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 À à la faveur de l'orage [Kahina]

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Maciste de Soltariel
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MessageSujet: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Mer 17 Juil 2013 - 18:20

°
La Templerie


Il marchait d'un pas leste et rapide, le visage crispé et ses bottes de cuir résonnant sur les dalles usées de la vieille demeure, qu'on nommait la Templerie. Les origines de l'endroit étaient obscures : autrefois un caravansérail appartenant à quelque ordre religieux, la bâtisse, qui datait de l'antique Diantra, avait été rachetée par ce bon Musart, l'intendant du prince et avait tout d'un véritable palais. Elle déboulait sur une cour, des bains et un patio où se trouvait un petit jardin composé de fleurs et d'orangers. Les deux étages étaient composés de colonnade de pierre lisse, de salles et de chambres. Enfin, l'ensemble était tombé en désuétude du fait de la pauvreté des moines, mais la demeure, riche en recoins et en dépendances, permettait de loger gardes, servants, pages et palefreniers en même temps que les nombreux familiers du couple. Mais trêve de commentaires inutiles, une seule chose retenait l'attention de ses occupants : le prince était furieux. Aux chevaliers de sa cour, aux nobles et aux courtisans, il n'adressait pas un regard tandis que sur son passage, les nuques et les regards se baissaient, les portes s'ouvraient, balayant les fumeroles d'encens et de myrrhe qu'on faisaient brûler dans les couloirs, sur des braseros. Derrière le prince, suivait à grande peine un être de petite taille, le dos rablé et agitant quantité de parchemins : Musart.

« Ah sire ! J'ai là une commande de ma dame pour une vieille statue qu'on prétend de l'antique puissance Nisétienne. Et une autre, pour dix milles écus, dix milles mon prince ! d'une vieille couronne sertie de bijoux et d'ivoire... »

Agaçé et sans réduire sa cadence, le prince levait sa main en signe d'apaisement.

« Calme toi l'intendant, nous ne sommes point pauvrets. »

« Mais sire ! »

« Suffit ! »

Sa flamberge lui battant le flanc, il avait traversé les corridors menant à la tour d'Ars où étaient ses appartements d'un pas farouche et déterminé, procurant à tous le plus angoissant des doutes : « Que se passait-il ? » Mais nul n'osait poser la fatidique question, encore moins de se trouver en travers du chemin de cet orage grondant, de crainte de s'attirer la froideur du prince par quelque remarque cinglante.

Nerveux, des gardes avaient pris les devants, fidèles à leurs fonctions et écartaient brutalement tous les inconscients qui se trouvaient entres eux et leur seigneur.

Enfin, arrivé à quelques mètres des appartements princiers, il héla une jeune fille aux cheveux châtains, qu'il reconnu pour dame de compagnie de sa femme et lui manda de le conduire, séance tenante, devant sa maitresse. Une fois arrivés devant les portes, il congédia la femme d'un geste et entra sans frapper. La chambre était éclairée par quelques bougeoirs et le feu crépitant de la cheminée. On y percevait peaux de bêtes, coussins et draps de soie, ainsi que des encensoirs et de riches tapisseries avec au milieu, un grand lit limité par de hautes colonnes de bois, passementé de velours grenat. Deux dames d'atours jouaient au Kjall au fond de la pièce, pendant qu'une troisième fredonnait un chant d'amour à l'aide d'une cithare. Là, dans sa camisia de soie claire, le prince au visage courroucé dévisageait sa femme.

« J'apprends ma dame, qu'il vous ai des envies de couronne ! »


Dernière édition par Maciste l'Aphelian le Lun 9 Déc 2013 - 8:50, édité 1 fois
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Kahina d'Ys
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MessageSujet: Re: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Lun 19 Aoû 2013 - 13:53

