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 Le couteau sous la gorge |Ernest

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Le couteau sous la gorge |Ernest   Mer 12 Oct 2016 - 22:23

<< Dans les épisodes précédents (Charles d'Ethin)
<< Quelques heures pus tôt (Arnaud de Laval)

9e jour 1ere ennéade de Favriüs
automne de l'an 9 du XIe Cycle


Charles d'Ethin
« MON SEIGNEUR ! »

Charles se réveilla en sursaut et échangea un regard avec la jeune femme étendue près de lui.  Comprenant que quelqu'un arrivait en courant dans le couloir, la brunette s'enroula dans le drap et couru aussi vite que possible vers la porte de service, non sans que le Seigneur d'Ethin ai gratifié son postérieur rebondi d'une bonne claque. Le bon vivant attrapa sa chemise mais il n'eut pas le temps de la passer avant que Jocelyn, l’écuyer de son fils, débarque en hurlant.

« Hector... »

Le teint rouge, les yeux bouffis de larmes qu'il ne parvenait pas à retenir, sa bouche brassa plusieurs fois de l'air avant qu'il ne puisse articuler un mot...

« Qu'y a-t-il mon petit... »

Le cœur du vieil homme se serra. Sans une question, sentant que ce petiot ne parviendrait pas à lui répondre, il se leva, passa ses braies et ordonna d'une voix forte :

« Conduit-moi. »

Il voulut passer devant le tout jeune homme pour gagner le couloir et lancer le mouvement, mais une mains lui agrippa le bras au passage. Charles retourna son regard vers l’apprenti qui tremblait de tous ses membres... Pourtant ce petit gars était loin d'être sensible... Il était étrangement touché de voir ce jeune homme qu'il n'avait jamais vu pleurer dans un tel état...

« Mon Seigneur... Il est mort... »

Et puis les larmes n'étaient pas vraiment la panache des hommes. Non vraiment, quelque chose le prenait aux tripes...



« Pardon ? » demanda-t-il d'une voix blanche.

Les yeux bruns qui perçaient ce jeune visage se posèrent sur le bonhomme barbu pétrifié, cherchant à attirer son attention, à savoir s'il avait compris... Le suppliant du regard pour qu'il ne l'oblige pas a répéter. Il n'était pas sûr de pouvoir y mettre une seconde fois le bon ton.

Sans un mot, Charles partit en courant vers les appartements de son fils aîné. Il lui sembla ne jamais avoir couru aussi vite, et pourtant il n'avait jamais eut a parcourir une si terrible distance. La porte était déjà ouverte. La silhouette rabougrie de Richard était là, debout près du chevet, accompagné d'une vieille femme qui se trouvait être l'une des guérisseuses que la cour avait fait mander pour Théobald. Charles les aperçut à peine. Il se rua dans la chambre, tombant à genoux près du lit sans pouvoir retenir un gémissement de douleur.

Un seul gémissement.

Le visage de Hector était paisible, comme endormit. Ses boucles noirs reposaient sur l'oreiller. Les yeux étaient clos, son visage détendu arborait un léger sourire. S'il n'y avait ce teint cireux... Si les draps n'étaient pas colorés de rouge sur sa poitrine...

Sa grosse main caleuse caressa la tête du fils de son fils. Ses cheveux étaient aussi doux que lors de ses premières années... Il aurait été prêt à parier que nombre de jeune fille se seraient damner pour y perdre leurs doigts... Ce fils qui était porté vers un si grand avenir...

« Comment... ? » eut-il tout juste la force de demander d'une voix roque qui pourtant ne trembla pas.

Richard et la pomme ridée se regardèrent un instant avant d'affronter ensemble les yeux courageusement sec du seigneur qui paraissait soudain si vieux...

"Je suis désolé Charles. On l'a poignardé. "

Déroulant un pan du paquet de tissus qu'il avait entre les doigts, le Juge dévoila une dague de bonne facture au manche taillé dans un bois presque noir orné d'un faucon et renforcé de cuir pour la prise...

