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 Entre père et fille | Solo

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Entre père et fille | Solo   Mar 20 Sep 2016 - 0:08

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3e ennéade de Favrius
9e année du XIe Cycle

 °  
Arnaut de Laval -  Rose


L'événement de la veille flottait encore dans l'air comme une douce odeur de pain d'épice. Hier, on avait célébré la joie, la liberté, la paix, un futur sans tâche. Comme le jour du nouvel an, elle avait eu l'impression de pouvoir un peu oublié ce qu'elle ne parvenait pas à faire taire. Juste quelques instants…

Mais Hier, c'était le passé.

Et à présent, elle avait douloureusement conscience de chaque heure qui passait comme si le pendule d'une horloge venait lui érafler le dos à chaque oscillation.

Elle avait passé un mois entier à chercher avec la plus grande discrétion des documents qui auraient mentionnés les Bärvelike. Mais que ce soit parce qu'il n'y avait rien à trouver ou parce que  sa discrétion lui interdisait d'avoir recours à l'aide des personnes les plus qualifiées, elle n'avait trouvé qu'un nom dans un vieux grimoire poussiéreux, déniché par Rose dans les archives les plus anarchiques de Serramire : les quelques recueils qui avaient été ramenés d'Oesgard. Un nom dans un ouvrage datant du début du dixième siècle du Xe Cycle à demi effacé par le temps sur une page de vieux vélin. Un demi blason. C'était tout. Rien qui aurait put prouvé ou réfuté le destin tragique de cette lignée. S'ils avaient vraiment eut des terres, ceux qui les avaient envahis s'étaient donné bien du mal pour dissimuler jusqu'à la dernière de leurs traces.

Malgré elle, l'espoir de trouver dans les archives royales l'avait fait tenir quelques jours de plus. Mais la majeure partie des archives rescapées avaient été déplacé depuis l'explosion de la tour de l'Arcanum et les incendies. Elle avait appris avec stupeur que la bibliothèque de Missède en possédait à présent une bonne part et que Langehack ne s'était pas non plus trouvé en reste. L'ironie mordante de la situation l'avait fait sourire, mais ce n'était qu'un masque qui menaçait de se fissurer.

A présent, le mariage était la prochaine étape. Il n'y avait plus de voyage, plus de recherche, plus de fête, plus rien d'autre que cet horizon terriblement proche. Huit petit jour et elle devrait prononcer des vœux qu'elle haïssait déjà. Elle faisait un choix pourtant. Elle aurait put reculé, partir, tourner les talons avec Jindanor. Mais elle elle restait. Pour son honneur. Pour sa famille… Parce qu'ils avaient raison : une vie maudite comme la sienne ne pouvait pas avoir le droit au bonheur. Elle devait être reconnaissante et docile. C'était la moindre des choses après que ses parents lui aient accordé d'avoir la vie sauve.

Alors pourquoi continuait-elle a sentir la peur devenir de plus en plus intense ?

Elle savait pourquoi… Parce que le Choix était encore devant elle, quoi qu'elle en dise. Elle était terrifiée de prendre un chemin qui la mènerait à sa perte. Terrorisée à l'idée de renoncer à ses principes. Tétanisée à l'idée de le perdre…

Elle avait l'impression de porter des chaînes qui la tiraient dans des directions contradictoire, l'immobilisant totalement. Elle aurait voulu crier sa détresse mais elle n'y arrivait même pas. A qui aurait-elle bien put s'ouvrir ? Sa mère ? Quelle plaisanterie. Rose ? Elle désapprouvait totalement les sentiments de Jindanor à l'égare de la demoiselle et risquait sa vie en cachant ce genre de détails au de Laval. Son frère… Oui peut-être… Dans un autre temps. Mathilde n'était pas là. Et de toute façon, elle ne voulait pas lui infliger cela, ne connaissant que trop bien les affres de douleurs dans lesquels la plongeaient ce genre de chose. Maélyne… Elles avaient recommencé à se parler, mais elle ne se sentait pas encore assez à l'aise. Le fantôme d'Aline et surtout la culpabilité de Cécilie semblait toujours flotter entre elles.