Et le silence fut.
Dans un même mouvement, quatre jolis minois se tournèrent vers le Prince. Ce dernier n'avait d'yeux que pour son épouse, mais ce n'était pas l'amour qui enflammait son regard ; Kahina ne lui avait jamais vu pareille expression, pas à son encontre tout du moins, mais elle ne s'en laissa pas troubler. La petite comtesse d'Ys n'était pas stupide, elle avait toujours su que pareille scène se produirait un jour. Elle escomptait bien, cependant, que celle-ci serait la seule.
«  Ne suis-je pas une femme méritait une couronne, Maciste ? » demanda l'oiselle avec un léger sourire. Ses yeux, cependant, lançait au moins autant d'éclairs que ceux de son époux. « Mais tu trompes néanmoins. Il n'est, dans cette pièce, aucune tiare qui me fût destinée. »
Se redressant prestement, elle frappa deux fois dans ses mains pour mieux capter à nouveau l'attention de ses dames de compagnie. Hésitantes, ces dernières se levèrent aussi et s'inclinèrent devant le baron. La plus jeune, celle qui jouait de la cithare, s'en alla à l'assaut d'une commode, tandis que les deux autres restaient immobiles et visiblement mal à l'aise. Quand la musicienne retourna aux côtés de la baronne, c'était avec la fameuse couronne dans les mains et Kahina s'en saisit avec mille précautions. Presque timidement, la demoiselle de compagnie s'approcha de Maciste et l'invita à s'approcher, tandis que l'estréventine recommençait à parler, de son chaud accent oriental. « Il est dit que cette couronne appartint à un Empereur Dragon du Grand Empire Nisétin. Il est dit qu'elle lui apporta gloire, bonne fortune et que jamais il ne fut défait, sous quelque forme que ce soit. Tu m'as promis un Royaume à léguer à notre fils, Maciste. Aujourd'hui, je t'en apporte la couronne. »
Et elle tendit l'objet devant elle, invitant par la même occasion le baron à s'agenouiller pour qu'elle pût le couronner. Qu'il ne s'y trompât pas, cependant, car si sa voix demeurait calme jusqu'alors, son regard était polaire et c'était, de toute évidence, le calme avant la tempête.
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Maciste de Soltariel
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MessageSujet: Re: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Sam 31 Aoû 2013 - 17:05

Fronçant les sourcils, Maciste posa son regard sur l'ornement que lui présentait sa femme et croisa les bras, retenant une moue de colère et de défi. Quel étrange chose, dites ? Il était venu furieux, prêt à affronter une scène de ménage, et on lui offrait une couronne. La situation aurait pu être pire... Encore que les choses n'étaient pas aussi simples qu'elles y paraissaient. Sous cet air enjoleur et ce jolie petit minois, si l'on faisait abstraction de ce sourire ingénu, brillait un regard acéré et piqué au vif, un caractère bien décidé à ce qu'on lui cède en tout. Ce n'était plus la couronne qui était en jeu, mais bel et bien un bras de fer entre l'homme et sa femme. Entre deux volontés farouches habituées depuis toujours, prérogative naturelle oblige, à ce qu'on leur cède en tout. Alors que faire ? Se coucher et s'agenouiller ? Ou refuser et contrester ?

« Sachez, ma mie, que monseigneur le duc et ceux de ses partisans qui ont refusés de prêter allégeance ce matin-même ont été arrêtés il y a peu. De par quelle décision je l'ignore... Mais ils semblent qu'ils aient fomenter la sécession du royaume pour privilégier leurs intérêts personnels et par-dessus tout : qu'ils aient voulus attenter à la personne du prince... ou du roi, c'est selon ! Ainsi que de sa mère ! C'est du moins ce que l'on m'a affirmer, car je n'ai pu accéder plus avant au château, dont je reviens, et aux appartements de monseigneur. Les portes sont barrées et gardées pour éviter tout fuyards... »

Le prince se cabra et serra les poings. Peu lui importait, au fond, cette couronne ! De ses galères, de ses mines, de ses champs et de ses caravannes d'Estrevent lui parvenait dix, quinze, vingt fois son prix ! Sa colère, il la tenait avant tout de ce qu'il avait la sensation d'avoir été joué, floué, manipulé par la caballe de la régente... Elle se trouvait, à cet instant, décuplée par la froideur de Kahina et par les rappels incessants de ses promesses. N'avait-elle d'yeux que pour ses ambitions ? N'était-il, là encore, qu'un pion pour les projets de cette autre femme ? Qu'un moyen de plus afin de parvenir à ses fins ? Il rêvait d'amour vrai. Elle ne lui rendait qu’orgueil, fierté et froideur.