Sous les yeux de Richard, l'expression du grand et gros seigneur d'Ethin changea du tout au tout. Une expression de rage et de mépris à faire blanchir un drow.

- Où est cet assassin ? Murmura-t-il, parvenant à peine à se contenir.
- C'est l'écuyer de votre petit-fils, Philibert, qui l'a trouvé en venant le cherché pour une sortie à cheval ce matin. Il a dit avoir vu une silhouette se précipité vers la fenêtre. Son arme aurait glissé alors qu'il se retournait pour pouvoir descendre le long du mur

D'un coup de menton, il désigna une fine traînée de sang sur le rebord de la fenêtre qui se terminait par une petite tâche sur le sol... Mais Charles n'y jeta pas même un regard.

-NON ! OU EST ARNAUD ! OU EST CE FILS DE CHIENNE ?!

Cette fois, la voix avait fait tremblé les murs. Richard et la vieille pomme avaient fait un bon  sans réussir à reculer dans le mur contre lequel ils étaient déjà appuyés.

-Charles ! Calmez-vous enfin ! Vous ne savez plus ce que vous d...
-CETTE LAME EST CELLE DE CLARENCE DE BEAURIVAGES ! VOUS ALLEZ VOUS VOILER LA FACE ENCORE LONGTEMPS ?! JE VEUX LA TETE DE CE TRAITRE SUR UNE PIQUE AVANT CE SOIR OU JE JURE SUR TOUT CE QUI EST BON DANS CE MONDE QUE J'IRAI LE RACOURCIR MOI MEME !!!!!

Vociférant comme un dément, Charles s'était emparé de l'arme encore tâché du sang de son fils pour finir par la jeter au loin à la fin de sa phrase. La guérisseuse s'éclipsa aussi silencieusement que possible. Richard, lui, prit son courage à deux mains et s'approcha de ce qu'il pouvait qualifier d'ami malgré les menaces.

-IL EST PARTI !
-... Comment... ?
-Arnaud est parti ce matin aux aurores. Il devait repasser par Beaurivages avant de se rendre à Langehack.
-Il est parti... Vous l'avez laissez partir...

Il tenta de poser une main apaisante sur son épaule, de prononcer quelques mots mais rien n'y fit. Charles se dégagea et lui ordonna de le laisser seul. Avant de quitter la pièce avec l'arme du crime, le vieux Juge fut une dernière fois rattraper par la voix du père endeuillé.

« Richard... Il a tué mon garçon... Je ne le laisserai pas s'en tirer... Même si je vois y laisser ma vie... Je trouverai le coupable et je lui ferai payer ce crime... Aucun homme ne devrait avoir à enterrer ses enfants... Aucun homme... »

La gorge nouée, le vieillard chenu quitta la pièce. Dans le couloir, il croisa Jocelyn qui attendait près de l'entrée. Il posa une main amical sur son épaule en passant, le salua d'un signe de tête et avant de reprendre la route pour prévenir les prêtres et lancer discrètement l'enquête qui devrait, il l'espérait, prouver que ce que venait de lui apprendre Charles n'était qu'une abominable méprise...




3e jour de la 2e ennéade de Favriüs
automne de l'an 9 du XIe Cycle

Deux jours s'étaient écoulés depuis le départ de Hector d'Ethin vers sa dernière demeure. Son grand père avait voulu qu'il repose sur la terre de ses ancêtres selon les rites d'Ethin. Charles était donc repartit avec la dépouille pour quelques jours, e laissant pas même le moindre serviteur à Missède. Théobald n'avait pas repris conscience depuis maintenant 4 jours mais les guérisseurs assuraient qu'il n'était pas encore perdu.

Au milieu de ses montagnes de papiers, Richard soupira.

Ce qu'il avait à annoncer au Conseil Exceptionnel n'avait rien de réjouissant... Il relut pour la millième fois la déclaration qu'il avait prévu de faire accepter aux Seigneurs présents...


