraissait, surtout lorsqu'elle essaya de prendre les devants d'Estiam, obligeant  la petite créature courageuse à des arabesques improbables étant donné la maladresse de ses ailes.

La magie de son ami était magnifique. Elle était tellement loin des magies austères et lentes au milieu desquelles elle avait grandi. Voir les cristaux de glace emprisonner les vaguelettes et apaiser la surface de l'eau sans la contraindre tout a fait lui semblait aussi vibrant que les mouvements d'Aranos sur le champ de bataille, ceux de Randil durant la chasse ou de Linandil devant un publique. Loin des aspects presque scientifiques et toujours rigides de l'expression de la magie de guerre, du façonnage de la flore ou de la compréhension des formes les plus pures de magies, l'élémentaliste utilisait sa magie au rythme de ses émotions. Aussi ne fut-elle qu'à moitié surprise lorsque l'entre-deux dans lequel les avait suspendu cette drôle d’échappée s'écroula littéralement sur elle même.

L'eau transluscide se referma sur elle en un instant, s'infiltrant dans sa bouche. La température glaciale lui fouetta les sangs, la désorientant un instant avant que les lueurs pâles du soleil jouant avec les remous de la surface ne posent le genre de décor qu'elle aimait tant. Avant qu'Estiam n'ai le temps d'utiliser sa magie et même alourdie par ses vêtements, elle creva la surface de quelques mouvements amples... et replongea aussi sec, les poumons gorgés de l'air qui lui avait manqué après sa chute. Malgré le peu de vase et de gravier déplacer par tout ce remue-ménage, l'eau était encore claire. La froideur, d'abord agressive, était bien plus douce que le soleil tiède du printemps. Les échos déformés de couinements aiguës lui parvinrent sans plus de difficulté que la petite forme blanche qui pagayait de tous ses membres. D'un coup de rein, elle s'orienta dans la direction d'Ilweran, un sourire sur les lèvres. Depuis le temps qu'elle avait envie de le faire ce plongeon !

Si Estiam avait un moment craint pour la survie de la rouquine, il avait du se rendre compte rapidement que le petit dragon n'était pas la seule anguille insouciante des environs. L'aisance avec laquelle elle se déplaçait sous l'eau n'avait d'égale que le plaisir qu'elle y prenait. De Naélis à Malereg en passant par la course poursuite qu'elle avait endurée avec un contingent drow, l'eau avait toujours été d'un grand réconfort à l'Ardamirie, ce n'était certainement pas aujourd'hui que cela allait changer.

Le courant était tout de même inhabituellement fort. Mêlant ses bras à la lutte, elle gagnait de la distance mais le cour de l'onde la contrariait de plus en plus. Il fallut de longs instants à Halya - et être formellement soulevée vers la rive - pour comprendre que ce qui la séparait du dragon-fae n'était pas d'origine naturelle. Elle agrippa à regret le bord, repoussant les longues mèches qui collaient à son visage en regardant le semi-noss et son compagnon s'extirper de l'eau. Il y avait perdu quelques morceaux de sa cape végétale d'ailleurs...

-Je n'en doute pas. " hoqueta-t-elle en essuyant d'une main l'eau qui ruisselait sur son visage. L'autre se tendit bien haut pour quémander de l'aide auprès de l'instigateur de ce drame. Laissant Ilweran s'ébrouer sur le sol pour défaire ses ailes diaphanes de l'eau qui les collaient, ce dernier eut la bonté de venir l'aider a s'extirper de l'onde. Grand et solidement campé, il ne lui fallut qu'un bras pour donner à la dame l'impulsion nécessaire à l'opération.

Un pied sur la rive, c'est donc avec une délectation visible que sa seconde jambe recula au lieu de venir la stabiliser. Forte du mouvement de balancier qu'il avait lui-même amorcé, Halya se laissa retomber dans l'eau et poussa même sur sa jambe d'appui, emportant avec elle le grand et large gaillard.

Lorsqu'ils remontèrent une fois de plus à la surface, les cheveux agencés en une masse improbable et dégoulinente, elle éclata de rire.