« Sachez aussi qu'avec cet or, on eu pu armer et payer deux à trois milles soudoyers pendant toute une saison. Et qu'avant peu fleuriront dans le royaume plus de piques et de haches qu'on n'en vit jamais. »

S'avançant lentement vers elle, il la toisa bientôt de tout son haut. Seule la distance des bras tendus de Kahina et la tiare les séparaient, et un profond silence s'était installé. D'un geste calme, la voix basse il se pencha vers elle.

« Crois-tu que c'est la couronne qui fait d'un homme un roi ? »

Puis, après un long moment de pesante tension.

« Eh bien je vais te le dire, moi... se ne sont ni la naissance, ni les titres, encore moins la couronne. Ce qui fait d'un homme un roi et un noble un noble, c'est son exacte capacité à se faire craindre de ses sujets comme de ses ennemis ; ce sont les armes qu'il brandit et les victoires qu'il remporte... Et il en va ainsi des rois comme des princes. »

D'une voix tonnante, Maciste prononça avec lenteur la conclusion de sa tirade.

« Or, ma dame : vous chantez victoire trop tôt. »
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Kahina d'Ys
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MessageSujet: Re: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Sam 31 Aoû 2013 - 22:09


« Sortez ! Sortez toutes ! »
La voix était glaciale, le regard non moins polaire. Plantée au centre de la pièce, faisant face à son époux, Kahina semblait être faite de cette eau gelée pure et éternelle que l’on ne trouvait que dans les sommets du peuple des montagnes. À dessein ou non, Maciste avait su médire là où cela faisait mal, tant et si bien que durant sa longue tirade, la belle avait subrepticement reculée, comme choquée et surprise par la violence de ses propos. L’enfant — car c’était ce qu’elle était, ne lui en déplût — avait pourtant eu son lot de remontrances et d’attaques. Son frère, par exemple, n’avait jamais mâché mots ou insultes à son égard, se faisant un devoir d’être vil et mesquin. Jamais, pourtant, Kahina ne s’était laissé atteindre. Cette fois-ci devait être la première et la dernière. Sous le coup de la surprise, les dames de compagnie et d’atouts de la baronne avaient mis quelques secondes à réagir. Il avait fallu un nouvel ordre, plus violent encore, de leur maîtresse pour les obliger à décamper. Elle avait à peine salué l’époux, sans doute éberlué encore par le changement d’humeur de son épouse. Las, la petite comtesse n’était plus d’humeur à jouer, plus d’humeur à feindre. Elle n’était que colère.
Dès qu’ils furent seuls, l’adolescente haussa encore un peu plus le ton et elle criait presque, désormais. Cela devait rassurer, peut-être, un Maciste qui semblait douter des sentiments de sa mie à son égard. Elle l’appréciait assez pour perdre totalement son sang-froid. Goûterait-il sa victoire ? « Plus jamais, Maciste. Plus jamais tu ne m’humilieras de la sorte devant quiconque. Tu m’entends ? » Et, pour accentuer ses propos, elle gifla le malheureux. La frappe, quoique rageuse, n’était guère douloureuse pour son chevalier d’époux qui, cette fois encore, ne réagit pas. Kahina ne se satisfaisait pas de sa surprise, elle explosait littéralement et, se rapprochant encore de lui, laissant même tomber l’objet de leur courroux, elle martela son torse et il y avait quelque chose de terrible dans la vision de cette femme s’estimant humiliée, se vengeant ainsi sans le moindre succès. La magie ? Elle n’y songea pas même un instant. La magie demandait patience et maitrise de soi et elle n’avait ni l’une ni l’autre à proposer.
« Tu peux tout me dire, Maciste. Tout. Et je te dirai tout. Mais pas comme ça. Pas face à elles, pas face à n’importe qui. Je suis ton épouse, pas une fille de joie, pas une enfant que l’on gronde. Tu ne recommenceras JAMAIS ! »
Il allait devoir la saisir et l’empêcher de bouger, s’il voulait espérer la calmer, car la furie qu’était devenue son petit brin d’épouse ne souffrait aucun répit. « Est-ce ainsi que tu veux traiter la femme qui porte ton enfant, le veux-tu vraiment ? »
Et ainsi Maciste d’Aphel apprit-il que sa jeune épouse estréventine attendait sa ou son héritier.
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Maciste de Soltariel
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MessageSujet: Re: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Ven 20 Sep 2013 - 10:21