"Par la Présente, Arnaud de Laval est accusé d'avoir commandité le meurtre de Hector d'Ethin, petit-fils et héritier directe de Charles d'Ethin, Seigneur d'Ethin. "

Il aurait trois ennéades à partir de son emprisonnement pour prouver le contraire avant que la sentence ne soit appliquée : la mort par décapitation.

Quelque chose dans cette affaire clochait, mais le manque de preuve venant étayer les doutes du juge l'obligeait à se montrer objectif. S'il se prenait à espérer que ce ne soit qu'un complot bien ficelé, sa résolution n'était désormais plus entre ses mains.





6e jour de la 2e ennéade de Favriüs
automne de l'an 9 du XIe Cycle

Gaël écouta les recommandations de son conseiller avec attention. La séance de justice avait été longue ce jour et beaucoup de détails apparemment anodins pourraient bien être à réexaminés dans les jours à venir. Il posait encore quelques question au Juge dépêché à Beaurivages pour la cour châtelaine lorsque la grande porte s'ouvrit pour laisser passer un contingent de soldat aux couleurs de Missède.

-Gaël de Laval ?
-C'est moi même.
-Vous êtes dès à présent placé sous la régence du Juge Méliose ici présent. Votre père est accusé d'avoir organiser un assassinat sur un membre de la famille d'Ethin. En attendant son retour, la totalité des membres de sa famille sont mis sous bonne garde. Ordre du Conseil Exceptionel.
-Comment... Qui est mort?!

L'homme d'arme allait donner des ordres à ses troupes pour qu'elle sécurisent la salle au cas ou le jeune homme refuse de se rendre mais la question du jeune seigneur et le ton réellement inquiet et concerné le fit tiquer.

-Vous devez me le dire! J'ai été écuyer du Bar... du Comte Théobald. J'ai vécu longtemps à Missède. Est-ce Charles? Ernest?
-Hector d'Ethin, Monsieur.
-Tyra le garde...

Le capitaine hocha la tête, profondément concerné. Non pas qu'il connaisse l'homme personnellement, mais ce genre d'affaire sordides n'avaient pas lieu d'être dans une noble cour... Et après l'empoisonnement mystérieux du baron Viktor, il craignait de voir le coupable recommencer.

-Gaël... s'approcha le Juge Méliose. Je vous connais depuis longtemps et votre père depuis plus longtemps encore. Sachez que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que l'honneur de votre famille soit lavé de tout soupçon. Mais... J'ai besoin que vous me promettiez de ne rien tenter d’irréfléchi contre moi ou ces hommes jusqu'au retour de votre père.
-J'y consent, Méliose. Cela va sans dire! ... Mais notre maison ne doit pas connaître un second Chiard. Puis il sembla se rappeler d'un détail important et rattrapa le capitaine qui venait d'envahir sa demeure. Mais mon oncle et ma tante! Renard et Eulalie d'Orman! Ils sont à Missède normalement. Ils vont bien n'est-ce pas?
-N'ayez crainte. L'honneur de l'Emissaire de Chiard n'a pas été mis en cause dans cette affaire. ils sont totalement hors de cause. les Seigneurs Renard d'Orman et Charles d'Ethin suivent l'enquête de prêt à l'heure ou je vous parle.
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: Le couteau sous la gorge |Ernest   Sam 15 Oct 2016 - 16:05


3ème jour de la 3ème ennéade de Favriüs
Automne de l'an 9 du XIe Cycle

Charles n’avait pu rester plus de quelques jours auprès de sa famille. La colère n’avait eu cesse de le consumer depuis la mort d’Hector et l’empêchait de parcourir le long chemin qui le mènerait au deuil de son petit-fils. L’inhumation du corps auprès de celui de son père et de sa mère avait eu lieu quelques jours plus tôt. Mais rien n’avait su lever l’épais voile de tristesse qui s’était abattu sur la cité d’Ethin ; ni les présents que le peuple avait déposés aux portes du château, ni les visites des seigneurs voisins venus rendre un dernier hommage au défunt héritier, ni même la clémence de ce mois d’automne qui avait baigné l’enterrement d’un doux soleil. Les sœurs d’Hector, Irène et Louise, étaient tombées malades de chagrin. La première avait interrompu la confection de ses fameuses robes, laissant, pour sûr, quelques dames de la péninsule dans l’embarras ; tandis que la seconde n’avait pas ouvert un livre depuis des jours, chose des plus dissonantes. Aux funérailles, leurs sanglots s’étaient joints à ceux un peu plus étouffés d’Edna, la femme de Charles, qui n’avait déjà plus toute sa tête et qui la perdit un peu plus avec la mort de son petit-fils. La tristesse des Éthiniens n’était comparable qu’à leur incompréhension ; l’assassinat du seigneur héritier ramenait inéluctablement le peuple à l’histoire sanglante que la seigneurie avait partagé avec Missède.