- Tu vois ? articula-t-elle en se laissant simplement aller sur le dos. Pas besoin de magie pour arranger ça ! Arcamenel, cela fait des ennéades que je ne m'étais pas autant amusée.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Dim 14 Jan 2018 - 20:03

S’amuser, c’était peut-être la plus belle utilisation que tu aies, et que tu ne puisses jamais faire de ta magie. Les sciences, la chasse, la guerre, la création artistique, et même les petits travaux de tous les jours… ton Art était part de toi au point de trouver sa place dans absolument tout cela, mais rien n’était moitié aussi satisfaisant que de simplement s’y laisser aller sans d’autre raison que le simple plaisir d’un instant, alors même s’il avait fallu payer le prix d’une frayeur d’un instant, à voir tes deux enfants sains et saufs, tu ne pouvais qu’avoir le cœur léger et savourer le récent souvenir que tu en tirerais, pour le temps que la dégustation pourrait durer.

La traîtresse ne comptait pas s’en contenter. De créature en détresse sur le point d’être sauvé elle se métamorphosa en cruelle prédatrice attirant sa proie dans les abysses, et fort de générosité, tu tombais droit dans son piège. Dès que tu perds l’équilibre, faisant la part des choses, de ta situation précaire tu prends la meilleure position possible pour fendre la surface, et tu te laisses couler quelques instants, jusqu’au bout de là où te portes ton élan. Tes yeux s’ouvrent sur les profondeurs, à la recherche des habitants des lieux, pour ne réellement se poser que sur les silhouettes quelques peu floues d’algues d’eau douce, d’herbes aquatiques et de bancs d’alevins cherchant la sécurité de la proximité du rivage. Quelques battements de jambes avant que ton regard ne se porte sur les rayons du soleil traversant la pellicule d’eau, et que tu n’ailles crever la surface et rejoindre ton amie.

- Ris tant que tu le peux. Tu entames d’un ton faussement grave Tu ne devrais pas me défier comme ça impunément sur mon territoire. Tu défais l’attache de ta cape, et l’envoie nonchalamment sur la rive, qu’elle ne perde pas plus d’épaisseur que les quelques limbes déjà sacrifiés à la Rêveuse Tu as devant toi le champion invaincu de la progression en milieu aquatique des terres de l'Est.

Tu replonges joyeusement, illustrant tes propos à travers quelques secondes d’une nage aussi puissante que la glissade était efficace… et de quelques dizaines de secondes à te propulser au-dessus de la surface à la force des bras et des jambes comme un poisson remontant une cascade horizontale. Et tu reviens près d’elle, poitrine gonflée d’une parodique fierté… bien que seules ta tête et tes épaules ne soient visibles à la surface.

- Et pour peu que tu ne représentes la moindre menace à mon titre, je suis un élémentaliste d’eau avant tout, je n’hésiterai pas à tricher pour le conserver.

Ton visage se fend d’un sourire Candide, et tu te laisses aller à mollement nageoter à côté d’elle. À vous voir ainsi, tous vos malheurs, passés et futurs, sembleraient tellement loin.


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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mar 16 Jan 2018 - 21:24

Depuis quelque Enneade la jeune Renarde avait quitté la Péninsule pour retourner dans sa forêt natale. La belle petite vagabonde voyagea en redécouvrant d’un regard nouveau la belle forêt d’Anaeh. Elle avait assez connu le monde extérieur pour se forger un avis. Le monde n’était pas aussi noir que son clan prétendait. Il n’était pas parfait, voir, elle était heurtée à des coutumes bien étranges. Néanmoins, les expériences de ses voyages créèrent en elle un regard complètement nouveau. Le monde n’était pas noir ou blanc, mais complètement gris avec des belles choses et mauvaises choses. Elle comprit que les races extérieures n’étaient pas toutes mauvais, mais ils n’avaient pas les mêmes coutumes que la Noss. La chose qu’elle appréciait avant tout était la Tarte au Pomme de Thaar et de Missède faites par un mystérieux boulanger. Ardamir n’avait pas ce savoir-faire ! Ce petit truc qui donner la saveur à ce fruit si majestueux. Son principale souvenir était de se gaver de Tarte aux pommes. Bien entendue ! elle n’avait pas tous achetée. Ces mains baladeuses se faufila dans la nuit pour prendre ce précieux gourmée.