Il semblait bien, cette fois, que Maciste avait réveiller le dragon. S’arqueboutant sur ses jambes et crochetant ses pouces à la boucle de sa ceinture, fermement résolu à tenir bon, il observa sa femme congédier son monde à grand renfort de cris et d'ordres secs. Éberluées, paniquées, femmes d'atours et de compagnie vidaient les lieux en évitant de croiser les regards de leurs maîtres. Était-ce la pluie avant l'orage ? Il regrettait déjà d'avoir ainsi reprit sa femme. Une victoire oui, mais au goût amer ! Elle avait, après tout, seulement voulu lui faire plaisir... Mais fallait-il pour autant tout lui passer ? La fille n'était plus dans son palais, à Thaar et jouait à présent à un jeu des plus dangereux, dans les antichambres de la royauté péninsulaire. Était-elle seulement consciente qu'à l'instant, à quelques lieux de cette demeure, on venait de s'entretuer férocement dans les dédales du château royal ? Elle était jeune et devait apprendre... Et lui - qui n'était pas beaucoup plus âgé - lui apprendrait ! Fut-elle demeurée docile et silencieuse, songea-t-il, il se serait peut-être laisser fléchir une nouvelle fois - ultime faiblesse devant la douceur et l'innocence de ce joyaux qui était à présent sien - mais de son côté, Kahina semblait décider à trouver l'affrontement, elle aussi. Aussi se composa-t-il un visage dur... et s'arma-t-il contre ce qui allait arriver !

Il reçut la première gifle sans sourciller et en serrant les poings, conscient qu'il avait bel et bien humilié sa douce et que cette vindicte à son égard, somme toute, était quelque part bien légitime. Mais se serait la seule qu'il recevrait ! Sans dire un mot, sans même se dérider, il laissa passer sur lui les remontrances et les mises en garde de la belle, qui ne décolérait pas. Elle était colère et souffrance. Souffrance dans son orgueil et dans sa fierté. Impuissance, également, à se revancher devant cet homme, fort et robuste, puissant et régnant sans partages sur son monde. Et le cœur, la détermination même du damoiseau, lui semblèrent l'espace d'un instant vaciller, sur le point de s'effondrer ; à voir ainsi l'être tant aimé, son cœur eu voulu lui céder. Il eu voulu la prendre dans ses bras contre lui, la ceinturée et l'immobilisée. Il eut voulu la réconfortée et faire la paix. Mais déjà la furie faisait pleuvoir sur lui une avalanche de poings rageurs ; faibles expédients, sur ce torse habitué à porter l'habit de fer. Tant bien que mal et peu à peu, il se saisit des deux bras de Kahina par les poignets et l'obligea à calmer sa fureur. Il la ceintura de ses propres bras et posa ses lèvres sur son front, lors même qu'il sentait ce frêle corps regimbé contre sa poitrine, luttant contre une étreinte trop précipitée. Et la petite princesse tentait de se dégager, vaille que vaille, avec des grincements de dents et des regards sombres jetés en direction de son mari. Sa voix cinglante résonna.

Cette seconde gifle ? Cette seconde gifle que venait de recevoir le damoiseau lui faisait l'effet d'une irréalité ! Elle était le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un homme ! Un enfant ! Ô dieux ! Son cœur se gonfla, s'embrasa et le chevalier s'agenouilla en prenant les mains de sa bien aimée.

« Un enfant... notre enfant. »

Serrant toujours les mains de sa belle, le prince balbutiait de l'émoi que suscitaient ces mots et portait son regard tantôt vers le ventre de Kahina, tantôt vers son visage en souriant ! Bientôt, à n'en pas douter, il verrait ces mêmes mains, nerveuses, caresser ce ventre gonflé. La princesse estreventine, froide et hautaine, continuait à darder ses prunelles d'un regard accusateur.