Le seigneur d’Ethin avait quitté le Rocher avant l’aube avec sa garde personnelle. Le vieil homme était bien décidé à tirer tout cette affaire au clair et il voulait être là lorsque cette chiabrena de Laval serait jetée en prison. Dans sa calèche au toit fermé, il se triturait les méninges, maugréait, on l’entendait même hurler de colère de l’extérieur. Le capitaine de la garde s’inquiétait de l’état de son seigneur ; ce retour à Missède ne lui semblait pas des plus opportuns. Quelques jours plus tôt les vassaux éthiniens avaient appelé leur seigneur à rester à Ethin jusqu'à ce que la situation se tasse, certains avaient même suggéré le retour d’Ernest, en station à Isgaard, afin de mettre à l’abris le reste de la lignée seigneuriale. Mais rien n’y avait fait, Charles était un homme fier. Pour lui, la tradition étinienne lui interdisait de se replier dans son château à ne rien faire. Quant à Ernest, Charles connaissait trop bien la situation du delta pour lui en retirer son gouverneur militaire.


Le convoi pénétra la capitale du comté en début de soirée. Il lui faudrait encore une bonne demi-heure avant de rejoindre l’hôtel particulier où Charles demeurait lorsqu’il était en déplacement à Missède. Une fois arrivé devant la somptueuse résidence, le capitaine de la garde descendit de son cheval et alla pour ouvrir la porte du carrosse. Il fut interrompu dans son geste par un liquide qui suintait de dessous la porte. Ouvrant grand celle-ci, le liquide, de couleur rouge, déborda en grande quantité jusqu’à tremper ses bottes. L’horreur étrilla le visage du capitaine. Charles dEthin baignait dans son sang, la gorge tranchée.

 


4ème jour de la 3ème ennéade de Favriüs
Automne de l'an 9 du XIe Cycle


Ernest prit la direction du port d’Isgaard en début de journée. En tant que lieutenant missèdois et vertueux de la garde en poste dans le delta, il avait sous ses ordres vingt hommes parmi les meilleurs de l’armée missèdoise et portait sur son surcot la salamandre rouge tenant une épée finement brodée d’or. Cela faisait trois jours que la mort d’Hector lui était parvenue par missive de son grand-père ; trois jours au cours desquels les aller-retours entre le port et le château de la ville lui parurent longs. Les circonstances de l’assassinat de son grand-frère restait pour le moment floues mais son grand-père semblait catégorique dans sa lettre : Arnaud de Laval était derrière tout ça. Ernest savait qu’il ne saurait assister à l’enterrement d’Hector ; la situation à Isgaard était encore bien trop tendue pour qu’il ne puisse faire le trajet jusqu’à Ethin. Alors que l’air marin lui titillait les narines, ses pensées se tournèrent vers ses sœurs Irène et Louise, et sa grand-mère Edna. Toutes devaient être dévastées. Son grand-père Charles, lui, avait sa colère et sa quête du coupable pour faire face à la perte d’Hector, mais elles, elles n’avaient rien d’autre que le souvenir d’un jeune homme plein d’avenir.