Par trois fois, elle avait failli demandé à Rose de l'emmener à la Cathédrale pour prier, mais elle ne s'y était jamais résolue. Alors elle priait dans sa chambre. Elle priait plusieurs heures chaque jour tout en essayant de passer un maximum de temps seule avec Jindanor sans éveiller les soupçons entre toutes les préparations du mariage.

Un jour, deux jours, trois jours. Et avait le temps montait la panique. Elle ne dormait plus que d'un œil, se réveillant en hurlant sous des couvertures trempées. « Que faire… Néera… Ô Damedieu chérie des hommes, Éternelle Bienveillante… Je t'en prie… ». Rose arrivait invariablement moins d'une minute plus tard pour la trouver recroquevillée. Ses exercices de concentration n'avaient plus cours. La dernière fois qu'elle avait essayé de se calmer en pratiquant l'Art, elle avait sentit le flux lui échappé et s'était endormie pour deux bonnes heures d'un cauchemar lucide duquel elle ne pouvait se réveiller, prisonnière de ses propres peurs. Alors elle était retournée aux médecines. Deux gouttes avant de dormir. Deux gouttes au milieu de la nuit… Et cela ne faisait même pas toujours effet.

Des cernes commençaient à creusées son visage toujours impeccablement maîtrisé  une fois le soleil levé. A part ceux qui dormaient suffisamment près de sa chambre pour l'entendre crier dans son sommeil nuit après nuit, personne ne pouvait se douter de l'horreur qui la rongeait peu à peu.Un horreur pire que les remords, les regrets et l'angoisse. Car durant tous ces jours à pleurer son sort, elle avait fini par renouer avec un vieil ami qui l'avait quitté peu après ses quinze ans. Le dégoût d'elle-même. Quelque soit son Choix, elle se trahirait. Elle trahirait ses principes. Elle trahirait sa parole. Elle trahirait son cœur. Et elle se plaignait d'avoir une famille attentive, une vie assurée, un lendemain stable. Elle n'était qu'une moins que rien. Une ordure. Une garce.

Le Panahos matin de la troisième ennéade, trois jours avant la cérémonie, lorsqu'elle sortit de sa chambre au bras de Rose pour allé finir les essayages de son trousseau avec sa mère, son père, Colombe et Mélisande étaient dans le grand salon. Elle les avaient embrassé. Elle leur avait sourit. Mais elle ne se souvenait même pas du contacte des bras de ses sœur ou de leur voix. Qu'avaient-elles bien pu dire ? Au lieu de sa femme, Arnaud avait accompagnée son aînée pour la journée, installant un silence gêné.

Cela faisait deux ans que la fille et le père ne s'étaient ni écrit ni adressé la parole. Et lorsque le tailleur quitta leur hôtel, la première phrase qu'Arnaud prononça à l'intention de la future mariée fut : « Ces dessous coûtent diablement cher, tu feras un effort pour qu'ils plaisent au Baron. Qu'ils nous rapporte au moins quelques descendants. ».

L'énormité de la situation l'avait laissée sans voix. Elle avait ri. Dieux qu'elle avait ri. Son père, Colombe et Rose l'avaient regardé, d'abord étonnés. Puis le patriarche s'était courroucé alors que les deux jeunes femmes comprenaient peu à peu une infime partie de ce qui se cachait derrière le masque. Elle n'avait pas écouté la remarque cinglante de son père, faisant son possible pour reprendre contenance malgré le rire proche de la folie qui venait de la surprendre.

« Père, puis-je vous parler en privée. J'ai quelques questions à vous proposer sur ma belle famille. »

Sans le moindre effort pour s'adapter à la condition de cette fille qu'il mariait dans la semaine, il hocha la tête et partit le long du couloir. Rose attrapa la main de Cécilie pour la guider rapidement à sa suite jusqu'à la petite pièce qu'ils avaient aménagés en cabinet de travail pour organiser tout ce qui devait l'être ici. Ce fut également Rose qui referma la porte après que Cécilie lui ait demandé d'attendre dehors et de faire en sorte que personne n'approche. Le message était clair : ce qui allait se dire ne devait pas sortir de cette pièce.