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Kahina d'Ys
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MessageSujet: Re: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Dim 6 Oct 2013 - 18:20

À genoux. Il était à genoux, face à elle, les mains posées sur son ventre comme s’il eut s’agit d’une relique à protéger à tout prix. La geste simple doucha la colère de la baronne, qui regarda son époux offrir ainsi à son regard sa nuque offerte. Doucement, très doucement, elle enroula ses propres doigts dans ses boucles soyeuses, se surprenant un instant à se montrer douce. Sincèrement douce, s’entendait. Puis sa résolution, de concert avec ses phalanges, se raffermit et elle tira ses cheveux, juste assez fort pour l’obliger à la regarder. Ses yeux opales le fixèrent alors, débordant de dignité et d’un soupçon d’arrogance. Tout doucement, elle répéta son précédent avertissement et sa voix, désormais calme et parfaitement maitrisée, n’en était que plus terrible.


« Plus jamais. »


Deux mots, cela lui suffisait pour faire oublier qu’elle avait à peine seize ans. Deux mots et elle apparaissait presque comme l’impératrice toute puissante, vibrante d’autorité. Deux mots et elle scellait avec Maciste une promesse. Celle d’être sa femme, son soutien, son oreille, sa distraction. Celle d’être son époux, son bouclier, son héros fidèle. Elle n’avait jamais eu l’occasion de lui faire clairement comprendre, mais elle profita de cet instant presque surréaliste pour ne plus lui laisser le choix. Elle était la mère de son enfant, désormais, porteuse d’un héritier qui viendrait régner sur le royaume qu’il lui taillerait. Elle n’était plus l’étrangère à l’accent chaud comme le soleil. Elle était la baronne de Sybrondil et entendait qu’on la considérât comme tel.


Elle ne laissa pas le temps au brasier de la colère de s’embraser une seconde fois ; elle savait ses gestes peu conventionnels, bien éloignés des mœurs de la Péninsule où l’épouse, non dénuée de tout pouvoir, devait néanmoins ménager son seigneur et maître. Kahina avait accepté de jouer le jeu, mais pour les autres seulement. Maciste n’aurait pas ce plaisir de dominer sa promise… Qu’il l’eut jamais voulu, le joyau d’Ys en doutait désormais. Et cela la troublait.


Alors, par les cheveux toujours, elle lui intima de se relever et plutôt que de le laisser protester, elle fit siennes ses lèvres, scellant ainsi protestations et reproches. Elle avait envie de lui, soudainement, de son corps contre le sien. Elle voulait voir son regard, tandis qu’elle le caressait. Elle voulait voir sa flamme à mesure qu’elle se dévêtît. Elle voulait voir son pouvoir sur lui. Le tester. L’éprouver. Le consommer, aussi. Déjà, ses doigts s’activaient et déchiraient la tunique. Ce n’était que du lin, ils en avaient des galères entières. Qu’il s’habituât, le vertueux seigneur, à voir ses possessions malmenées. Car Kahina avait toujours pris ce qu’elle voulait sans se soucier des conséquences et elle continuerait, dusse-t-elle en mourir. Elle était trop entière pour y renoncer. Elle avait déjà dû tourner le dos à Thaar, elle ne se renierait pas elle-même.


Ses doigts prirent le luxe d’apprécier la musculature de l’être aimé ; car elle l’aimait, le curieux Maciste. Pas comme la pucelle des contes péninsulaires, éblouie par la stature et les exploits du brave. Elle lui faisait confiance. Elle ne pouvait nier ses qualités, pas plus qu’elle ne pouvait ignorer ses défauts. Mais le tout était à sa convenance et elle s’était quelques fois surprise à se retrouver apaisée contre lui, entourée de ses bras.


« Tu es à moi, Maciste d’Aphel… » murmura-t-elle en un souffle rendu rauque par le désir naissant. « Rien qu’à moi. »


Dernière bravade avant de s’offrir aux appétits habilement réveillés.