En retrouvant sa forêt natale avec discrétion pour éviter de se faire traquer par les clans extrémistes. Nerdhanel retrouva sa famille, son clan. La joie était bien présente. Tout le clan était content de revoir cette petite elfe avec sa renarde. Après, la grande guerre contre les drow, le clan avait subit beaucoup de malheur. Aujourd’hui, la joie de retrouver une des leurs étaient bien présente. Sa mère, devenue chef de clan, était plus que rassurée de voir sa fille vagabonde revenir chez soi.  

Pourtant, aujourd’hui, Renarde retourna à l’exploration de sa propre forê. A son habitude, elle joua  avec son amie Adriliah, complètement insouciante du danger qui la guetter. Non, elle était là pour s’amuser, retrouver son instinct d’antan. Sa forêt lui avait manqué. Anaeh lui avait manqué ! En Estrévent, à la péninsule, la nature n’avait pas la même saveur qu’Anaeh. Aujourd’hui, la noss avait un besoin de se renouer avec son milieu, de retrouver son instinct avant son grand voyage. Le jeu du chat et la sourit avec son animale était un meilleur moyen de reprendre les habitudes. De plus, Adrilah était plus qu’heureuse de retrouver son terrain. De là, les deux compagnons s’amusèrent ensemble, profitant chaque moment présent.

L’animale courut à vive allure arrivant sur la rive, de là, elle s’arrêta net pour bondir sur le côté et s’appuyer sur un rocher. Pour Nerdhanel, la course se finissait dans l’eau. Son pied glissa du rocher, tombant lamentablement sur la pierre et tomba tête la première dans l’eau. Un peu sonnée, la rive l’éloigna du rocher pour être en plein milieu de l’eau. Renarde n’aimait pas l’eau, du moins, elle n’aimait pas nager. Là sans aucun doute, elle aimerait encore moins la rivière qui voulait la noyer.

Elle se débattit comme une folle, essayant de sortir de ce courant de malheur. La nage n’était pas son fort, aujourd’hui, elle payait son manque d’entrainement. La noss cria avec l’espoir qu’une personne l’entendrait. Pendant ce temps, son fidèle amie courut tout au long des rochers, à l’extrémité de la rivière pour suivre sa maitresse. Par détresse, la pauvre bête poussa un crie féroce pour se faire remarquer. Son crie montra la détresse et assez fort pour se faire entendre. Adrilah était paniquée, suivant du regard sa maitresse qui était en train de se noyer.

Pendant ce temps, la petite noss se débattit contre les éléments pour survivre. Mais pour l’instant, sa situation était peine perdue… sa seule façon de s’en sortir était de crier

« Kai kai kai ! KAIIII !! »
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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Mer 17 Jan 2018 - 14:04


- Champion de terres de l'Est, hein ? " railla-t-elle en se redressant, s'agitant juste assez pour se maintenir à la surface. " Sache que j'ai su nager avant de savoir marcher, jeune blanc-bec ! " D'un mouvement fluide aidé par le courant, elle se retrouva à deux doigts de son ami, les pieds sur le sol proche de la rive et le menton aussi fièrement levé que le sien. On ne défiait pas impunément la fille d'une Mirthil'Di ! " Si tu triches ça voudra simplement dire que j'ai gagnée. " Mais cette parodie de paon ne put durer plus longtemps.

Halya se figea, l'oreille dressée. Un cri étouffé. Un plongeon. De faibles appels puis seulement un hurlement nasillard totalement paniqué. Avec la distance et les dérapages dans les aiguës, nombre de citadins auraient certainement put le prendre pour un hurlement de femme terrifié mais il était bien trop couinante : un renard. Mais ce qui avait crié en premier n'était certainement pas un renard. Sans plus se préoccuper d'Estiam, du cloitre ou de son obligation de rester à l'intérieur de ces murs, Halya se hissa sur la rive et partit en courant vers le coude de la rivière en aval d'où les appels provenaient.

Passant un jeune hêtre à moitié couché vers l'eau, elle découvrit une silhouette en train de se débattre contre la rivière sous les yeux désespérer d'un petit renard tournant en rond sur la rive. Le courant n'était pas bien fort mais ne pas avoir pied semblait suffisant pour que la nageuse en panique.