Le visage sévère du Seigneur de Laval se tourna péniblement vers celui de sa progéniture tarée. Ses billes bleues la scrutant d'un regard glacial. Il ne desserra pas les lèvres, cela n'étonna pas Cécilie plus que cela. Il n'était pas un grand bavard mais elle pouvait encore compter sur les doigts de ses mains le nombre de fois ou son père lui avait adressé la parole directement. Étouffant les derniers gloussement qui mourraient dans sa gorge, la jeune femme pris donc une grande inspiration.

« Père, j'ai peur que ce mariage ne puisse avoir lieu.
-… que me chantes-tu là, Cécilie. Ce genre de faribole n'est pas drôle et j'ai bien d'autres choses à faire qu'entendre les états d'âme d'une enfant gâtée. »

Les mots avaient fusé sur un ton égal. Comme elle avait coutume de le penser : s'énerver à son encontre, c'était déjà lui accorder trop d'importance. Le grattement d'une plume sur du papier vint ponctuer la phrase du noble sire. Il resta un moment le seul son dans la pièce, puis Cécilie, toujours debout devant le bureau, immobile pour ne rien heurter, laissa tomber sur le même ton égal que son père.

« Je ne suis plus vierge. »

Le grattement se suspendit.

« Pardon…
-pendant que j'étais dans le Nord, j'ai connus des hommes.
-Tais toi.
-Ne soyez pas étonné, comment croyez-vous que j'ai put obtenir tant d'accord commerciaux et trouver en quelques jours des réserves de blé suffisantes pour tout Diantra ? Après tout vous le saviez en m'y envoyant non ? Vous vous en moquiez. Vous n'avez jamais voulu me marier à l'un de vos vassaux car vous avez toujours eu honte de moi ! J'ai couché avec ces hommes pour la grandeur de la famille qui vous tient tant à coeu...  »

La chaise recula et tomba dans un fracas infernal. Une fraction de seconde et la bouche de Cécilie était fermée par une claque administrée à toute volée.

« SILENCE ! JE T'AI DIT DE TE TAIRE ! »

Ne l'ayant pas vu venir, et pour cause, la violence du geste la fit reculer, elle heurta un meuble haut, trébucha et s'écroula en arrière avec un léger cri, manquant de se fracasser le crâne sur la porte. Arnaud s'immobilisa. Rose ouvrit la porte et reste tétanisée sur le seuil. Son seigneur était là, un bras en l'air, l'autre tendu vers la jeune femme qu'il avait essayé de rattraper, figé dans une danse grotesque. Ses yeux étaient exorbités, sa respiration haletante. Un instant son visage se décomposa, passant de la colère à la peur puis à la souffrance, puis à l'angoisse avant de laisser tomber son bras et de poser un regard brûlant de haine sur la jeune servante.

« Sort avant que je te tue de mes mains. Tu ne l'emporteras pas avec toi je le jure. Tout cela est de ta faute, fille de catin. Jamais je n'aurai du permettre à ma femme de prendre ta mère comme nourrisse… »

il parlait les dents serrées, les poings fermés sur sa ceinture. Rose recula d'un pas devant son regard de dément.

« Vous serez bientôt toute les deux à la place que vous auriez du occupé. Dans les rues de Missède a faire le tapin. Toi comme les autres tu m'entends. J'aurai du savoir qu'une sangsue sortie du ventre d'une putain ne pouvait qu'apporter le malheur sur ma famille… »

Sans savoir de quoi il était question, elle lança un regard à Cécilie qui tentait de se redresser, un filet de sang maculant sa tempe depuis la base de ses cheveux. Puis elle se jeta à genoux.

« Messire je vous en prie ! je ne comprend pas. Je vous en supplie. Je suis prête à affronter les conséquences de mes fautes mais je ne comprend pas de quoi vous m'accusez, Sire. Je vous ai toujours loyalement servie, comme ma mère. Vous avez toujours été bons pour nous. Je…

-Silence ! Tu... »

Un mouvement attira son attention du coin de l’œil, le bras accroché au pied d'un guéridon, Cécilie se soulevait péniblement, tendant un bras dans la direction approximative de son père. Son visage avait changé du tout au tout. Une culpabilité et une peur réelle brouillait ses traits… mais avant son départ, il savait qu'elle serait restée tétanisée pendant plusieurs minutes sans pouvoir faire un geste après une telle démonstration de violence. Non seulement elle changeait, mais elle s'était endurcie…

-Père… Elle… Elle n'est au courant de rien. Je vous en conjure…
-Au courant de rien ? Elle doit t'accompagner à chaque instant. Elle le sait. Si elle a fermé les yeux, elle est aussi coupable !
-je vous en prie messire… Je ne sais pas de quoi vous voulez parler…
-Père ! Je vous en prie ! Je mérite votre colère mais pas Rose. Je vous en supplie. Je l'ai volontairement tenue à l'écart.