Dernière édition par Kahina d'Ys le Jeu 28 Nov 2013 - 21:09, édité 1 fois
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Maciste de Soltariel
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MessageSujet: Re: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Jeu 28 Nov 2013 - 16:51

Oui, le prince était à genoux et oui, il consentait à s'abaisser devant celle qu'il avait prit pour épouse, succombant au charme de la succube.

« Ma douce dame, murmura-t-il, tandis qu'elle glissait ses doigts dans sa chevelure. Mon aimée... »

Et voilà qu'il sentait son corps réagir comme jamais auparavant, que son coeur battait dans ses oreilles et que ce baiser conciliateur, avec tout ce qu'il contenait de mal et de perversité, de désir et de pouvoir, de soumission et de domination, lui rappelait l'ivresse des vins piquants du sud. Kahina, la belle Kahina d'Ys, l'envoutait ; il avait déjà connu des étonnements, des instants d'ardeur, mais rien de semblable.

Au supplice, il laissa tout d'abord les mains expertes parcourir son corps, avant que celles-ci ne lui arrachassent sa tunique d'un geste bref et plein d'ardeur, mais non dépourvu d'une certaine sensualité. Sa lèvre supérieure tremblait sous les pressions contraires de la colère et du plaisir. Et tandis que les doigts habiles prenaient la mesure de l’être aimé ; qu'après la domination physique, l'enchanteresse, conquérante, affirmait maintenant son ascendant sur sa personne toute entière d'une voix sensuelle, le prince, n'y tenant plus, mordit ses lèvres et croqua dans son corsage.

Il repoussa la jeune femme vers le lit, l'embrassa avec fougue et libéra, de ses mains, deux mamelons provocateurs, qu'il mordit aussitôt...
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Kahina d'Ys
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MessageSujet: Re: À à la faveur de l'orage [Kahina]   Ven 29 Nov 2013 - 7:46

À l’excitation de son prince, la princesse répondit d’un rire cristallin aux notes claires mais aux accents plein de défis. Appuyée sur ses coudes, le dos arqués en une posture provocatrice, la belle attendait qu’il vînt sur elle. Elle l’accueillit en enroulant ses bras autour de son cou et roucoula en signe d’encouragement. Elle le sentait écarter sa robe et frémit quand il libéra sa peau. Ils échangèrent un baiser, puis un autre et leurs mains découvraient l’autre à l’unisson si bien que très vite il n’y eu plus de soie pour couvrir l’estréventine. Cette dernière s’épanouit dans sa nudité, couvant un regard brûlant à son amant et mari.


Sans rougir, sans trembler, elle le guida en elle. Elle se saisit de son membre dressé et le pressa sur son intimité plus que prête à l’accueillir… En cet instant, la baronne n’avait que faire de l’amour courtois et de la prévenance des chevaliers de légende. Elle voulait se sentir possédée, elle voulait qu’il lui montrât qu’il pouvait la dominer. Elle gémit avec joie quand il se logea en elle et accompagna chacun de ses mouvements. Des journées d’efforts et d’entraînements avaient sculpté le corps de Maciste à son avantage. Sous ses assauts répétés, la belle sentait le plaisir brûlant l’envahir et sa gorge lui faisait écho. Elle planta profondément ses ongles dans ses chairs et lui arracha de longs pouces de peau ; le grognement surpris du mâle arracha un rire à sa femme, bien vite étouffé par une nouvelle vague de jouissance.


Ils jouirent peu ou prou ou même moment ; elle sentit les mouvements du sybrond s’emballer et gagner en frénésie, ce qui ne fit qu’augmenter sa propre excitation. Finalement, le râle soudain de Maciste fouetta son sang et déclencha sa propre jouissance. Il se retira d’elle avec un soupir mais Kahina en voulait plus. Gourmande, elle le repoussa et le força à s’allonger sur le dos. La respiration saccadée, elle s’assit sur lui, changeant soudainement les rôles. Avec un sourire narquois, elle le défia de se dégager avant de se pencher pour lui voler ses lèvres. Son corps se frottait quant à lui contre sa verge, déterminée à ne lui laisser aucun répit.



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