Halya ne s'était pas arrêter pour constater cela et plongea dans l'eau dans le même mouvement. En quelques mouvements de bras, elle atteignait la gesticulante créature. L'étrangère se débattait avec force. Sentant une présence proche, elle tenta de s'y agripper, quitte à la couler. Tête sous l'eau dans un tourbillon de bulle, Halya du se résoudre à entrainer l'inconnue sous l'eau pour qu'elle consente à la lâcher et remonta dans son dos pour la ceinturer en lui répétant de se calmer et de se laisser faire.

Soutenant d'un bras la rescapée, elle gagna doucement la berge, prenant note avec un certain amusement que le n'allait plus dans le sens de la rivière mais les poussaient toutes deux dans la direction visée. Tout en aidant la jeune femme à remonter sur la terre ferme, elle lança un sourire reconnaissant à son vieil ami. Dans certains cas, la coopération valait mieux que toutes les compétitions du monde.

Se tractant à son tour hors de l'onde, Halya passa plusieurs fois une main apaisante dans le dos de l'inconnue tandis que celle-ci crachait toute l'eau de l'océan sur l'herbe printanière.

- ça va ? Vous vous sentez bien ? " demanda-t-elle en souriant lorsque les quintes de toux se furent suffisamment espacées. " Je vous proposerai bien une couverture sèche, mais là tout de suite, on est un peu à court... "

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres d'Ardamir ] Deux demi-sang   Hier à 22:52

Ton oreille gauche se soulève, tandis que la droite s’étend, au moment-même où celles de ton amie se redressent. C’est un bien drôle d’oiseau que vous entendez-là, et de bien désagréables sensations que portent les vibrations de l’onde dans laquelle vous baignez encore. Qu’il s’agisse des glapissements terrifiés du renard ou du timbre des premiers cris, la triste sérénade sonnait à ton esprit avec un air de déjà-vu. Sans être capable de véritablement remettre une personne sur la voix, tu es à son contact remis en touche avec de récents souvenirs.

Un bref coup d’œil à la réaction d’Halyalindë, et tu construisais la tienne. Quand elle gagnait la rive, tu prenais le chemin des eaux, nageant un énergique papillon pour au mieux tenir la cadence de la course de la rousse. La victime de la rivière était loin, du moins assez loin pour que la distance entre Halyalindë et toi se soit creusée, et que l’ancienne Aigle se retrouve être celle qui interviendrait la première… mais elle n’interviendrait pas seule. Fort du mouvement de la nage, tu plongeais en même temps qu’Halyalindë coulait de force la jeune elfe, tu utilisais l’inertie accumulée en de grands mouvements de bras contre la masse aqueuse en même temps que les plantes de pieds de la secouriste pédalaient, tu dansais un ballet subaquatique alors qu’elles glissaient vers la rive, et à la force de tes bras, tu tirais la rivière en entier, en changeant le cours pour que son léger courant vienne s’écraser sur la berge avant de continuer de rouler vers l’aval. Tu émergeais à temps pour recevoir le sourire d’Olorïel, tempéré par le décidément bien désagréable son de poumons se vidant d’un fluide plus dense que l’air.

C’est à ton tour de te hisser sur la berge, pour y être accueilli par une vision qui s’il on oubliait que la petite elfe venait de manquer de perdre la vie, pourrait presque être drôle. Tu t’accroupis en face de Nerdhanel, posant un regard affectueux sur elle. Si Halya était à tes yeux comme ta fille, Nerdhanel était encore véritablement une enfant. Ta main se pose sur le haut de son crâne, venant doucement le lui masser à travers sa crinière, pour l’aider à se détendre.

- Tu es décidément bien douée pour t’attirer des ennuis Nerdhanel. Un coup de poignet, et l’eau qui la trempait s’évaporait lentement en un nuage de vapeurs chaudes La rivière n’est pas plus conciliante que les Wen’Döril tu sais, Un sec claquement de doigts, et quelques flammèches, que l’œil attentif identifierait comme ayant la forme de lucioles venaient continuer de réchauffer la presque noyée même s’il est beaucoup plus facile d’apprendre à dompter l’eau que les clans d’Eteniril.

Tu ne ris pas, tu te contentes de sourire, et de porter ton regard sur Halya, encore dégoulinante d’eau glacée, qui probablement aurait elle aussi aimé à l’heure qu’il est se retrouver au sec… mais elle attendrait, comme tu attendais toi-aussi, bien que tu n’aies contrairement à elle, pas à te plaindre du poids de vêtements imbibés.

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