Quelques larmes coulèrent sur les joues de la musicienne, de honte, de peur, de douleur ? Arnaud n'en avait que faire. Les doigts de sa fille étaient agités d'un drôle de spasme, comme si elle jouait de sa fichue harpe. Voilà à quoi avaient conduit ses idées ridicule d'art et de musique ! Il serra les dents, reposant le regard sur Rose, sa fureur était un peu retombée...

-Part maintenant… nous parlerons plus tard. Mais comme elle restait prostrée au sol, il se retourna dans un dernier sursaut. HORS DE MA VUE ! 

Cette fois, elle décampa à toutes jambes et la porte se referma. A genoux, Cécilie tanguait lentement de droite à gauche, le teint blafard. Il fit les cent pas pendant une éternité. Un temps infini pendant lequel la jeune femme avait l'impression que son crâne essayait de se disloquer.

« Maintenant tu va m'écouter attentivement. »

Soudain, il était là, un genou à terre, près d'elle. Avait-il déjà été physiquement si proche ? Elle se concentra sur sa voix basse. Il saisit son menton pour la regarder dans les yeux, ignorant superbement l'inutilité de son geste.

« Tu ne rediras plus jamais les mots qui sont sortis de ta bouche. Plus jamais. Devant qui que ce soit. Ces choses n'existent pas. Suis-je clair ?
-Oui, Père… »

Une moue se forma sur le visage d'Arnaud. Il détestait entendre ce mot dans sa ravissante bouche. Il pouvait entendre les dieux se moquer…

-… Je vous le jure. Finit-elle.
-Ta parole n'a aucune valeur, fille d'Arcam. Néera me maudisse, je ne peux plus te renier. L'annulation de cette union porterai le déshonneur sur nous pour des générations. Le renvoie de Rose maintenant nous causerait également du tord. Nous réglerons donc cela plus tard. Pour l'instant il ne me reste plus qu'un moyen. Dans deux jours, la veille du mariage, juste avant le bain rituel, une prêtresse t'examinera et certifiera ton innocence aux di Montecale. Si tu t'avise de répéter ce que tu m'a dit, la mort sera un sort enviable. Ai-je été suffisamment clair ?
-Oui…

Avant d'exploser encore une fois, il quitta le réduit, laissant sa fille sur le sol. Ses pas rapides s'éloignèrent le long du couloir mais elle ne put l'entendre exploser en sanglots rageurs et maudire les dieux dans le sanctuaire de sa chambre.

Cécilie se releva péniblement, prenant appui sur le meuble qui l'avait fait tomber et qu'elle n'arriva pas a identifier. Sa tête lui tournait. Elle avait envie de vomir. L'intégralité de son côté droit la faisait souffrir. Elle sentait le coin du meuble dans sa hanche, les écorchures de ses mains et de ses poignets quand elle avait voulut se protéger le visage. Ses côtes la faisaient souffrir à chaque inspiration et un bourdonnement sourd recouvrait le monde d'un voile presque opaque.

Comment avait-elle pu dire cela… Comment avait-elle put ne pas penser aux retombée pour Rose… Pourquoi… Dieux POURQUOI avait-elle fait ça ?

Les larmes brouillant toujours ses yeux, elle chercha à tâtons la porte de la petite pièce et s'avança dans le couloir. Elle ne put résister plus longtemps avant que son estomac ne se révulse. Accrochée au mur, une fine mains passa dans son dos, tenant ses cheveux. Sans un mot, Rose la soutint pour la ramener vers ses appartements avant d'appeler le guérisseur... en toute discrétion bien sûr.

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