Ernest arriva au niveau du port. Son regard s’abîma dans l’horizon de l’Olienne. Des dizaines de questions l’assaillirent. La mort d’Hector changeait beaucoup de choses ; pour lui, pour Ethin et pour Missède. Il ne put se résoudre à y penser. Son chagrin était encore trop important pour qu’il ne se laisser aller à des considérations des plus pragmatiques. Il longea les quais, passa en revue les divers navires qui y étaient accostés, discutant avec les capitaines. Un navire missèdois qui venait d’arriver au port attira son attention. Un groupe d’hommes armés qui portait les couleurs d’Ethin en descendit et ne tardèrent pas à se diriger vers Ernest. Il reconnut immédiatement les uniformes de la garde personnelle de son grand-père et chercha ce dernier du regard. « Ernest d’Ethin, nous sommes dans l’obligation de vous ramener ci-fait au Rocher. Votre grand-père, Charles, a été assassiné. Vous êtes depuis hier soir, Ernest, seigneur d’Ethin. »




6ème jour de la 3ème ennéade de Favriüs
Automne de l'an 9 du XIe Cycle


Ernest arriva à Ethin au milieu de la nuit. Le corps de son grand-père ne l’avait précédé que de quelques heures ; celui de son frère était déjà enterré. Alors qu’il passait l’enceinte du château, il sentit ses épaules s’effondrer sous sa tête, comme tassées par le poids de l’idée qu’il était le dernier homme vivant de sa famille. Il avait voulu prendre la direction de la chapelle afin de voir les corps mais pour sa sécurité les gardes du palais lui intimèrent d’y renoncer et le conduisirent immédiatement dans la salle du trône. La peur et la méfiance alourdissait l’air à un point qu’il en devenait presque irrespirable. Partout, les épées étaient au clair prêtes à pourfendre une menace invisible. Ernest eut même l’impression que les gardes ne se faisaient plus confiance entre eux. Car même si les assassinats avaient eu lieu à Missède, c’étaient de toute évidence les d’Ethin que l’on cherchait à éliminer. Et les seuls vivants se trouvaient à présent tous là, dans la salle du trône.
« Ernest ! s’écria Irène en accourant. Nééra soit louée. »
L’étreinte de sa sœur vint lui couper le souffle. Il ne l’avait pas vue depuis plus d’un an. Derrière eux, les gardes se retirèrent et la grande porte fut fermée de l’extérieur dans un lourd bruit de ferraille. Il n’y avait personne d’autres dans l’immense salle. On avait allumé des feux dans quelques unes des cheminées mais il y faisait toujours froid. Louise, enveloppée dans de nombreuses couvertures, approchait et se joignit à leurs embrassades. Grand-mère Edna, elle, ne trouva pas la force de se lever. Elles semblaient toutes à bout de force.
« - En sait-on plus sur ce qui est arrivé ? demanda Ernest.
- Le capitaine de la garde attend des nouvelles du Juge Richard Chantenuit, répondit Louise. On n’en sait pas plus.
- Hector d’abord, puis grand-père. On avait peur de t’avoir perdu aussi, dit Irène.
- Je suis là maintenant et je vais… prendre les choses en main, dit Ernest en essayant de conjurer toute l’assurance qu’il lui était présentement possible. »


Grand-mère Edna se redressa finalement. Elle avait tellement vieilli depuis la dernière fois qu’il l’avait vue et ces derniers jours en étaient sûrement pour quelque chose. Ses lèvres tremblèrent pendant quelques secondes avant de se durcir subitement. Une colère noire transcenda les longues coulées de maquillage qui prenaient source dans les commissures de ses yeux. Elle parla lentement, clairement, comme si chacun de ses mots devaient sonner comme une sentence. 
« Le ban doit être levé, mon enfant. Ethin doit marcher sur Beaurivages. Les responsables doivent mourir. Et toi… seigneur d’Ethin, toi, tu dois venger ta famille. »
Le ton péremptoire de sa grand-mère lui donna des sueurs froides. Il n’avait pas encore eu le temps de faire de la place pour toute la tristesse qui l’assaillait qu’on exigeait de lui de faire la guerre. Ernest devinait que le ressenti de sa grand-mère s’étendait au reste de la seigneurie. Une longue nuit s’annonçait déjà.




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